Décembre 2014

PUBLICATIONS

A l’approche de Noël, les beaux livres éclosent dans les devantures de librairies et les catalogues de vente sur Internet. Parmi ceux-ci, cette année, un ouvrage traite de notre domaine de référence : Histoire mondiale de l'anarchie (Textuel-Arte, 287 p., 45 euros, site). Rien à redire sur le contenu, Gaetano Manfredonia, son auteur, est un historien sérieux et connaît bien son sujet. Il passe donc en revue l’anarchisme des origines à nos jours, son apparition sur les différents continents, aborde ses multiples facettes, ses choix de réflexion et d’action, ses innombrables combats (et défaites), ses personnalités, ses organisations et mouvements, ses luttes contre la démocratie parlementaire, le fascisme et la réaction, son renouveau actuel… Les illustrations sont variées, correctement légendées, parfois inédites, bien mises en valeurs par une maquette agréable et une typographie adaptée. C’est une bien belle réalisation mais… réservée à ceux qui pourront débourser la somme de 45 euros. Bien éloignée de l’idée que se font les anarchistes de l’accès à la connaissance ! La personnalité de Nestor Makhno (1889-1934, lire biographie) et l’importance des études qui lui ont été consacré ont quelque peu écrasé et gommé les autres protagonistes de la lutte des anarchistes en Russie et en Ukraine au début du XXe siècle. Avec la publication de Maria Nikiforova. La révolution sans attendre (140 p., 6 euros) de Cotlenko Mila, Mutines Séditions nous le rappellent et tentent d’y remédier. Ses qualités d’oratrice, d’organisatrice et de responsable militaire – elle fut à la tête d’un détachement de gardes noirs – en firent un leader du mouvement makhnoviste, mais l’auteure se garde bien de transformer Maria Nikiforova (1885-1919) en icône et dévoile ses hésitations, ses doutes, ses contradictions, et plus largement les questions qui se posent lors de chaque tempête sociale. « Maroussia » était convaincue qu’il fallait approfonfir le processus révolutionnaire en cours et, pour cela, en fonction du rapport de forces, ne pas hésiter « à défier les autorités locales (…), à exiger des contributions auprès de la bourgeoisie et des propriétaires terriens, à mener des expropriations… ». Et lorsque les bolcheviques s’imposèrent, elle fut parmi ceux qui tentèrent de lutter contre le nouveau pouvoir et en paya le prix. Dans L’Ecole des barricades (Libertalia, coll. N’Autre Ecole, 226 p., 10 euros), Grégory Chambat a choisi et présente « vingt-cinq textes pour une autre école » écrits de 1789 à 2014. On y retrouve aussi bien des penseurs comme Proudhon et Bakounine que des pédagogues (Ferrer, Albert Thierry, Paul Robin, Freinet…) et des mouvements (Commune de Paris, Espagne 36, Mai 68, écoles kanak et zapatistes) qui se sont particulièrement souciés d’éducation populaire. Nulle vision ancrée dans le passé car l’ouvrage consacre une large part aux trente dernières années. Mais il s’agit toujours, en définitive, de mettre l’éducation au service des opprimés grâce à un enseignement « intégral » qui vise « à cultiver à la fois dans le même individu l’esprit qui conçoit et la main qui exécute ». Contre l’école de la foi ou de l’Etat ! On peut en effet être Heureux sans Dieu ni religion (Hugo & Compagnie, 141 p., 13,95 euros) et Michel Piquemal tient à le démontrer avec tolérance et fermeté. S’adressant plus particulièrement aux adolescents, l’auteur conteste que les athées seraient fatalement tristes et désabusés, débauchés, sans repères et sans buts, responsables des dictatures communistes… Avec simplicité et clarté, il apporte des arguments pour réfuter l’existence de Dieu et tente d’expliquer ce besoin de croire de l’être humain. Puis il s’attache à définir le credo d’un athée : liberté, spiritualité, joie de vivre, relation avec la nature, égalité hommes/femmes, et entre les personnes et les peuples, diversité des cultures, science, droit à disposer de sa vie. C’est revigorant et salutaire… malgré une légère tendance à oublier de critiquer la laïcité en tant que religion de l’Etat. Peut-on parler avec l’ennemi ? (Noir et Rouge, 83 p., 7 euros), en posant cette question Alain Brossat s’engage dans une réflexion sur l’évolution moderne de la condition d’ennemi et son statut actuel. Partant de l’étude de deux romans, il se demande dans quelles conditions les relations entre belligérants sont possibles. Et constate que le développement technologique de l’armement a profondément changé les données de base : la