Février 2010

PUBLICATIONS

Avec la publication des volumes 2 et 3 de La Révolution inconnue (160 p. et 12 euros chacun), de Voline, les éditions Entremonde ont achevé la réédition de l'un des ouvrages essentiels pour appréhender la révolution russe en dehors de la vision marxiste ou bourgeoise. L'auteur et témoin des événements y relate la répression anti-anarchiste du nouveau pouvoir bolchevique, les luttes des marins de Cronstadt et de l'armée insurrectionnelle d'Ukraine, deux mouvements populaires ayant eu le tort de s'organiser de façon autonome. Le communisme d'Etat (ou capitalisme d'Etat ?) n'a pas détruit l'« opium du peuple », le retour en force de l'obscurantisme religieux en Russie en témoigne. Aussi il est bon de se pencher sur les « textes sacrés » comme le fait Bruno Alexandre avec ce deuxième tome des Chroniques d'un incroyant (Les Editions libertaires, 136 p., 10 euros). S'attaquant au dogme de l'Immaculée Conception et à l'explication religieuse du mal, il souligne les contradictions, les évolutions et les invraisemblances des écrits religieux, les confrontant aux données scientifiques et, entre autres, à la théorie darwinienne de l'évolution biologique. Education encore avec le portrait de deux pédagoques libertaires. Francisco Ferrer i Guardia (1859-1909). Une pensée en action (Le Coquelicot, 109 p., 12 euros), de Violette Marcos, Annie Rieu et Juanito Marcos, retrace la vie et les conceptions du créateur de l'Ecole moderne, assassiné par l'Eglise et le pouvoir espagnols. Son crime ? Il voulait transformer l'individu, en faire un être libre dans une société elle-même libérée de toute exploitation. Pour donner vie à ses espérances, il créa à Barcelone, en 1901, une école ouverte aux filles et aux garçons qui, animée par une pédagogie active, fit rapidement de très nombreux émules de par le monde. Dans Henri Roorda ou le zèbre pédagogue (postface de Marianne Enckell, Editions du Monde libertaire, coll. Graine d'ananar, 73 p., 5 euros), Hugues Lenoir nous fait découvrir un personnage beaucoup moins connu. Ce professeur de mathématiques exerçant à Lausanne, et proche de l'école Ferrer ouverte dans cette ville, livra une critique de l'« école autoritaire » et les grandes orientations d'une pédagogie libertaire qui n'ont pas pris une ride. L'homme ne manquait pas d'humour (cf., par exemple, les titres de ses ouvrages) et n'exonérait pas de critiques l'éducateur qui, « s'il ne se surveille pas, jouit d'une trop grande sécurité intellectuelle ».Trop lucide, pessimiste sur le sort de l'humanité, Henri Roorda Van Eysinga (1870- 1925) se suicida, laissant sur sa table le manuscrit de Mon suicide, plaidoyer pour la liberté ultime. Manifeste pour une mort douce, libre et volontaire (Les Editions libertaires, 80 p., 6 euros) est de la même veine. Christian Dupont y réclame le droit au suicide, celui-ci s'inscrivant dans une philosophie générale consistant à « regarder la mort en face » et à « aller à [sa] rencontre » tout naturellement, au moment choisi. La recherche de l'harmonie, état de sagesse et de liberté absolue qui mène au bonheur, est à la base de la philosophie individualiste de Han Ryner. Son Petit Manuel individualiste (suivi par « Un sage turbulent » de Bernard Pautrat, 80 p., 6,10 euros), réédité par Allia, qui se présente sous la forme d'un dialogue intérieur, de questions-réponses, l'affirme bien haut. Mais si l'on doit respecter et prôner la volonté de se changer, de trouver cette harmonie individuelle entre ses actes et sa pensée, l'affirmation du sage que « le bonheur est intérieur et individuel ; on ne peut le produire