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Février 2012
PUBLICATIONS
Mais
pourquoi donc s'intéresser à François Noël Babeuf,
connu pour sa « conjuration des Egaux » et comme
précurseur du communisme, plutôt dans sa version étatique ?
Ce n'est que dans les dernières pages de Gracchus
Babeuf (1760-1797), biographie non autorisée (Editions
libertaires, 247 p., 15 euros) que Thierry Guilabert nous
l'avoue : c'est d'abord l'homme qui l'intéresse. Et il nous
fait de lui un portrait tout en finesse et en contradictions. Cet homme
du peuple, un des rares de la Révolution française, né
dans la misère, travaille comme terrassier à 12 ans,
puis entre comme apprenti chez un notaire et s'établit en tant
que géomètre et feudiste (sorte de spécialiste des
droits féodaux). Mais rien ne lui réussit. Pourquoi ?
Trop fier, trop présomptieux, trop candide, trop revendicatif,
pas assez de relations
Il se mettra en tête de défendre
le peuple, de lui rendre sa dignité, de prôner l'égalité
(économique, et entre hommes et femmes), d'abolir la propriété,
que les représentants du peuple rendent compte de leur mandat.
Un rêve dans cette France où la bourgeoisie a déjà
pris le dessus. Cet homme traversera la Révolution en loupant tous
les rendez-vous de l'histoire et échouera dans une piètre
conspiration visant à prendre le pouvoir, à rétablir
la Terreur, pour imposer ses idées égalitaristes. Ce ne
sera pas le dernier à se fourvoyer ainsi. L'auteur réussit
cependant à nous le rendre attachant, à démonter
ses mécanismes psychologiques, à nous brosser indirectement
une vision de la Révolution française réaliste
et
combien proche de nous. Après A vos
ordres ? Jamais plus ! et L'Intelligence
du barbare, Maurice Rajsfus nous offre avec France
d'en haut, France d'en bas (Monde
libertaire, coll. Pages libres, 256 p., 12 euros) le troisième
et dernier volet de sa réflexion sur la domination sociale et sur
un système qui génère aliénation, inégalités
et individualisme. En haut, les dominants, encouragés et « sacralisés »
par des outils de contrôle que sont la télévision
et les médias de masse, méprisent, exploitent et écrasent
ceux d'en bas. Dans cette « douce France » le respect
de la hiérarchie et des pouvoirs est profondément ancré
dans les mentalités, et les rapports entre gagnants et perdants
sont complexes. Alors quand est-ce que cela va changer ? « Les
dominés seront-ils toujours soumis ? »,
s'interroge l'auteur dès le sous-titre. Des livres parfois se rencontrent,
se lancent des cris et se répondent, c'est
le cas de Paroles de résistances
(recueillies et présentées par Michel Piquemal, Albin
Michel, coll. Paroles, 64 p., 10 euros) et de Paroles
de murs athéniens (Les
Editions libertaires, coll. Paroles, n.p. [62], 13 euros). Si
proches et malgré tout différents, le visage buté
de Rimbaud face à cette jeune femme voilée, non par la religion
mais pour la lutte. Le premier nous présente des photographies
d'interventions d'Ernest Pignon-Ernest, affiches de personnages en situation,
dans la rue, sur des murs lépreux, composant des tableaux éphémères
aux multiples déchirures et taches. En regard, des textes qui ex(h)al(t)e
la résistance, toutes les résistances, contre le « bruit
des bottes » et le « silence
des pantoufles ». Magnifique
cette image où un ouvrier court, fuyant l'usine (signalée
par un panneau de danger), passant devant une représentation d'homme
atteint en pleine tête, et le texte de Jacques Sternberg :
« Il paraît, l'Histoire du
moins le prétend, que l'esclavage a été aboli sur
terre
» Un écrit de Platon nous amène
tout naturellement au second recueil, moins esthétisant peut-être
car donnant directement la parole aux murs. Les photographies
de Yannis Youlountas (voir vidéos sur le site de l'éditeur)
nous avertissent que si la Grèce est notre passé, elle est
aussi notre avenir. Ce qui s'y passe « est
la répétition générale d'un spectacle tragique
porté à s'étendre partout en Europe ».
Aux peintures murales et aux graffitis sont associés des citations,
des proverbes ou de courts textes pour relancer la réflexion et
relier les événements (« Barcelona 1936, Athenas
2012 »). Avec des slogans dignes de ceux de Mai 68 :
« Le système de l'enseignement est l'enseignement du
système » ou « Quand les jeunes sont assassinés,
les vieux ne doivent pas dormir », saluant la mort d'Alexis,
15 ans, tué par un policier le 6 décembre 2008.
Les éditions Mille
et une nuits (Fayard) ont eu la bonne idée de se lancer dans
la réédition des ouvrages du pédagogue libertaire
suisse Henri Roorda (1870-1925), pratiquement introuvables (bibliographie).
Après
Le Rire et les rieurs (suivi de
« Mon suicide », La petite collection, 112 p.,
3,50 euros) et Le Roseau pensotant.