guerre se fait maintenant à distance (bombardement, drone), sans voir l’ennemi, déresponsabilisant encore plus le combattant. La qualité humaine est souvent niée à l’adversaire (nazi, terroriste), supprimant ainsi la possibilité de parler, d’échanger. Et, lorsque le temps de la paix est venu, arrive aussi parfois l’obligation d’oubli, de taire les crimes et les horreurs réciproques. Le déni conduit alors à une réécriture de l’histoire qui risque de favoriser la renaissance du conflit. La société démocratique tente d’ailleurs de nos jours d’effacer en son sein toute trace de désaccord, prônant l’intérêt général et la communication. René Berthier, quant à lui, revient sur la première guerre mondiale et plus particulièrement sur le Manifeste des Seize et l’engagement de Pierre Kropotkine (biographie) en faveur de l’Union sacrée. Ce choix, ultraminoritaire dans le mouvement libertaire, a provoqué une fracture durable tout en ayant peu de retentissement sur la situation générale. Avec Kropotkine et la Grande Guerre (Editions du Monde libertaire, 280 p., 14 euros), il tente de comprendre les raisons d’un tel acte et dresse le tableau des réactions des libertaires, de la CGT et des socialistes allemands et français face au conflit. La position de Kropotkine est réfléchie, il a analysé bien avant 1914 l’évolution technique de la façon de combattre, le rôle de l’industrie d’armement et le jeu des impérialismes. Sa vision se réfère (aspect générationnel) à la précédente guerre franco-prussienne et il craint, le soulèvement populaire – des deux côtés – n’ayant pas eu lieu, une dictature militaire allemande sur l’Europe. Pour l’auteur, il aurait mieux valu rédiger un manifeste dénonçant les conséquences prévisibles d’une victoire allemande, tout en appelant les prolétaires à ne pas se massacrer mutuellement et à s’unir pour construire un ordre socialiste. En 2012, Michel Perraudeau nous livrait un Anselme Bellegarrigue. Le premier des libertaires (lire recension), une biographie de ce trop méconnu « père » de l’anarcho-individualisme qui rectifiait un certain nombre d’erreurs commises à son égard et nous livrait son premier portrait connu. Avec Bellegarrigue Anselme. Textes politiques (L'Age d'homme, 193 p., 19 euros), nous pouvons parcourir ses trois principaux écrits (présentés et annotés) : « Au fait, au fait ! » et « L'Anarchie, journal de l'ordre » n° 1 et n° 2. Le citoyen doit choisir : opter pour un gouvernement quel qu’il soit ou rester un homme libre. Tout gouvernement, tout parti politique est condamnable. La loi doit préserver l’individu dans ses libertés fondamentales et la municipalité est la seule organisation capable de le faire. Méfiance envers l’homme providentiel, refus de la violence et du socialisme collectiviste, « individualisme social » sont les principales leçons de l’anarchiste gersois. Les éditions Agone ont récemment publié la somme du chercheur américain Burnett Bolloten La Guerre d’Espagne. Révolution et contre-révolution (1934-1939) (trad. de l'anglais par Etienne Dobenesque, 1 280 p., 45 euros – prix de lancement jusqu’au 31 décembre : 35 euros). Une première version de 564 pages, La Révolution espagnole. La gauche et la lutte pour le pouvoir, est parue en 1977 aux éditions Ruedo Iberico et son auteur n’a cessé de l’enrichir jusqu’à sa mort en 1987. C’est sans doute l’étude la plus complète sur la guerre civile, qui analyse entre autres la façon dont le Parti communiste espagnol, appuyé par l'URSS et la bourgeoisie républicaine, a contribué à la victoire de Franco en combattant les anarchistes et les partisans de la révolution. Autre référence, Fascisme et grand capital (608 p., 20 euros) de Daniel Guérin que Libertalia a réédité. Celui-ci est le fruit de deux voyages de l’auteur en Allemagne, en 1932 et 1933, et de ses contacts à Paris avec les premiers réfugiés antifascistes. Il souhaitait ainsi « exposer les véritables raisons de la victoire fasciste ; démasquer, sans ménagement, les défaillances des partis ouvriers vaincus, que d’autres s’obstinaient à camoufler ; convaincre le lecteur qu’on ne pouvait pas combattre le fascisme en s’accrochant à la planche pourrie de la démocratie bourgeoise, qu’il fallait donc choisir entre fascisme et socialisme… » Hélas ! lorsque l’ouvrage paraît en 1936, il est déjà trop tard. Régulièrement réédité depuis, il vient apporter un éclairage du passé pour mieux comprendre le monde d’aujourd’hui alors que le fascisme renaît en Europe sous d’autres formes.