qu'en soi-même » conduit inéluctablement à la conclusion : « L'action sociale lui apparaît comme une tyrannie, et il s'abstient d'y prendre part. » S'inspirant de Michel Bakounine – « Je ne deviens vraiment libre que par la liberté des autres (…). Ma liberté personnelle ainsi confirmée par la liberté de tous s'étend à l'infini... » –, ne faut-il pas plutôt concevoir que le bonheur indivuel ne peut exister sans le bonheur des autres ? De bonheur, d'harmonie, il n'en est guère question dans Barcelone (Editions du Monde libertaire, coll. Humeurs noires, 135 p., 7 euros), roman extrêmement noir de Miranda Caserio, épopée sanglante et meurtrière d'un adolescent qu'une société inégalitaire et oppressive a rendu fou. On reconnaît le monde qui nous entoure, ses tares, ses crimes légaux, avec des réminiscences du passé – ou est-ce l'avenir proche ? – et pour seul horizon la révolte individuelle qui se collectivise. Le « héros » sera liquidé comme l'assassin de Jaurès pendant la révolution espagnole… Inversement des rôles ; hier, aujourd'hui, demain ! Retour aux fondamentaux avec l'ouvrage d'Augustin Hamon, Socialisme et Anarchisme (232 p., 19,56 euros), enfin republié mais à un prix un peu exagéré par Kessinger Publishing, un spécialiste du reprint. Cet homme libre (lire biographie) s'efforce de préciser le sens des mots « socialisme », « communisme », « anarchie », de définir le plus précisément possible leurs variétés respectives et si l'anarchisme est un socialisme… Bien sûr, bien peu reconnaîtront en l'espèce de libéralisme social défendu par le Parti socialiste actuel un socialisme, mais cela permet de mesurer le chemin parcouru par certains. Deux ouvrages de Pierre Joseph Proudhon ont été récemment réédités par les éditions de L'Herne, dans leur collection des Carnets : De la célébration du dimanche… (151 p., 9,50 euros) et La Pornocratie (86 p., 9,50 euros). Dans l'un, un de ses premiers écrits, on trouve en germe l'essentiel de sa doctrine : critique de la propriété privée, l'égalité sociale doit être réalisée par la liberté, affirmation du droit au travail… Avec le second, œuvre posthume, il se révèle hélas homme de son temps et sombre dans l'antiféminisme et la misogynie, ânonnant des thèses déjà développées dans De la justice… et justement mises en pièces par des auteures comme Juliette Adam ou Jenny d'Héricourt : différence entre hommes et femmes, donc inégalité ; la femme est triplement inférieure et doit obéir, etc. De la connerie machiste à la bêtise militaire, il n'y a qu'un pas que franchit Lucien Séroux avec le cinquième tome de son Anthologie de la connerie militariste d'expression française (Association pour l'art et l'expression libres, 252 p., 15 euros). Dans ce volume : grâce à la guerre, les affaires prospèrent, la science mortifère triomphe, l'ordre social règne, le sommeil glorieux et définitif nourrit la terre. Debout les morts !…La cible peut évoluer : le Boche, le Viet, le fellouze, l'ennemi intérieur, l'islamiste. Pièces et main d'œuvre est parti A la recherche du nouvel ennemi (L'Echappée, coll. Négatif, 213 p., 13 euros) : écoterroriste ou, plus inquiétant, bioterroriste (dont l'arme est issu des laboratoires militaires ou civilo-militaires et qui, compte tenu, des possibilités de ceux-ci demeure un « aimable » amateur), permettant un contrôle accru des populations. Et demain, serait-ce le réfractaire aux « écotechnologies » (nanotechnologies, entre autres) ? Que nous réservent les technologies du futur dans le domaine de la domination ? Voilà les questions auxquelles tente de répondre l'ouvrage. Big Brother is watching you.