Humour de tous les jours (160 p., 4,50 euros), c'est au tour du
Pédagogue n'aime pas les enfants
(160 p., 4,50 euros). On sait finalement assez peu de chose
sur ce professeur de mathématique adepte d'une pédagogie
antiautoritaire, proche de l'Ecole moderne de Francisco Ferrer, qui philosophe
de façon légère et humoristique sur des sujets parfois
graves, cultivant son « pessimisme joyeux », jetant
un regard lucide et désabusé sur toute chose. Lorsqu'il
s'attaque aux théories du rire, généralement bien
ennuyeuses, c'est de façon claire et ludique, constatant entre
autres que les « canibales ont
des plaisanteries qu'un missionnaire, par exemple, ne goûtera pas
du tout ». Il « pensote » humblement
sur « nos oreilles (qui) n'ont pas de paupières »
(hélas !), sur les amis, la règle de trois, le parapluie,
les prénoms, le chien
c'est toujours drôle et fort
juste, quelque fois hérétique. S'élevant
contre les tares du système éducatif et critiquant les professeurs
qui jouissent « d'une trop grande
sécurité intellectuelle », il livre les
grandes orientations d'une pédagogie « où
l'enfant pourra s'épanouir ». Il faisait ainsi
sien ce constat d'Elisée Reclus : « Si
l'enfant n'a pas l'enthousiasme de l'étude, c'est que le professeur
n'a pas l'enthousiasme de l'éducation. » Une
seule fois, il paraît se prendre au sérieux avec Mon
suicide, bilan amer où il note son espoir de justice sociale,
ses regrets, ses sentiments sur les « bons citoyens »,
sur l'individu et la société, l'amour libre, son métier,
la vie, la peur de se rater
« J'ai
tout usé en moi et autour de moi ; et cela est irréparable »,
écrit-il avant de se loger une balle dans le cur. D'un témoin
des travers de ses contemporains passons à un observateur des communautés
premières amérindiennes, l'anthropologue et ethnologue Pierre
Clastres (1934-1977) qui,
contrairement à l'idée alors couramment admise que les sociétés
« primitives » n'ont pas encore découvert
le pouvoir et l'Etat, développa la thèse
qu'elle étaient en fait construites pour éviter que l'Etat
n'apparaisse. Elles refusent en fait la différenciation économique
et politique en interdisant le surplus matériel et l'inégalité
sociale. L'apparition de l'Etat et son existence
n'étant plus conçu comme une réalité indépassable ;
ce qui apportait de l'eau au moulin des anarchistes. Cet ouvrage, Pierre
Clastres (Sens
& Tonka, 357 p., 32,50 euros), conçu sous la
direction de Miguel Abensour et d'Anne Kupiec, lui rend hommage avec de
nombreux inédits, des photographies, des extraits de sa correspondance
et diverses contributions analysant son apport. Un beau livre, un peu
cher toutefois. Ressouvenances,
spécialiste de la publication en fac-similé, a réédité
l'ouvrage que Thierry Maricourt avait consacré en 1992 à
Henry Poulaille (275 p., 20 euros).
Celui-ci (1896-1980, lire biographie),
autodidacte et anarchiste, est l'auteur de nombreux romans-témoignages
à (re)découvrir d'urgence, bibliographie ,
d'essais et d'ouvrages de référence sur la littérature
populaire (contes, chansons d'amour, noëls anciens
). Il
fut également le créateur et l'animateur du courant de la
littérature prolétarienne (article
sur Wikipédia) qui devait réunir des écrivains
d'origine ouvrière ou paysanne témoignant de leurs conditions
de vie et de leur appartenance à une classe sociale. Le biographe
retrace agréablement, malgré quelques imprécisions,
la vie, le caractère, les amitiés, les combats
et l'uvre de cet « en-dehors de la littérature ».
On pourra compléter cette lecture par le numéro très
illustré que la revue Itinéraire
a fait paraître en 1994 sur la même personne (toujours disponible
dans les bonnes librairies). Témoigner, c'est aussi le souhait
de Mohammed Taoufik qui, dans Une vie
sous le terrorisme (Association
pour l'art et l'expression libres [AAEL], 96 p., 8 euros),
rend compte à travers le regard d'une jeune femme, Amel, des blessures
non cicatrisées du peuple algérien. Plus de deux mille femmes,
violées par le GIA, la branche armée du Front islamique
du salut (FIS), pendant la décennie noire, survivent à leurs
souffrances. Elles n'ont jamais été reconnues comme des
victimes du terrorisme, alors que les émirs de ces groupes jouissent
de leur liberté et que les responsables de la situation l'autre
face de la terreur sont au pouvoir.
La sortie de L'Ordre
libertaire. La vie philosophique d'Albert Camus (Flammarion,
595 p., 22,50 euros) de Michel Onfray s'est rapidement accompagnée
de recensions dithyrambiques de la part de revues peu habituées
à saluer une quelconque pensée libertaire (L'Express,
Le Figaro
et surtout Le Point).
Cet éloge du vice à la vertu avait de quoi inquiéter,
surtout qu'il s'accompagnait d'une croisade anti-Sartre qui puait la haine
recuite et la « guerre froide ». Que Sartre et sa
coterie se soient acharnés sur le philosophe, l'écrivain
et l'homme n'étonnera personne et surtout pas les anarchistes.
Mais ceux qui semblent découvrir aujourd'hui l'originalité
et les sympathies d'Albert Camus sont les mêmes qui ont superbement
ignoré les écrits rassemblés et présentés
par Lou Marin dans Albert Camus et les libertaires
(1948-1960) (Egrégores, 2008), les Rencontres méditerranéennes
tenues les 10 et 11 octobre 2008 au château de Lourmarin
sur le même thème (info
sur Anarlivres) et les actes de ce colloque parus en 2009 (renseignements
bibliographiques), sans compter les nombreux livres publiés
auparavant. Les éditions Flammarion n'ayant
pas donné suite à ma demande de service de presse et peu
soucieux, pour ma part, d'apporter ma contribution au quatrième
groupe d'édition français, j'ai lu avec empressement l'article
« Onfray contre les libertaires » de Lou Marin dans
Le Monde libertaire n° 1658.
Outre quelques erreurs factuels, l'auteur y dénonce l'oubli de
nombreux militants anarchistes, amis contemporains de Camus, et le peu
d'intérêt la dépréciation ou le
mépris accordé aux travaux antérieurs
des libertaires sur le sujet. Il lui reproche également de réduire
le rôle de Rirette Maîtrejan et d'omettre totalement celui
de Simone Weil dans l'évolution de l'écrivain (deux femmes !
le prétendu machisme de l'auteur de L'Homme
révolté en prend un coup). Ecrire que l'adhésion
de Camus à une pensée libertaire cohérente date des
années 1930 et non des années 1950, alors qu'il
adhère de 1935 à 1937 au Parti communiste en pleine
période des procès de Moscou, est une belle ânerie.
Pareillement de l'affirmation que, durant la polémique avec Sartre-Jeanson,
il s'est retrouvé seul, privé de tout soutien alors que
la presque totalité du mouvement libertaire a pris fait et cause
pour lui. N'est-ce pas volonté de minorer les autres pour se rehausser
soi-même ? Si l'hédonisme et le nietzschéisme
peuvent servir à façonner un néolibéral, cela
ne suffit pas à faire un anarchiste, il manque l'intérêt
pour le collectif, la volonté d'égalité et de changer
le monde. Camus-Onfray
L'un s'engageait dans l'action sincèrement,
modestement, fermement ; l'autre est suffisant, professoral (voir
sa prestation sur un plateau de télé avec Philippe Poutou),
peu solidaire (sa réaction dans Siné
Hebdo aux arrestations de Tarnac est pitoyable, lire
le texte « Pourquoi Onfray-t-il mieux de se taire »
de Claude Guillon) et ses choix
électoraux (!) erratiques
(lire, par exemple, cet article
d'Alternative libertaire de
2007).