 

RÉUNIONS-DÉBATS

Montreuil, 4 décembre. Guillaume Davranche présente son ouvrage Trop jeunes pour mourir. Ouvriers et révolutionnaires face à la guerre (1909-1914) (L'insomniaque-Libertalia) à Montreuil (93), à 19 heures, à la médiathèque Robert-Desnos, 14, boulevard Rouget-de-Lisle.

Lyon, 5 décembre. Projection de My Sweet Pepper Land (2014, 94 min), de Hiner Saleem, sur la vie d’un village kurde irakien. A la Plume noire, 8, rue Diderot, Lyon 1er. Ouverture des portes à 20 heures, projection à 20 h 30. Prix libre. Site Internet.

Paris, 5 décembre. Rencontre-débat autour d'Editocrates sous perfusion (Libertalia) avec son auteur Sébastien Fontenelle, à 19 heures, à la Librairie du Monde libertaire, 145, rue Amelot, Paris 11e (M° République, Oberkampf ou Filles-du-Calvaire). Site Internet.

Bruxelles, 6 décembre. « Quels combats contre le racisme ? », réunion-débat avec Saïd Bouamama, coauteur de Nique la France. Devoir d’insolence (ZEP), et Nicolas Pasadena d’Alternative libertaire France. A 16 heures, à l’Université libre.

Marseille, 6 décembre. « Rudolf Rocker ou la liberté par “en bas” », causerie à 17 heures avec Charles Jacquier au Centre international de recherche sur l'anarchisme (CIRA), 50, rue Consolat, Marseille 1er. Site Internet.

Nanterre, 6 décembre. « Le polar, une forme de critique sociale ? », rencontre autour du polar avec Dominique Manotti, Marin Ledun et Jean-Pierre Levaray. A 17 heure, Médiathèque Pierre-et-Marie-Curie, 5, place de l'Hôtel-de-Ville.

Paris, 6 décembre. Rencontre-débat avec Jacques Lesage de La Haye autour de son livre Psychanalyse corporelles et sociale. L'analyse reichienne (Editions Chronique sociale), à 16 h 30, à la Librairie du Monde libertaire, 145, rue Amelot, Paris 11e. Site Internet.

Perpignan, 6 décembre. Lecture autour du n° 5 d'Art & Anarchie, à 17 h 30, à la librairie Torcatis, 10, rue Mailly. Avec Alison Vieuxmaire (la kontess), Louis Arti, Julien Blaine, Sébastien Lespinasse, Didier Manyach. Site Internet.

Saint-Denis, 7 décembre. A 15 heures, les « Dimanches de la Dionyversité » vous proposent une conférence-débat de Laurent Bihl : « Utopies, syndicalisme et contestation sociale aux Etats-Unis avant la seconde guerre mondiale ». Rendez-vous au Musée d'art et d'histoire, 22 bis, rue Gabriel-Péri (M° Porte-de-Paris). Entrée libre et gratuite. Site Internet.

Bordeaux, 8 décembre. Présentation de Trop jeunes pour mourir (L'insomniaque-Libertalia) à 20 heures, Athénée libertaire, 7, rue du Muguet. Site Internet.

Montpellier, 9 au 13 décembre. De 14 à 19 heures, exposition « Espagne 1936 libertaire », coorganisée avec la fondation Anselmo-Lorenzo et des camarades de la CNT-AIT, au centre Ascaso-Durruti, 6, rue Henri-René. Le vendredi, à partir de 18 h 30, présentation de l'exposition, puis « fallait pas » (repas et apéritif partagé). Site Internet.