 

RÉUNIONS-DÉBATS

Saint-Denis, février. Les cours de la Dionyversité ont lieu de 19 heures à 21 heures à la Bourse du travail, 9, rue Génin (métro ligne 13, station Porte-de-Paris). Cycle « Faites pas d'histoire(s) ! » : le 2 février, « La fabrique scolaire de l'histoire », avec Laurence De Cock, vice-présidente du Comité de vigilance face aux usages publics de l'histoire (CVUH). Cycle « Peintres modernes = peintres classiques », par Yolaine Guignat : le 4 février, « Peter Bruegel l'Ancien » ; le 11, « Paul Cézanne » ; le 18, « Pablo Picasso » (première partie : 1881-1914) ; le 25, « Pablo Picasso » (seconde partie : 1914-1973). Site Internet.

Paris, 3 février. A 20 heures, au cinéma Espace Saint-Michel, 7, place Saint-Michel, Paris 5e, projection des Travailleu(r)ses du sexe, de Jean-Michel Carré. Débat avec le réalisateur et Sonia, prostituée, sur le thème : « Loi, police, être pute… ». Autres projections-débats, les 7, 11, 15 et 18 février, informations complémentaires.

Paris, 4 février. Projection à 19 h 30 du film Fausta (1 h 34), de Claudia Llosa, et débat (à 21 h 50) avec Daniel Dupuis, auteur de ¿ Dónde Están ? Terreur et disparitions au Pérou (1980-2000) (Le Passager clandestin). Possibilité de restauration légère. Participation aux frais : 5 euros. Au CICP, 21 ter, rue Voltaire, 75011 Paris (M° Rue-des-Boulets ou Nation).

Grenoble, 5 février. Le Café luddite vous invite à une conférence-débat avec l'historien François Jarrige, autour de son livre Face au monstre mécanique, une histoire des résistances à la technique (IMHO), à 20 heures, à la Maison des associations (5, rue Berthe-de-Boissieux). Dès 19 heures, buffet à prix libre, tables de presse et librairie. Site Internet.

Grenoble, 6 février. Les mêmes remettent le couvert, à 14 heures, à la librairie-cantine des Bas-Côtés, 59, rue Nicolas-Chorier (tél. : 04-76-84-51-34).

Lyon, 6 février. La CNT Construction organise un débat, à 14 h 30, à la Marmite Colbert, 7, rue Diderot, Lyon 1er, sur le thème : « Le travail en coopérative, alternative ou intégration au système capitaliste ? ». Avec la participation de : Michel Rohart, directeur de l'union régionale des SCOP ; Marc Bourgeois, travailleur à Ambiance Bois, scierie-raboterie coopérative du Limousin ; un syndicaliste du SUB 69. Informations complémentaires.

Paris, 6 février. Rencontre avec Hélène Hernandez et Elisabeth Claude de la « commission femmes » de la Fédération anarchiste, à propos de l'ouvrage Anarchisme, féminisme contre le système prostitutionnel (Editions du Monde libertaire). A 16 h 30, à la Librairie du Monde libertaire, 145, rue Amelot, Paris 11e (M° Oberkampf, République ou Filles-du-Calvaire). Courriel : librairie-publico(at)wanadoo.fr - Site Internet.

Metz, 9 février. A 20 heures, le groupe de la Fédération anarchiste organise une lecture-débat sur « Anarchisme et non-violence ». Caveau du café Jehanne d'Arc, place Jeanne-d'Arc. Entrée libre. Courriel : groupedemetz(at)federation-anarchiste.org - adresse postale : ACL, BP 16, 57645 Noisseville.

Angers, 10 février. Vidéoprojection de Parcours libertaire : entretien avec Georges Fontenis et débat sur le rôle actuel du mouvement libertaire, à 20 h 30, à L'Etincelle, 26, rue Maillé. Organisée par Alternative libertaire 49.

Paris, 13 février. Rencontre avec Bettina Julia Egger, auteure de la BD No Border, usine à rêve (Editions du Monde libertaire), qui relate l'expérience du camp autogéré No Border, tenu du 19 au 28 juillet 2002 à Strasbourg. A 16 h 30, à la Librairie du Monde libertaire, 145, rue Amelot, Paris 11e. Site Internet.

Saint-Imier (Suisse), 13 février. A 20 heures, conférence-débat « Proudhon et l'anarchisme » avec Vivien Garcia, auteur de L'Anarchisme aujourd'hui (L'Harmattan). Repas convivial à 18 h 30 (réservation recommandée). Espace noir, rue Francillon. Tél. : 032/941-35-35 - courriel : info(at)espacenoir.ch - site Internet.

Merlieux, 18 février. De 18 à 21 heures, le groupe Pierre-Kropotkine (FA) invite Gisèle Bienne, pour évoquer la Grande Guerre, Blaise Cendrars à travers La Ferme de Navarin (Gallimard). Table de presse. Apéro dinatoire. Entrée libre et gratuite. Bibliothèque sociale, 8, rue de Fouquerolles. Renseignements : 03-23-80-17-09.

Orléans , 19 février. Le débat proposé par le groupe Gaston-Couté de la Fédération anarchiste aura pour thème « L'entreprise ». A 20 heures, à L'Atelier, 203, rue de Bourgogne. Site Internet.

Paris, 20 février. A 15 h 30, la Bibliothèque La Rue reçoit Thierry Périssé pour présenter son dernier roman Le Cœur à l'ouvrage (Chant d'orties). Au 10, rue Robert-Planquette, Paris 18e (M° Abbesses ou Blanche). Tél. : 01-42-23-32-18. Site Internet.