Même si nombre de ses écrits et son athéisme affirmé
peuvent nous séduire, son aura médiatique nous flatter par
ricochet, Michel Onfray doit encore beaucoup évoluer pour espérer
devenir anarchiste.
RÉUNIONS-DÉBATS
Paris,
3 février. Soirée lecture de la librairie du Monde
libertaire à partir de 19 h 30, à propos
de La Communauté (2 tomes,
Futuropolis), BD autobiographique de Yann Benoît et Hervé
Tanquerelle. Yann (« simple lecteur ») et quelques
autres viendront discuter avec vous de ce bouquin qu'ils ont lu et aimé.
Au 145, rue Amelot, 75011 Paris.
Paris, 4 février.
Toujours à la librairie du Monde libertaire, mais à 16 h 30,
forum-débat avec Evelyn Mesquida pour son livre La Nueve,
24 août 1944. Ces républicains espagnols qui
ont libéré Paris (Le Cherche Midi), en présence
du traducteur : Serge Utgé-Royo. 145, rue Amelot, 75011 Paris
(M° République, Oberkampf, Filles-du-Calvaire). Site
Internet.
Bagnolet, 5 février.
A 18 heures, projection d'Invasion à
Los Angeles (1988, 93 min), de John Carpenter, au Rémouleur,
106, rue Victor-Hugo (M° Robespierre ou Gallieni). Nouveaux
horaires d'ouverture du local : le lundi, de 16 h 30 à
19 h 30 ; le mercredi, de 16 h 30 à 19 h 30 ;
et le samedi, de 14 heures à 18 heures. Programme
complet du mois.
Le Mans, 5 février.
Le groupe Lairial organise à 16 heures un café libertaire
sur « L'Internationale, 1864-1876 ». Troisième
partie : le centralisme autoritaire et le fédéralisme
libertaire, antagonistes, s'affrontent
Rappel historique, exposé
et débat. Epicerie du Pré, 31, rue du Pré.
Saint-Denis, 5 février.
De 15 heures à 17 heures, « Dimanches au musée »
avec la Dionyversité. Ce jour, il est question de « Jean
Ignace Isidore Gérard, dit Grandville (1803-1847) »,
conférence-débat de Laurent Bihl, historien et spécialiste
de l'image. Rendez-vous au musée d'art et d'histoire de Saint-Denis,
22 bis, rue Gabriel-Péri (M° Porte-de-Paris ou RER D).
Entrée libre.
Saint-Jean-en-Royans, 5 février.
Le groupe La Rue râle (Fédération anarchiste)
vous invite, à 16 heures, à assister à la projection
du film Spezzano Albanese. Depuis 1992,
des militants libertaires animent une fédération municipale
de base, fondée sur des pratiques d'auto-organisation et d'autogestion.
Un débat suivra. Maison du Royans, 29, rue Pasteur. Contact :
laruerale(at)no-log.org
Les Ulis, 7 février.
Conférence-débat à 20 h 30 avec Grégory
Chambat, autour de son livre Pédagogie
et révolution (Libertalia) à la Maison pour tous
des Amonts, avenue de Saintonge.
Saint-Denis, février.
Les cours de la Dionyversité ont lieu de 19 heures à
21 heures à la Bourse du travail, 9, rue Génin
(métro ligne 13, station Porte-de-Paris). Cycle « 50
ans après, trois faces de la guerre d'Algérie en France » :
le 7, « Charonne : un massacre d'Etat »,
avec Henri Malberg ; le 14, « Le moment OAS, ou les
aventuriers de la cause perdue », avec Jean-Paul Gautier ;
le 21, « La solidarité anticoloniale »,
avec Nils Andersson. Site
Internet.
Paris, 9 février.
Débat avec Marie Grossmann et Roger Lenglet, auteurs de Menace
sur nos neurones, Alzheimer, Parkinson et ceux qui en profitent
(Actes Sud). A 19 h 30, à la Bibliothèque
Vandamme, 80, avenue du Maine (M° Gaîté). Entrée
libre et gratuite.
Paris, 9 février.
A 18 h 30, « Quel avenir pour notre école ? »,
rencontre avec Pierre Clément, coauteur de l'ouvrage La Nouvelle
Ecole capitaliste (La Découverte). Bibliothèque
Sorbier, 17, rue Sorbier (M° Gambetta).
Montpellier, 10 février.
A propos de l'épisode de la bande du Matese (1877), de l'enfermement
et de l'utilité du combat révolutionnaire, projection de
Saint-Michel avait un coq (1973, 90 min)
des frères Taviani. A 20 h 30, au Centre Ascaso-Durruti,
6, rue Henri-René.
Marseille, 10 février.
Projection du film D'égal à
égales (parcours de femmes migrantes et syndicalistes),
à 19 h 30, au Polygone étoilé, 1, rue
Massabo. Suivie d'un débat, en présence du réalisateur
Christophe Cordier, avec le collectif Alternative libertaire Marseille.
Ensuite, la discussion se poursuivra en grignotant et en buvant un verre.
Paris, 10 février.
Soirée vidéo de la librairie du Monde libertaire, à
partir de 19 h 30, avec la projection des Moissons
de la révolte (2006, 52 min), de Richard Hamon et Allessandro
Stella, sur la lutte des paysans andalous. Au 145, rue Amelot,
75011 Paris. Entrée libre.
Carpentras, 11 février.
Conférence-débat à 18 heures avec Claire Auzias :
« Peuple d'ici, peuple d'ailleurs, nomades toujours pourchassés,
les Tziganes comme témoins ». Espace Fenouil, 114, rue
Fenouil. La soirée se conclura par un buffet dînatoire (PAF :
7 euros). Réservation impérative au 04-90-63-47-40
ou au 04-90-63-15-21.
Limoges, 11 février.
Conférence-débat à 20 h 30 sur « Boris
Vian, déserteur des idées toutes faites », salle
Jean-Pierre-Timbaud (derrière la mairie). Introduction par l'Union
pacifiste (UP). Organisée par le Cercle Gramsci et La Vache
qui... (journal de contre-information du Limousin). Entrée
libre.
Marseille, 11 février.