Bagnolet, 10 décembre. Projection et goûter à partager pour les enfants du quartier et d'ailleurs : Le Gruffalo et Le Petit Gruffalo (25 min et 27 min). A 15 h 30 précises, au Rémouleur, 106, rue Victor-Hugo (M° Robespierre ou Gallieni). Infos complémentaires.

Nantes, 10 décembre. Dédicace de l’Almanach du saumon 2015 et du roman Les Zanars (Editions du Petit Véhicule), de Christian Bulting, au café L’Ivresse, 9, rue de l’Hôtel-de-Ville, à partir de 18 heures et jusqu’à 20 heures.

Toulouse, 10 décembre. Rencontre avec Guillaume Davranche, auteur de Trop jeunes pour mourir (L'insomniaque-Libertalia), de 18 à 19 heures, librairie Terra Nova, 18, rue Gambetta. Site Internet. Et, à 20 h 30, rencontre-débat au Bijou, 123, avenue de Muret, sur le même thème.

Montpellier, 11 décembre. Présentation de Trop jeunes pour mourir (L'insomniaque-Libertalia) par Guillaume Davranche, à 19 heures, à la librairie Scrupules, 26, rue du Faubourg-Figuerolles.

Saint-Imier (Suisse), 11 décembre. Rencontre-débat à 20 h 30 avec Gaetano Manfredonia, auteur d'Histoire mondiale de l'anarchie (Textuel), à l'Espace noir, 29, rue Francillon. Site Internet.

Besançon, 12 décembre. Gaetano Manfredonia présente Histoire mondiale de l’anarchie (Textuel) à la librairie L'Autodidacte, 5, rue Marulaz, à partir de 20 h 30. Entrée libre. Site Internet.

Marseille, 12 décembre. Causerie à 19 heures avec Guillaume Davranche, à propos de son ouvrage Trop jeunes pour mourir. Ouvriers et révolutionnaires face à la guerre (1909-1914) (L’Insomniaque-Libertalia), au Centre international de recherche sur l’anarchisme (CIRA), 50, rue Consolat, Marseille 1er. Site Internet.

Paris, 12 décembre. Projection à 19 h 30 de La Grève des mères (2010, 22 min, VOST), film documentaire polonais relatant une lutte de femmes dans une « zone économique spéciale », suivie d'une discussion : antisexisme, lutte des classes, ces combats sont-ils forcément complémentaires ?  Librairie du Monde libertaire, 145, rue Amelot, Paris 11e.

Toulouse, 12 décembre. Alice Gaillard discutera à 19 heures des Diggers, révolution et contre-culture à San Francisco (1966-1968) (L’Echappée) à la librairie Terra Nova, 18, rue Gambetta. Site Internet.

Grenoble, 13 décembre. Rencontre avec Guillaume Davranche à propos de Trop jeunes pour mourir (L’insomniaque-Libertalia), à 17 h 30, à la bibliothèque Antigone, 22, rue des Violettes. Site Internet.

Paris, 13 décembre. Marché solidaire, de 14 à 22 heures, dans les locaux de la CNT, 33, rue des Vignoles, Paris 20e (M° Avron ou Buzenval) : artisanat et café zapatistes, savons et huile d'olive palestiniens, etc. Puis soirée de solidarité : échange autour des luttes au Mexique, miniprojections, discussion ouverte… Bar et buffet à prix libre.

Paris, 13 et 14 décembre. Bourse aux livres en soutien au Jargon libre, 32, rue Henri-Chevreau, Paris 20e. Le samedi, de 15 à 21 heures, et le dimanche, de 12 à 21 heures. La bibliothèque de consultation (livres sur le mouvement ouvrier et révolutionnaire, l’anarchie, le marxisme, le surréalisme, le situationnisme, l’éducation, le féminisme, la prison, les luttes…) est ouverte du lundi au samedi, de 15 à 20 heures.