Paris, 20 février. A partir de 16 heures, à la librairie du Monde libertaire, 145, rue Amelot, Paris 11e, exposition-vente de soutien aux travailleurs sans papiers de Vitry, dessins de Tidiane (gréviste sans papiers), BD reportage de Brouck, photographies de Nicolas Wietrich ; les trois artistes seront présents.

Saint-Marcellin, 22 février. A 20 heures, le groupe La Rue râle (FA), en partenariat avec le Collectif associatif et solidaire de Saint-Marcellin, vous invite à une soirée de cinéma-débat autour du film Rachel, sur Rachel Corrie, jeune militante américaine tuée par un bulldozer de l'armée israélienne. Au cinéma Les Méliès, 20, bd Riondel. Courriel : laruerale(at)no-log.org

Dijon, 23 février. A l'initiative du groupe libertaire et des Tanneries, à 19 heures, soirée d'informations et de soutien aux luttes à Oaxaca (Mexique). Projection du film Oaxaca, entre rebellion et utopie. En présence de Cosme, compagnon de Vocal (collectif libertaire mexicain). Discussion, puis repas. A la bibliothèque de l'espace autogéré des Tanneries, 17, bd de Chicago. Site Internet.

Paris, 23 février. Conférence-débat public « Des nanotechnologies à la tyrannie technologique », à 20 heures, à la Coordination des intermittents et précaires (CIP), 14-16, quai de la Charente, Paris 19e (M° Corentin-Cariou). Informations - courriel : contact(at)nanomonde.org

Paris, 24 février. La librairie Quilombo organise, avec le Cedetim et le Cedidelp, à 19 h 45 une rencontre-débat à propos de l'ouvrage Adolfo Kaminsky, une vie de faussaire (Calmann-Levy), en présence de Sarah et Adolfo Kaminsky. Au CICP, 21 ter, rue Voltaire, Paris 11e. Courriel : quilombo(at)globenet.org - Site Internet.

Paris, 25 février. Guillaume de Gracia présentera son livre L'Horizon argentin (Editions CNT-RP), à partir de 19 heures, à la librairie Le Rideau rouge, 71, rue Riquet, Paris 18e (M° Marx-Dormoy).

Rouen, 27 février. A 14 h 30, rencontre-débat à propos du roman social noir, avec Jean-Pierre Levaray et Thierry Périssé autour de leurs livres Tue ton patron (Libertalia) et Le Cœur à l'ouvrage (Chant d'orties). Librairie L'Insoumise, 128, rue Saint-Hilaire.

 

CONFÉRENCES, THÉÂTRE, EXPOSITION

Québec. Tournée de conférences « Usines sans patron : la réponse des classes populaires argentines à la crise économique de décembre 2001 », avec Sebastián Darraidou, militant de l'organisation Red Libertaria de Buenos Aires : le 2 février, à 11 h 30, Québec, université Laval (local 1231 du pavillon De-Koninck) et, à 20 heures, café-bar L'Agitée (251, Dorchester) ; le 4, à 19 heures, Chicoutimi, café Cambio (405, rue Racine-Est) ; le 6, à 19 heures, Saint-Felicien, café L'Associé T (1105, bd Sacré-Cœur) ; le 8, à 19 heures, Drummondville, café Clovis (au Cégep) ; le 9, à 20 h 30, Saint-Hyacinthe, bar Le Zariot (1450, rue des Cascades) ; le 10, à 18 h 30, Montréal, Uqam, pavillon N (1205 St-Denis), local N-M530. Organisée par l'Union communiste libertaire (UCL), 55051 CP Langelier, Québec (Qc) G1K 9A4 - courriel : ucl(at)causecommune.net - site Internet.

Théâtre. Représentations par la compagnie Théâtre en question de la pièce Les Pieds dedans qui traite de l'affaire de Tarnac, des événements de Montreuil, de l'antiterrorisme et des violences policières. Texte, mise en scène, musique et vidéo de Stéphane Arnoux ; avec Julie Le Rossignol, Lydia Sevette et Stéphane Arnoux. Musique : Tom Honnoré. Théâtre de la Belle Etoile, 14, rue Saint-Just, La Plaine-Saint-Denis (M° Porte-de-la-Chapelle ; bus 153 ou 02, arrêt Eglise-de-la-Plaine). Les vendredi 19 et samedi 20 février (à 20 h 30), le dimanche 21 à 16 heures. Réservation conseillée au 01-42-55-50-25. Tarifs : 14 et 9 euros. Informations complémentaires.