A partir de 19 h 30, repas de soutien aux No TAV (trente-neuf
opposants à la ligne de TGV Turin-Lyon arrêtés en
Italie le 26 janvier), au Seul Problème, 46, rue Consolat,
Marseille 13e. Prix libre et vegan. Organisé par l'Anarchist
Black Cross. Courriel : abcmarseille(at)riseup.net
Paris, 11 février.
La Bibliothèque La Rue organise une série de débats
autour (et avec) les éditions Après la lune. A 15 h 30,
rencontre avec Jean-Jacques Reboux, auteur et éditeur de romans
noirs, fondateur de ces éditions, à propos du métier
d'éditeur engagé. Au 10, rue Robert-Planquette
(M° Blanche ou Abbesses). Site
Internet.
Rennes, 11 février.
A 18 heures, projection du documentaire Seguir
luchando para seguir existiendo (1 h 20, VO ST),
sur les luttes du peuple Mapuche au Chili, en présence de Sergio
Zamora, historien spécialiste des luttes mapuches. Organisée
par le groupe La Digne Rage (Fédération anarchiste).
Au bar Le Papier timbré, 39, rue de Dinan (M° Sainte-Anne).
Toulouse, 13 février.
A 19 heures, des membres du collectif Iana Mar présenteront
le livre Travailleurs, vos papiers !
(Libertalia) au café-épicerie Le Récantou, 42,
rue des Sept-Troubadours (M° Jean-Jaurès ou Marengo SNCF).
Dijon, 15 février.
Les Tanneries organisent une soirée sur l'autogestion :
à 18 heures, café-lecture à propos d'Autogestion,
hier, aujourd'hui, demain (Syllepse), recueil compilé par
Lucien Collonges ; à 21 heures, cinéma avec Fils de
Lip (2007, 50 min), de Thomas Faverjon. Au 17, boulevard
Chicago (bus n° 12, arrêt Chicago). Programme complet du
mois et infos sur le site
Internet.
Lille, 15 février.
Conférence-débat « Le sport à la moulinette
de la critique sociale ! », organisée par La Brique
autour de l'enquête de son numéro de janvier-février.
A 19 h 30, projection de La Solitude
du coureur de fond de Tony Richardson (1962, 62 min), puis
discussion avec Fabien Lebrun et Ronan David, coauteurs de Footafric
(L'Echappée). Au cinéma L'Univers, 16, rue Georges-Danton
(M° Porte-de-Valenciennes).
Paris, 15 février.
Présentation à 18 h 30 de l'ouvrage de Frédérick
Genevée, La Fin du secret, histoire
des archives du PCF (Editions de l'Atelier), aux Archives nationales,
salon de l'hôtel de Soubise, 60, rue des Francs-Bourgeois,
Paris 3e (M° Rambuteau, Hôtel-de-Ville ou Châtelet).
En présence de l'auteur, de Claude Pennetier et de Michel Maso.
Sur invitation.
Paris, 16 février.
Débat à 19 heures avec Yves-Marie Le Bourdonnec, boucher
à Asnières, et Fabrice Nicolino, journaliste et auteur de
Bidoche (Les liens qui libèrent) :
« Faut-il manger les animaux ? ». Bibliothèque
François-Villon, 81, bd de la Villette (M° Colonel-Fabien).
Entrée libre et gratuite.
Paris, 16 février.
« Mourir à Charonne, pourquoi ? », projection
du documentaire de Daniel Kupferstein (52 min), puis débat
avec le réalisateur et les auteurs de la BD Dans
l'ombre de Charonne (Editions du Mauconduit), Désirée
et Alain Frappier. A 19 heures, bibliothèque Faidherbe,
18, rue Faidherbe (M° Colonel-Fabien).
Besançon, 17 février.
Réunion publique, à 20 heures, organisée par
le groupe Proudhon (Fédération anarchiste) sur les alternatives
en actes, avec les exemples d'une université populaire et d'une
Amap montées par des militants du groupe Poulaille de Saint-Denis.
A la librairie L'Autodidacte, 5, rue Marulaz.
Millau, 17 février.
Ciné-libertaire avec la projection, un an après Fukushima,
de La Bombe de Peter Watkins,
organisé par No Pasaran 12. A 20 h 30,
à la librairie Plume(s), 16, rue Saint-Martin. Entrée
libre. Site Internet.
Paris, 17 février.
Soirée vidéo de la librairie du Monde libertaire, à
partir de 19 h 30, avec la projection du documentaire Vivre
l'utopie (VF), de Juan Gamero, F. Rios, Mariona Roca et Mitzi Kotnik,
témoignages de militants libertaires sur l'Espagne 36. Au
145, rue Amelot, Paris 11e. Entrée libre.
Bagnolet, 18 février.
Pierre-Jean Cournet, traducteur du livre Guerre
à l'Etat (Libertalia), le présentera à 19 heures
au Rémouleur, 106, rue Victor-Hugo (M° Robespierre).
Paris, 18 février.
Rencontre-débat, à 16 heures, avec Maurice Rajsfus
autour de son dernier ouvrage, France d'en
haut, France d'en bas : les dominés seront-ils toujours soumis ?
(Editions du Monde libertaire). A la librairie du Monde libertaire, 145, rue
Amelot. Site
Internet.
Rouen, 18 février.
Vidéo-débat à 15 heures sur les luttes ouvrières
autour du film de Karel Pairemaure Au prix
du gaz, à la librairie L'Insoumise, 128, rue Saint-Hilaire
(entrée libre).
Merlieux, 23 février.
De 18 heures à 21 heures, rencontre-débat avec
Thierry Bourcy, auteur du Gendarme scalpé
(Gallimard), dernier ouvrage paru de la série contant les aventures
de Célestin Louise, flic et soldat de la guerre de 14-18. A la
Bibliothèque sociale, 8, rue de Fouquerolles, animée
par le groupe Kropotkine de la Fédération anarchiste. Courriel :
kropotkine02(at)no-log.org - site
Internet.
Bordeaux, 24 février.
Projection du film Nisida, grandir en prison
et débat sur l'enfermement des mineurs avec des membres du collectif
de soutien aux inculpés de Toulouse. A 19 heures, au
local de la CNT, 36, rue Sanche-de-Pomiers. Organisés par
la CNT santé-social Gironde. Site
Internet.
Chelles, 24 février.