Paris, 13 décembre. A 16 h 30, rencontre-débat « Crises, analyses libertaires, comprendre pour lutter » avec des membres de la Coordination des groupes anarchistes (CGA), autour de la publication d’une brochure sur ce sujet. Librairie du Monde libertaire, 145, rue Amelot, Paris 11e.

Port-sur-Saône (70), 13 décembre. Rencontre-débat à 20 h 30 avec Gaetano Manfredonia, auteur d’Histoire mondiale de l’anarchie (Textuel), à la Cité du Bon Secours, rue de l'Eglise. Entrée libre.

Dijon, 15 décembre. Présentation de Trop jeunes pour mourir (L’insomniaque-Libertalia) par Guillaume Davranche, à 19 heures, au Black Market, 59, rue Berbisey.

Bordeaux, 16 décembre. Débat avec François Graner, auteur de l’ouvrage Le Sabre et la Machette (Tribord), sur le rôle de l'armée française dans le génocide des Tutsis au Rwanda. A 20 heures, à l’Athénée libertaire, 7, rue du Muguet. Site Internet.

Saint-Denis, 16 décembre. Dans le cadre des « Conférences de la Dyonyversité », organisées par l'Université populaire et le groupe Henry-Poulaille (FA) : « Alimentation, agriculture et liberté », à partir de 19 h 30, conférence-débat avec des militants du groupe Le Ferment (29). Bourse du travail, 9/11, rue Genin (M° Porte-de-Paris).

Paris, 17 décembre. Rencontre-débat « Alimentation, agriculture et liberté » avec Sylvia Perez Vitoria (économiste et sociologue) et deux paysans du groupe Le Ferment (FA). A 19 h 30, Librairie du Monde libertaire, 145, rue Amelot, Paris 11e. Site Internet.

Bagnolet, 18 décembre. A partir de 19 h 30, soirée sur les luttes au Chili : projection d’extraits de documentaires sur le mouvement étudiant de 2011 (60 min, VOSTFR), suivie d’une discussion… Au Rémouleur, 106, rue Victor-Hugo (M° Robespierre ou Gallieni). Infos complémentaires.

Paris, 19 décembre. Dédicace à partir de 19 heures de la BD Capitaine Anarchy (site Internet) à la Librairie du Monde libertaire, 145, rue Amelot, Paris 11e.

Paris, 20 décembre. A 15 heures, rencontre-signature avec Claire Cantais et Delphine  Beauvois, auteures des ouvrages On n’est pas des poupées et On n’est pas des superhéros (La Ville brûle), à la librairie Quilombo, 23, rue Voltaire, Paris 11e (M° Rue-des-Boulets). Site Internet.

Paris, 20 décembre. « Résistances en musique et au cinéma » en présence de Jean Rochard, pour l’album Chroniques de résistance (Nato) de Tony Hymas, et Michèle Rollin pour le film Femmes de bonne volonté (2e partie). A 16 h 30, à la Librairie du Monde libertaire, 145, rue Amelot, Paris 11e.

Bagnolet, 27 décembre. Suite du cycle « La guerre chez Kubrick » avec la projection de Docteur Folamour (1964, 103 min), à 18 heures, au Rémouleur, 106, rue Victor-Hugo (M° Robespierre ou Gallieni).

Lille, 27 décembre. Projection du documentaire Les Eclats (Ma gueule, ma révolte, mon nom) (2012, 84 min) de Sylvain George sur les migrants de Calais à 16 heures, à L'Insoumise (bouquinerie occupée), 10, rue d'Arras. Site Internet.

 

FOIRE AUX LIVRES, COLLOQUE,
EXPOSITION, THÉÂTRE…

Anniversaire. « Les 50 ans du Maitron », journée organisée par Claude Pennetier et Paul Boulland du Centre d'histoire sociale du XXe siècle (CNRS - Paris-I), avec le soutien des Editions de l'Atelier, le 3 décembre de 9 à 12 heures et de 14 à 17 heures. Assemblée générale de l'Association des amis du Maitron, interventions sur « La dynamique d'une œuvre » et « Les Maitron professionnels et thématiques », présentation du prochain volume (Les Fusillés de la seconde guerre mondiale), remise du prix Jean-Maitron… Programme complet et inscription. Lieu : siège du CNRS, amphithéâtre Marie-Curie, 3, rue Michel-Ange, Paris 16e. Inscription obligatoire avant le 24 novembre sur info(at)maitron.org

Anarphabète à Toulouse. L'Association pour l'art et l'expression libre (AAEL) organise la neuvième édition d'Anarphabète, rencontres autour du livre, le 6 décembre de 10 à 19 heures. Au programme : stands d'éditeurs alternatifs, débats, exposition, buvette et animations. Adresse : Le Hangar de la Cépière, 8 bis, rue de Bagnolet, 31100 Toulouse (M° Arènes) Tél. : 05-61-43-80-10 – courriel : aael-toulouse(at)sfr.fr – Site Internet.