« Voyous, voyants, voyeurs » Le musée d'art et d'histoire Louis-Senlecq de L'Isle-Adam (Val-d'Oise) organise jusqu'au 7 mars une exposition consacrée au peintre libertaire Clovis Trouille (1889-1975). Celui qu'André Breton avait baptisé « le grand maître du tout est permis » a élaboré une œuvre iconoclaste dont les thèmes de prédilection sont l'anticléricalisme, l'antimilitarisme et l'érotisme, baignés d'une atmosphère macabre, onirique et provocatrice. Lui-même avouait qu'« il est vrai que je n'ai jamais travaillé en vue d'obtenir un grand prix à une biennale de Venise quelconque, mais bien plutôt pour mériter dix ans de prison… ». Pour en savoir plus sur sa vie et son œuvre, on peut se rendre sur le site de l'Association Clovis Trouille. Centre d'art J.H. Lartigue, 31, Grande-Rue, 95290 L'Isle-Adam. Tous les jours (sauf mardi et certains jours fériés), de 14 heures à 18 heures (tarif entrée de 2,50 à 3,20 euros), tél. : 01-34-69-45-44. Cette exposition itinérante investira ensuite le musée Rimbaud de Charleville-Mézières (du 15 mai au 21 septembre), puis le musée du Vieux-Château à Laval (du 16 décembre 2010 au 16 janvier 2011).

Journées libertaires à Pau. Du 1er au 6 mars, la CNT-AIT et sa section étudiante, la Coordination libertaire étudiante (CLE), organisent des journées libertaires à Pau. Au programme : exposition « A las barricadas », à l'occasion du centenaire de la CNT espagnole, à la faculté de lettre ; le 4, à 18 h 30, conférence sur l'anarchisme en Suisse à la faculté de lettres, suivie de la projection du film Land and Freedom ; le 6, à 15 heures, conférence sur la mondialisation, les politiques répressives et la résistance ouvrière anticapitaliste et antiautoritaire, avec Rolf Peter Larsen (NSF), ancien secrétaire de l'Association internationale des travailleurs (AIT) ; le 7, à 20 h 30, concert de soutien aux Journées libertaires ; le 8, vernissage d'une exposition d'art au local de la CNT-AIT, 18, rue J.-B.-Carreau, 64000 Pau. Pour plus d'infos, site Internet - courriel : journéelibertairespau(at)gmail.com

 

FOIRES AUX LIVRES

Fête du livre. Vente de livres neufs et d'occasion, buvettes, le 27 février, à partir de 13 heures, à la CNT, 33, rue des Vignoles, Paris 20e (M° Avron ou Buzenval). Débats : à 14 h 30, avec Hugues Lenoir, auteur de l'ouvrage Eduquer pour émanciper (Editions CNT-RP) ; à 16 h 30, avec Guillaume de Gracia, auteur de L'Horizon argentin. Petite histoire des voies empruntées par le pouvoir populaire (1860-2001) (Editions CNT-RP). Venez nombreux !

Anarhisticki sajam knjiga. La sixième édition de la Foire du livre anarchiste de Zagreb aura lieu du 26 au 28 mars. Programme (en anglais). Les éditeurs francophones sont les bienvenus, mais peuvent aussi envoyer des ouvrages à vendre. Pour les détails pratiques, contacter les organisateurs par courriel : anarhisticki.sajam.knjiga(at)gmail.com On peut télécharger (pdf, 674 Ko) l'affiche de la foire. Site Internet (croate et anglais).

Salon du livre libertaire. Samedi 8 mai, de 10 heures à 20 heures, et dimanche 9 mai, de 10 heures à 16 heures, se tiendra le 5e Salon du livre libertaire à l'Espace d'animation des Blancs-Manteaux, 48, rue Vieille-du-Temple, 75004 Paris (M° Hôtel-de-Ville). Entrée à prix libre. Avec la participation d'une centaine d'éditeurs de livres et de périodiques, et de nombreux auteur(e)s. Des expositions, des débats, un espace de libres lectures à voix haute. Bar et restauration légère. Radio-Libertaire (89.4) émettra en direct du site d'animation des Blancs-Manteaux pendant ces deux jours. Contact : SLL, 145, rue Amelot, 75011 Paris (tél. : 01-48-05-34-08). Courriel : salon-livre-libertaire(at)wanadoo.fr - site Internet.