L'union locale CNT, en partenariat avec le cinéma Le Cosmos,
organise une projection des Nouveaux Chiens
de garde, de Gilles Balbastre et Yannick Kergoat, suivie d'un débat
en présence de Serge Halimi, auteur du livre éponyme. A
20 h 30, au Cosmos, 22, avenue de la Résistance
(près de la gare). Tarif d'entrée au cinéma :
7,90 euros.
Paris, 24 février.
Soirée vidéo de la librairie du Monde libertaire, à
partir de 19 h 30, avec la projection du documentaire Les Lascars
du LEP électronique, qui présente les revendications
et la mobilisation de lycéens contre la loi Devaquet, à
l'hiver 1986. Au 145, rue Amelot, Paris 11e. Entrée
libre.
Paris, 25 février.
Rencontre-débat, à 16 heures, avec Marie-Claire Calmus
autour de ses deux derniers essais : Dures
Procédures et Le Symbolisme
au quotidien (Rafael de Surtis). A la librairie du Monde libertaire,
145, rue Amelot (M° Oberkampf, Filles-du-Calvaire et République).
Site Internet.
Rennes, 25 février.
A 18 heures, projection de ¡ Viva Mexico ! (120 min)
de Nicolas Defossé, organisée par le groupe La Digne
Rage (Fédération anarchiste). A La cour des Miracles, 18, rue
Penhoët (M° Sainte-Anne).
Paris, 29 février.
La librairie Quilombo organise à 19 h 45 un débat
à propos de l'ouvrage Contre les publicités
sexistes (L'Echappée), en présence de membres du
collectif qui ont participé à la rédaction. Au CICP,
21 ter, rue Voltaire, Paris 11e (M° Rue-des-Boulets
ou Nation). Courriel : quilombo(at)globenet.org - site
Internet.
FOIRE AUX LIVRES, COLLOQUE,
EXPOSITION, THÉÂTRE
Théâtre.
La Compagnie Marie-Ruggeri joue Louise Michel,
écrits et cris, spectacle théâtral et musical
sur Louise Michel (1830-1905), du 19 janvier
au 15 avril (relâches les 26 février ;
4, 8 et 9 mars). Représentations les jeudis, vendredis, samedis
à 20 heures, et dimanches à 18 heures. Prix des
places : 20 euros (tarif réduit : 15 euros,
tarif groupe : 10 euros). Ce spectacle est conçu à
partir de la correspondance et de l'autobiographie de la militante anarchiste
(adaptation et jeu : Marie Ruggeri ; musique et jeu : Christian
Belhomme). Au théâtre
Essaïon, 6, rue Pierre-au-Lard, Paris 4e (M° Hôtel-de-Ville
ou Rambuteau). La compagnie peut se déplacer pendant cette période
dans les régions Nord, Normandie, Bretagne, Pays de Loire, Centre.
Et, les 6 et 7 mars, dans le sud-est de la France (représentation
le 8 mars à Draguignan). Contact (invitation, groupe et organisation
de spectacle) : 06-64-16-37-35 ou compagniemr(at)yahoo.fr
Journées
libertaires de Pau. Toute la semaine, du
20 au 25 février : exposition « L'élection
dont tu es le héros », couloir des amphithéâtres
de lettres, université de Pau et des Pays de l'Adour (UPPA) ;
« Femmes tsiganes », exposition photo d'Eric Roset,
coauteur avec Claire Auzias de Chur
de femmes tsiganes (Egrégores), au local de la CNT de Pau.
Stand librairie du Centre international de recherche sur l'anarchisme
(CIRA) de Marseille, couloir des amphithéâtres de lettres,
UPPA. Lundi 20 : à 18 h 30, vernissage
de l'exposition « L'élection dont tu es le héros »
à la faculté de lettres de l'UPPA. Mardi 21 :
à 18 heures, projection de films et débat (faculté
de lettres). Mercredi 22 : à 18 heures, conférence
sur la terrorisation démocratique avec Claude Guillon, auteur de
l'ouvrage éponyme (faculté de lettres). Jeudi 23 :
à 18 heures, conférence sur la situation des Roms en
Europe aujourd'hui avec Claire Auzias (faculté de lettres). Vendredi 24 :
à 21 heures, concert de soutien aux journées libertaires
avec Prince Ringard (punk efficace), The Balladurians (punk électro),
Eddie & les Chats Teignes (hillbilly des côteaux de Gascogne),
à la Maison de l'étudiant (MDE), campus de l'UPPA. Samedi 25 :
à 14 heures, spectacle de magie et manifestation « La
grande illusion démocratique » ; à 16 heures,
conférence et débat sur la situation et l'exploitation de
la main-d'uvre étrangère en Espagne, animés
par des membres de la CNT d'Almeria (Andalousie), au local de la CNT de
Pau, rue Jean-Baptiste Carreau. Site
Internet - courriel : journeeslibertairespau(at)gmail.com ou
cnt64(a)yahoo.fr
Expo
à Lyon. Le Cedrats présente aux archives municipales
une exposition intitulée « 50 ans de presse alternative
à Lyon et sa région », jusqu'au
25 février 2012. Des petits bulletins des années 1960
à l'information qui circule aujourd'hui sur Internet, l'histoire
de la presse alternative lyonnaise est foisonnante, en particulier dans
le quartier de la Croix-Rousse. Archives municipales, 1, place des
Archives, 69002 Lyon. Tous les jours (le lundi, de 11 heures
à 17 heures ; du mardi au vendredi, de 8 h 30
à 17 heures ; le samedi de 13 heures à 18 heures),
sauf jours fériés et dimanches. Tél. : 04-78-92-32-50
- courriel : aml(at)mairie-lyon.fr - site
Internet.
Salon
du livre libertaire de Paris. En 2012, cette sixième édition
ouvrira ses portes dès vendredi 11 mai
à 14 heures (jusqu'à 21 heures) et se poursuivra
samedi 12 mai, de 10 heures
à 20 heures, et dimanche 13 mai,
de 10 heures à 16 heures. Des compagnons suisses (francophones,
alémaniques ou italophones) ont été invités
à venir présenter leur production éditoriale. Ce
sera aussi l'occasion de découvrir le programme de la Conférence
internationale de Saint-Imier qui se tiendra en août 2012
dans le Jura suisse : conférences, ateliers, expositions,
salon, concerts, etc. Autre nouveauté, la création d'un
espace livres neufs à prix cassés. Plus de vingt heures
de débats (répartis sur trois jours) sont prévus :
« Idées reçues sur l'anarchisme » ;
« L'alternative anarchiste en actes » ; « L'éducation » ;
« Faut-il s'indigner ou se révolter ? » ;
« Décroissance et partage des richesses » ;
« Avenir des médias libres » ; « Réinventer
la grève générale »
Radio-Libertaire
(89.4 MHz) proposera à ses consurs de Paris et de province
d'animer et de diffuser des émissions en direct depuis le salon
(studio prévu à cet effet). Et tout cela se passera à
l'espace d'animation des Blancs-Manteaux, 48, rue Vieille-du-Temple,
Paris 4e (M° Hôtel-de-Ville ou Saint-Paul). Entrée
à prix libre. Bar et restauration légère. Pour contacter
l'organisation : Salon du livre libertaire, 145, rue Amelot,
75011 Paris - tél. : 01-48-05-34-08 - courriel :
livrelibertaire2012(at)sfr.fr - site Internet.