 

DIVERS

En vrac sur le Web (décembre). Un film sur le 33, rue des Vignoles et son histoire, d'une durée de 20 minutes, a été réalisé cet été. Il est constitué de témoignages de membres de Solidarité internationale antifasciste (SIA), de la CNT espagnole en exil et de la CNT-F. On peut le visionner ici. La librairie Quilombo, située 23, rue Voltaire, Paris 11e, s’agrandit et a besoin de soutien. Créée en 2002, spécialisée dans la critique sociale, elle est gérée par une association composée de six personnes (quatre bénévoles et deux salariés) qui fonctionne en autogestion. Trop à l’étroit dans un local de 35 m2, ils souhaitent investir le local adjacent de 15 m2, ce qui permettrait entre autres d’agrandir la surface de la librairie. Des travaux importants sont donc envisagés et auront lieu au cours des premiers mois de 2015. Pour pouvoir les financer, ils ont besoin de 5 000 euros car, même si une partie des travaux est réalisée directement, il faudra acheter des matériaux et des outils, et rémunérer des professionnels pour les tâches délicates. Pour soutenir Quilombo et son projet. Les éditions Acratie (L’Essart, 86310 La Bussière) diffusent Epopée d’un tableau de Erró kidnappé pendant cinquante-deux ans (Rafael Edizioni, format : 21 x 29,7, deux fois 15 pages, français-anglais en tête-bêche, 8,30 euros port compris) de Jean-Jacques Lebel (lire un intéressant article à son sujet dans Article 11). A la fin des années 1950, le peintre islandais Erró (fiche Wikipédia) commence à peindre à Paris des grands tableaux–manifestes. Flux de Sharpeville asexuée (1959) évoque un massacre de travailleurs noirs par la police raciste d’Afrique du Sud. Présenté lors de la « Manifestation anti-procès III » de Milan (1961), le tableau est taxé d’obscénité et séquestré par la préfecture. Le même sort sera réservé au Grand Tableau antifasciste collectif (1960, voir illustration) réalisé entre autres par Enrico Baj, Erró et Jean-Jacques Lebel. Cette œuvre dénonçait la guerre et la torture en Algérie ; elle a pu sortir des caves de la préfecture en 1988. Erró n’a récupéré le tableau qu’en 2013. Témoignage d’une époque où le Vatican dictait sa loi mais où il était encore possible de réaliser une exposition collective indépendante « de toute instance étatique, au mépris de tout impératif commercial, selon un critère purement éthique ». Paraphrasant Michel Audiard, nous risquerons : « Ils osent tout et c’est à ça qu’on reconnaît les com… merciaux ! » Vous connaissez peut-être Anarchik, un personnage de bande dessinée créé par Roberto Ambrosoli dans les années 1960. Eh bien, une marque de bijouterie, située sur les Champs-Elysées à Paris, n’a pas hésité à reprendre son nom en 2013. Son logo ? Un diamant dans lequel est inséré un A de l’anarchie. Il s’agit d’anneaux en silicone sur lesquels une pierre précieuse est sertie (les prix varient entre 120 et 300 euros). Ceux-ci s’adressent aux « rebelles endormies », aux « révoltées de la rentrée » et autres « anarchiques chroniques », en bref à une « femme tendance, indépendante et sûre d’elle ». Les bagues offrent donc à celles qui les portent « un sentiment de rareté, de singularité et d’appartenance à une communauté de privilégiés ». Et, en plus, paraît-il, c’est écolo… On retrouve le même petit bonhomme, de façon plus logique et sans doute plus adaptée, sur les bouteilles de bière produite par Matthieu Ferré, le fils de Léo, qui a ouvert il y a trois ans une brasserie artisanale en Toscane (Italie). Quatre types de bières sont disponibles : la 70 (année de naissance de Mathieu Ferré), la 16 (année de naissance de Léo Ferré), la 68 (comme Mai 68) et la 27 (date de l’exécution de Sacco et Vanzetti). La Birrificio Math sur Internet. Histoire mondiale de