Salon du livre de Biel/Bienne (Suisse). Après Winterthur en février 2009, cette manifestation souhaite proposer un aperçu des publications de nombreuses maisons d'édition et organisations anti-autoritaires suisses, françaises, allemandes, italiennes, etc. Elle se déroulera les 15 et 16 mai au Centre autonome de jeunesse La Coupole à Biel-Bienne (canton de Berne). Parallèlement, pendant les deux jours, des expositions, des projections de films, des lectures, des conférences, des débats, des ateliers, des lectures, un concert (le samedi soir) seront proposés. Pour les visiteurs, l'entrée est gratuite. Pour les exposants, un stand avec tables est mis à disposition contre une petite participation aux frais. Pour toutes infos, adresse postale : Buchmesse 2010, c/o Labiu, Wydenauweg 38, CH - 2503 Biel-Bienne, Suisse - courriel : info(at)foire-du-livre.ch ou info(at)buechermesse.ch - Site Internet.

 

DIVERS

En vrac sur le Web (4). Le cinéma s'intéresse à Louise Michel et, plus particulièrement, à sa vie de reléguée en Nouvelle-Calédonie après la Commune de Paris. La sortie de Louise Michel la rebelle (1 h 30), de Sólveig Anspach, est prévue pour le 7 avril, avec, entre autres, Sylvie Testud dans le rôle-titre. Il est vrai que son courage, son intérêt pour la culture kanak, ses prises de position « anticolonialistes » et sa solidarité avec les populations natives lors de la « grande révolte » offrent matière à scénario. Espérons seulement que cet exercice ne tournera pas trop à l'hagiographie. Pour en découvrir un avant-goût. On peut parcourir sur la Toile des articles du périodique belge francophone Alternative libertaire, disparu en avril 2001. A terme, la totalité des archives de septembre 1997 à avril 2001 pourrait être consultée. Un nouveau forum anarchiste en français sur le Web : il se caractérise comme « révolutionnaire » et « du côté des luttes »… Certainement en réaction avec le premier-né. Dommage, un forum n'est-il pas fait pour discuter… surtout lorsqu'on est en désaccord. Le site Internet du groupe Jules-Durand et du Libertaire est en cours de rénovation : leur ancien hébergeur ayant fermé ses portes, les compagnons en profitent « pour faire peau neuve et [réaliser] un site plus en prise avec l'actualité ». Le prochain numéro du « Lib » sortira donc au mois de mars. Plus de 1 170 affiches (reproduction en petit format) ont été répertoriées par le Centre de documentation anarchiste (CDA) de la Fédération anarchiste et classées par pays, thème, organisation, symbole… A découvrir ou à redécouvrir ! La Tribune de Genève nous annonce l'ouverture d'une librairie anarchiste et alternative, Fahrenheit 451, au 24, rue Voltaire, à Genève. Elle existait auparavant, et depuis 2003, à Yverdon-les-Bains (canton de Vaud). Ses projets ? « Outre les activités habituelles d'une librairie, Fahrenheit 451 veut créer un groupe de discussion et d'action locale pour approfondir les lectures, confronter les idées et mener des actions collectives. A terme, nous envisageons de créer les éditions Fahrenheit 451. » Site Internet.

L'anarchiviste. Un nouveau site axé sur les « recherches bibliogr@phiques autour de l'anarchisme et des anarchistes » a vu le jour récemment. Pour le chercheur ou le curieux, c'est un grenier rempli de malles au trésor. Partez à la rencontre de Longin, le mystérieux libertaire libertin ; découvrez la bibliographie (illustrée de couverture d'ouvrages) de Louise Michel, de Léo Campion (« anarchiste blagueur ») et de bien d'autres… Parcourez Le Petit Dictionnaire portatif de l'anarchiviste de A à Z, vous en apprendrez certainement. Vous êtes-vous un jour demandé à combien de cartes postales les exploits de la bande à Bonnot avaient donné le jour ? La réponse est là également. Des illustrations, des photographies, des vidéos, des biographies et nombre d'infomations pertinentes… Beaucoup de tentatives aussi – d'inventaire des éditions Spartacus, des éditions de l'Idée libre, de bibliographie de Dieu et l'Etat (Bakounine)… –, toutes parfaitement réussies à notre sens. Le créateur de ce site ? Si l'on en croit son portrait dessiné (qui me rappelle quelque chose), il est chevelu et barbu, un peu façon « rat de bibliothèque », et il aurait pour nom Ravacholee… Mais ça je n'y crois pas et ne comptez pas sur moi pour vous en dire plus. Allez-y voir et bonnes découvertes.