DIVERS
En
vrac sur le Web (février). Connaissez-vous Lucy Parsons
(1853-1942) ? Non, ce n'est pas que la « femme de »
Albert Parsons, l'une des victimes de la répression qui suivit
les événements de Haymarket
Square. C'était une militante de première ordre des
luttes syndicales et sociales aux Etats-Unis, confrontée très
tôt en tant que femme et métisse à une société
réactionnaire. Deuxième femme à avoir adhéré
aux IWW
en 1905, elle milite contre l'exclusion des sans-logis, des pauvres
et des chômeurs dans les années 1910, puis se consacre
à la lutte contre les discriminations raciales de 1920 à
1930. Un article du Monde libertaire
dresse un beau portrait
d'elle et deux de ses textes ont été traduits récemment
par Jean du groupe Pavillon
noir de la Vienne : « Je
suis anarchiste », discours qu'elle fit en 1886 pour
défendre les inculpés de Chicago et « Aux
vagabonds ». Depuis le mois d'octobre, un site de la Bibliothèque
nationale de France (BNF), Nouveautés
Editeurs, présente (au moins durant trois mois après
leur parution) les nouveaux livres à paraître
ou récemment parus annoncés par les éditeurs
dans leur déclarations de dépôt légal et affiche
leurs première et quatrième pages de couverture. Les recherches
sont possibles par mots (auteur, éditeurs, titre), date de parution,
période ou mots-clés
On y trouve ainsi six ouvrages
à propos de M. Sarkozy et douze avec le mot « révolution »
dans le titre
un signe, peut-être ! Fondé en mai 2011,
au Caire, pendant la révolution égyptienne, le Mouvement
socialiste libertaire (précisions
sur Anarkismo) est, sans surprise, la cible des Frères musulmans
(alliés à la junte militaire). Sur plusieurs sites Internet
ou pages Facebook, ceux-ci les dénoncent pour incitation à
la violence et propagande contre l'Etat (fin décembre, une plainte
a été transmise au procureur de la sécurité
d'Etat). En
Egypte, avant la Première Guerre mondiale et durant une cinquantaine
d'années, des anarchistes ont contribué à l'introduction
du socialisme dans le pays. Un article
d'Anthony Gorman (trad. de Didier Monciaux), paru dans les Cahiers
d'histoire, retrace l'action des travailleurs italiens (au début
des années 1860), la venue d'Errico Malatesta en 1878
et l'apport d'autres communautés (Juifs et Grecs, essentiellement)
au début du XXe siècle. Il détaille également
les orientations, la presse et les activités de ce mouvement, ainsi
que la création de l'Université populaire libre. Le sport,
il y en a qui détestent
surtout à causes de certaines
valeurs transmises (sélection, élitisme, compétition)
et de son aspect commercial ; c'est le cas du Groupe contre l'horreur
olympique et sportive (GrouCHOS)
qui récidive à propos du Dakar (compilation
d'articles), juge les activités sportives dangereuses
et se montre chagrin en parcourant le programme du Front de gauche (lire).
D'autres l'apprécient, sous conditions. La Feuille
d'infos du CIRA
Marseille (n° 135, janvier) nous apprend ainsi que « le football
anarchiste existe ! Autonômos et Autonômas FC sont deux
équipes, masculine et féminine, créées à
São Paulo (Brésil) en 2006, dans le cadre d'un squat
autogéré par des punks, des anarchistes et d'autres militants.
Parmi leurs principes : l'engagement est aussi important que bien
jouer, le jeu est collectif, pas d'arbitre dans la mesure du possible,
se faire des amis et non pas des ennemis
» Ces
deux équipes devaient d'ailleurs participer à un tournoi
autogéré et alternatif qui s'est tenu en Argentine à
la fin du mois de janvier. Et il se dit même que les Editions
libertaires préparent un livre collectif sur « sport
et anarchisme » (football, escalade, cyclisme, etc.). Quelle
horreur ! Des
boulangers qui se revendiquent de Pierre Kropotkine, prônent la
mise en commun et le refus de l'idéologie autoritaire, « pens[ant]
que l'égalité sans la liberté
n'est rien », cela existe sur la Toile (« La
conquête du pain ») et dans la « vraie
vie » à Montreuil, au 47, rue de la Beaune
(ouverture du lundi au vendredi, de 11 h 30 à 14 heures
et de 16 heures à 20 heures). C'est une boulangerie bio
autogérée, ouverte depuis septembre 2010, dont les baguettes
se nomment Le Baobab et La Préhistorique, avec quinze
sortes de pains (leur composition est indiquée très précisément)
et cinq viennoiseries différentes. Comment s'étonner après
cela que les sandwichs s'appellent L'Engels, Le Marx, Le Malatesta,
Le Bakounine, Le Durruti ou Le Louise Michel ? Et
tout cela à des prix raisonnables
A midi, quatre formules
sont disponibles : La Commune, version Communard ou Versaillais,
et La Révolution russe, option Bochévique ou Tsariste.