l’anarchisme (Textuel-Arte), après le livre sorti en septembre, un film est en tournage. Ce documentaire (deux fois 52 min), intitulé Ni Dieu, ni maître, histoire de l’anarchisme, est réalisé par Patrick Barbéris et Tancrède Ramonet. Coproduit par Temps noirs et Arte France, il devrait être diffusé sur la chaîne franco-allemande au début de l’année 2015. En parcourant le résumé, on peut craindre le pire : « Depuis les sociétés primitives jusqu’aux Black Blocs et au regain terroriste européen d’aujourd’hui (sic) en passant par la création de la Première Internationale, la révolution mexicaine, la Makhnovtchina, la révolution espagnole, les mouvements illégalistes d’action directe, les utopies réalisées et les expériences avortées, Ni Dieu ni maître raconte l’histoire méconnue du mouvement anarchiste et libertaire et de ses grandes figures. Une histoire dans laquelle les plus nobles intentions ont parfois mené aux plus basses œuvres. » Espérons tout de même que le film s’inspirera du livre ! Sur La Feuille Charbinoise, un blog où il fait toujours bon se promener pour glaner informations, leçons de vie, et se laver le cerveau du ronron médiatique, on trouve un beau portrait de Marietta (« Etta ») Federn (1883-1951), écrivaine, éducatrice, militante féministe et anarchiste, résistante… qui a mené son combat pour la liberté en Allemagne, Espagne, France. Son auteur remédie ainsi à notre ignorance car rien n’existait en langue française à son sujet : « Notre pays a parfois la mémoire courte et l’a rangée dans le classeur des “oubliés”, bien que l’un de ses fils, Hans, soit “mort pour la France” comme on dit, en combattant dans les rangs de la Résistance. » Le nouveau site de la Fédération anarchiste (FA) est en fonction depuis peu. Vous y apprendrez tout sur son organisation, ses pratiques et son projet de société. Avec du matériel de propagande et des vidéos, des articles sur l’origine du journal, des motions de congrès, la liste des groupes… C’est également un portail vers les sites du Monde libertaire, de Radio-Libertaire, de l’International des fédérations anarchistes (IFA), des Editions du Monde libertaire. On y trouve en « une » des communiqués, des informations concernant l’hebdo et des billets de groupe de la FA. Une présentation sobre et classique, une bonne lisibilité des textes, des illustrations agréables. Bravo ! Les éditions de La Pigne lance une souscription pour rééditer… Souscription pour l'édification d’un monument au Policier inconnu de Maurice Rajsfus. Ce pamphlet paru pour la première fois en 1999 aux éditions L’Esprit frappeur dénonce avec drôlerie et cynisme les brutalités policières, les abus quotidiens commis au nom de l’« ordre » public. L’ouvrage, augmenté et enrichi (80 pages), devrait paraître en juin 2015 et sera vendu 8 euros (plus 2 euros de frais de port) à sa sortie. La Pigne vous propose de l’acquérir pour la somme de 7 euros, sans frais de port (bon de souscription à télécharger). Prenant en compte la tentative d'auto-organisation réalisée sous forme d'assemblées populaires, de représentation de toutes les minorités, de conseils de jeunes et de femmes, des militants libertaires et antiautoritaires ont créé le blog Anarchistes solidaires du Rojava pour soutenir le peuple kurde de Syrie. Cette expérience est en effet menacée par les forces obscurantistes de l'Etat islamique ainsi que par la Turquie qui ne souhaite pas de zone kurde autonome à ses frontières. Mais elle se déroule sous la tutelle du Parti de l'union démocratique (PYD), affilié au Parti des travailleurs du Kurdistan (PKK). Cette situation de double pouvoir est d’ailleurs analysée par Cem Akbalik, socialiste libertaire kurde (entretien).

 

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