 

PÉRIODIQUES

Le Monde diplomatique (n° 671, 28 p., 4,50 euros, site), sous la plume d'Evelyne Pieiller, a consacré une page à la réédition des Turpitudes sociales de Camille Pissarro, recueil de dessins qui lui avaient été inspirés par la lecture du journal de Jean Grave, La Révolte. Mais nous aurons l'occasion de reparler plus en détail de cet ouvrage le mois prochain. Après un an d'interruption, c'est le grand retour d'Anartiste (n° 14, 32 p., 6 euros, [nouvelle adresse du site]) avec de la poésie, des dessins, des montages, une biographie de Régis Messac et deux hommages rendus (Marc Saporta et Edouard Nono, récemment décédés). Le Libertaire (n° 40, février-mars, à télécharger), quant à lui, se fait l'écho des actions de soutien en faveur du syndicat allemand FAU Berlin déclaré illégal et narre l'histoire de Vetelca, la « première “maquiladora” bolivarienne ». La Palestine est au cœur des dossiers du fanzine de contre-culture antifasciste et libertaire Barricata (n° 20, hiver, 76 p., 5 euros, site) et du mensuel Alternative libertaire (n° 192, numéro spécial, 3 euros, site). Le premier, titré « Israël-Palestine, l'égalité ou rien ! », est parti à la rencontre de « Michel Warschawski, un anticolonialiste en Israël » ; de Natanya, une pacifiste ; de Youssef Habache, le porte-parole des Health Work Committees ; de Keren, une anarchiste contre le mur, sans oublier un article sur le Bund. Quand au second, il s'interroge : « Que fait la gauche palestinienne ? » et tente de faire le point sur « une gauche qui survit entre Fatah et Hamas », avec des entretiens et des articles signés Michel Warshawski, Pierre Stambul, Martine Hassoun… Au sommaire de Courant alternatif (n° 197, 32 p., 3 euros, site), le mensuel de l'Organisation communiste libertaire : le mouvement populaire et les diverses tendances au sein du régime iranien (article en ligne), répression et actions solidaires au Pays basque, dans le cloaque des institutions catholiques irlandaises… Et un hors-série (n° 15, 48 p., 4,5 euros) consacré à l'écologie « L'environnement, c'est Kapital ! » (sommaire) Pour Le Combat syndicaliste (n° 347, 12 p., 2 euros, site), « Services publics, arrêtons le massacre ! », des infos sur le secteur du nettoyage, sur La Poste et sur France Télécom, et deux pages sur l'international toujours très fournies (Espagne, Pologne, Allemagne, Maroc…). Dans Le Monde libertaire (n° 1582, 11 au 17 février, 24 p., 2 euros), hebdomadaire de la Fédération anarchiste, le pacifiste israélien Uri Avnery pense qu'on ne peut pas comparer Israël à l'Afrique du Sud de l'apartheid et que l'appel au boycottage dessert la cause palestinienne. Normand Baillargeon, quant à lui, revient sur l'échec de Copenhague et analyse la position de Robin Hahnel, partisan de l'abolition des marchés et pourtant adepte d'une bourse du carbone pour maintenir son niveau actuel dans l'atmosphère. N'Autre Ecole (n° 25, hiver, 60 p., 4 euros, site), revue de la fédération CNT des travailleurs(euses) de l'éducation, est entièrement consacrée à « L'Evaluation, du zéro à l'infini » : la théorie (à l'école, dans le privé, dans une auto-école), l'évaluation autrement (comment faire pour changer les mentalités et les pratiques, expériences diverses et variées, histoire de la note… et de sa contestation), les luttes actuelles (refus des évaluations CE1/CM2, évaluer les luttes et les actions syndicales, impossible bilan RESF). Le CQFD nouveau est en kiosque (n° 75, 16 p., 2 euros, site) et le mensuel de critique sociale s'intéresse à Haïti confronté à une « envahissante générosité », s'entretien avec Gideon Levy, un « Israélien anticolonialiste », avec en plus des chroniques et plein de dessins.

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