On peut même commander (courriel : laconquetedupain[at]gmail.com)
à l'avance ! Ceux qui sont un peu agacés de voir, grâce
aux bons soins de Michel Onfray, l'« ordre libertaire »
(!) s'étaler dans les pages des revues (surtout de droite et prônant
le néolibéralisme), devraient pour retrouver leur calme
et leur sérénité écouter quelques enregistrements
(en mp3) restaurés et bichonnés par l'ami Jean-Denis à
propos d'Albert Camus : hiver 1951, évocation
de L'Homme révolté paru
peu avant ; une lecture
de L'Etranger en 1954 ; la Conférence
de presse, le 9 décembre 1957, et le Discours
de Stockholm le lendemain ; au retour, le 22 janvier 1958,
suite à une invitation des républicains espagnols, son allocution
(reproduite dans Preuves sous le titre
« Ce que je dois à l'Espagne »). En prime,
un fichier
pdf d'articles à son sujet parus dans Le Monde
libertaire. Un
nouveau site Internet est né. « Issue
des réseaux internationaux de solidarité avec la rébellion
zapatiste au Chiapas, La
voie du jaguar s'ouvre en janvier 2012
en reprenant une large part des documents réunis depuis la
fin des années 1990 pour le site d'une assemblée
de solidarité de l'Est parisien (CSPCL). Cet espace est créé
pour donner suite aux conversations sur le mouvement social dans l'Etat
d'Oaxaca (Mexique) entre Georges Lapierre, Rubén Valencia et David
Venegas tous deux partie prenante des Voix d'Oaxaca construisant
l'autonomie et la liberté (Vocal). » Il se veut
une « passerelle vivante et un
lieu de discussion lié aux résistances et aux expériences
passées et présentes sur toute la planète, cherchant
leur cohérence dans l'autonomie du mouvement d'émancipation
sociale ». La révolution libertaire et l'expérience
des collectivisations ouvrières et paysannes en Espagne sont une
autre de ses sources d'inspiration, tout comme la perspective de l'autogestion
généralisée inscrite dans les luttes sociales en
Europe à partir de la seconde moitié du XXe siècle.
Adieu
l'ami. « Journaliste, critique,
chroniqueur, écrivain, Bernard Thomas est mort, jeudi 12 janvier,
d'une crise cardiaque, à l'âge de 75 ans, dans le train
qui le ramenait de sa Bretagne natale vers Paris »,
ainsi Le Monde a-t-il annoncé
la disparition de celui
qui se disait le « dernier des
anarchistes » du Canard
enchaîné (sur cet « objet politique mal
identifié », on lira avec profit l'article
de Laurent Martin, paru dans la Revue d'histoire
moderne et contemporaire). Né le 25 octobre 1936,
Bernard Thomas prit part à la fondation du Magazine
littéraire, en 1966, et de L'Idiot
international, en 1970, avec Jean-Edern Hallier. Il entra au Canard
enchaîné en 1974 et, deux ans plus tard, en devint
le responsable de la rubrique culturelle, assumant la critique de théâtre
et de télévision. Il participa également de 1990
à 2010 à l'émission « Le Masque et
la Plume », sur France Inter. Mais nous nous en souviendrons
plus particulièrement pour ses ouvrages sur les anarchistes illégalistes
(lire bibliographie) :
Alexandre Marius Jacob (biographie),
la bande à Bonnot ou, plus récemment, Lucio Urtubia (Lucio
l'irréductible, Flammarion, 2000). Même si souvent
il se laisse emporter par sa verve et son imagination, comme le rappelle
Jean-Marc Delpech sur son blog
consacré à l'« honnête cambrioleur ».
Il est aussi l'auteur d'un recueil de citations, Ni
Dieu, ni maître, les anarchistes (Tchou, 1969, rééd.
en 2007), publié à une époque où il était
difficile de se procurer la plupart des textes cités. Ce qu'il
déplorait dans sa préface et qui était largement
démontré par la maigre bibliographie en fin d'ouvrage. En
ce domaine, les choses ont bien changé ; pour le reste, le Mur
et le « communisme » étatique sont tombés
à l'Est, renforçant d'autant plus le libéralisme,
aujourd'hui confronté à ses contradictions. Le combat
continue
Jargon libre. Pour
ceux qui ont commencé à militer dans les années 1970
(ou plus tôt), ce nom rappelle bien des souvenirs, celui tout d'abord
d'une librairie où l'on trouvait toute la presse et les brochures
de la galaxie libertaire, autonome et issues de multiples luttes spécifiques ;
celui également d'une « personnalité »
du mouvement, Hellyette
Bess. Fondé en 1974, le Jargon libre a cessé ses activités
en 1984, suite à l'arrestation de son animatrice pour ses
relations avec Action directe. En 1990, renaissance sous forme d'association,
à Avignon, où elle publie Front,
revue de prisonniers révolutionnaires emprisonnés. En 1995,
la librairie associative commence une vie d'errance à Paris, à
Montreuil, puis à Vincennes. Transformée en bibliothèque,
elle trouve refuge dans divers lieux avant de s'installer en octobre dernier
à Ménilmontant, au 32, rue Henri-Chevreau, Paris 20e
(ouverture : du lundi au samedi, de 14 heures à 20 heures).
« Bientôt, chacun pourra
consulter archives et livres sur le mouvement ouvrier et révolutionnaire,
l'anarchie, le marxisme, le surréalisme, le situationnisme, l'éducation,
le féminisme, la prison, etc., et les luttes, bien sûr. Il
sera possible d'étudier sur place et de photocopier les documents
(lorsque nous aurons une photocopieuse !). (
) Nous
avons décidé de créer un lieu propice à la
consultation de la richesse et de la diversité des expériences
du mouvement à travers le temps, en espérant que ce lieu
sera aussi celui d'échanges enrichissants et constructifs
et, bien sûr, une oasis de fraternité »,
confie Hellyette au Monde libertaire
(n° 1644, lire).
Voir également photographies et article sur Jura
libertaire. Des rencontres autour de livres devraient ainsi se tenir
régulièrement. Mais le loyer étant de 850 euros
par mois et le but non commercial, des difficultés sont à
prévoir sans un soutien financier (Association Jargon libre, Société
générale, 264, rue des Pyrénées, 75020 Paris
- RIB : 30 003 03 434 00 050 740 050 53).
PÉRIODIQUES
Face à la réforme
de Presstalis (ex-NMPP) (lire
l'article de Patricio Salcedo et Ramon Pino, « Presse de
mal en pis »), les périodiques libertaires réagissent
de façons diverses pour ne pas « boire le bouillon »
tout en essayant de conserver une certaine visibilité. Après
Courant alternatif qui a arrêté
sa diffusion en kiosques en novembre 2011, Alternative
libertaire n'est plus vendu de cette façon qu'un mois sur
deux (liste des points de vente sur Trouverlapresse.com,
abonnement par la boutique
en ligne). Pour sa part, Le Monde
libertaire a lancé une formule gratuite dont les premiers
numéros (téléchargement du n° 1,
du n°
2 et du n° 3,
les prochains seront disponibles sur le site
du journal) ont été diffusés à quelques
six mille exemplaires par les différents groupes de l'Hexagone.
Il s'agit d'un huit pages, encore quelque peu austère, qui
reprend quelques articles de l'hebdo. Cela semble annoncer un arrêt
de la diffusion en kiosque, avec un repli sur l'abonnement pour la formule
complète et une autre, réduite et gratuite, à distribuer.
Dans le n° 1658 (2 au 8 février, 24 p., 2,50 euros),
il ne faut surtout pas manquer l'article de Lou Marin à propos
du dernier ouvrage de Michel Onfray (voir ci-dessus).
Chacun de ces titres appelant bien sûr à s'abonner en soutien.
Un autre
qui se plaint du coût de la distribution, c'est La Brique
(n° 30, janvier-février, 16 p., 2 euros, site),
le « journal local d'info et d'enquête de Lille et d'ailleurs »,
qui lance une souscrition pour poursuivre ses activités :
« (
) 65 grammes de critique
sociale bien servie, emballée dans seize pages noir et blanc, garanties
sans OGM ni Bisphénol A. Livrée à domicile,
directement du producteur au consommateur. Alors ce serait dommage de
s'en priver. Aujourd'hui, le canard a (vraiment - vraiment) besoin de
thunes pour continuer à dealer ses enquêtes cultivées
localement par une dizaine d'artisans-journalistes. Concrètement,
3 000 euros ça représente l'impression de deux
numéros » (lire
la suite). Au sommaire de ce numéro : « Dossier :
le sport, cheval de Troie », « Carlton connection :
une affaire de classe », « Justice fiction :
le procès de La Brique
n'a pas eu lieu ? », la presse « alternative »
questionnée, une action anticoloniale contre Sephora, un hommage
à TEKE et aux peintres de la métropole
Parions que
la mairie de Lille et les notables de la région ne feront rien
pour sauver la liberté de cette presse-là. En janvier, Courant
alternatif (n° 216, 32 p., 3 euros, site)
consacre plusieurs pages à la répression de la contestation
sociale qui semble s'accentuer et se généraliser, s'inscrivant
comme un mode de gouvernementalité « moderne ».
Après avoir effectué un constat de la situation, le mensuel
livre quelques « exemples d'opérations
policières très ciblées », une
chronologie du renforcement des lois sécuritaires, une analyse
du discours sur la « délinquance des jeunes »
et le développement de l'enfermement, et appelle au soutien des
personnes inculpées dans le cadre d'une action contre les prisons
pour mineurs (Labège). Constat est fait également du recours
systématique à l'analyse ADN et de la multiplication des
chefs d'inculpation pour un seul délit. L'organe de presse de la
Confédération nationale du travail (CNT), Le Combat
syndicaliste (n° 364, janvier, 12 p., 2 euros,
site), après
un arrêt de plusieurs mois, reprend une parution régulière
et nous offre un agréable dossier sur l'édition. Celui-ci
contient un compte rendu de La Trahison
des éditeurs (Thierry Discepolo, Agone), l'interview d'un
des fondateurs de Libertalia, celle d'un libraire qui nous fait part de
son « travail névrosé »,
une présentation du collectif Livres de papier « réfractaire
à l'ordre numérique », un
article sur l'évolution des bibliothèques publiques et un
autre sur les risques d'Internet. Ce dossier se poursuivra dans le prochain
numéro par un entretien avec un militant du syndicat interprofessionnel
de la presse et des médias (SIPM-CNT), graphiste et coloriste de BD,
à propos de la conception du livre et de l'évolution de
la profession. Avec
« André Prudhommeaux, un anarchiste hors les murs »,
A contretemps (n° 42,
février, 67 p., « pas de prix, juste des frais
»,
site) nous entraîne
à la rencontre d'un militant (lire biographie)
injustement méconnu, du fait certainement de son extrême
discrétion, mais aussi de son intransigeance austère et
de son parcours de militant et d'intellectuel difficile à schématiser.
Du communisme de conseil à l'anarchisme, et son évolution
même au sein des sensibilités de celui-ci, du communisme
libertaire à l'« anarchisme
pacifique et libéral (dans le meilleur sens du terme) »,
« il en explore, chaque fois et
l'esprit toujours en éveil, les ouvertures, les recoins et les
impasses ». Une lucidité certaine, un refus de
la facilité et une grande exigence intellectuelle l'amèneront
souvent à se situer à contre-courant du milieu libertaire
majoritaire : pour la défense de Marinus Van der Lubbe (l'incendiaire
du Reichstag), contre l'entrée des ministres anarchistes au gouvernement
républicain durant la guerre d'Espagne
On le découvre
aussi bon connaisseur de la révolution allemande et du spartakisme,
critique littéraire, animateur et contributeur de nombreuses publications
(dont Témoins, lire
à ce propos « Albert Camus et la revue Témoins »),
son rôle au sein de la Commission de relations internationales anarchistes
(CRIA). Ce numéro exceptionnel par la taille et la qualité
contient également plusieurs textes de Prudhommeaux. Nous terminerons
ce modeste tour d'horizon avec un webmagazine,
Divergences, qui, sous la plume
de Charles Reeve, nous explique en quoi le mouvement Occupy aux Etats-Unis
est porteur d'espoir. Sa volonté d'auto-organisation, de mettre
sur pied des uvres collectives et sociales (au pays de l'« individualisme
marchand »), son refus des partis, sa « recherche
obstinée de nouvelles façons d'affronter le système »,
d'agir avec créativité et humour, son souhait de rencontrer
et de lutter avec des secteurs ouvriers combatifs (au grand dam des bureaucraties
syndicales), de « nouer des liens
concrets avec les plus exploités » ne peuvent
que nous séduire. Si la répression et l'expulsion des places
et des rues conduit le mouvement à se replier momentanément
et à passer à une autre étape, l'occupation d'immeubles,
il ne fait aucun doute pour l'auteur que ce n'est qu'un début
Par ailleurs, plusieurs articles de Jean-Pierre Garnier s'appliquent à
dénoncer le « radicalisme chic » de quelques
gourous développant une pensée anticapitaliste universitaire
bien éloignée des luttes et des résistances sociales.
Avec des rubriques « international » et « culture »
toujours aussi riches et diversifiées, on ne peut qu'être
tenté de rebondir d'un texte à l'autre.
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