Décembre 2012

PUBLICATIONS

En septembre, nous nous étions moqués de la collection « Les rebelles », très socialisante, lancée par Le Monde pour célébrer les « grandes voix de l'insoumission », « ceux qui ont dit non ! » (lire). Il est temps, après avoir parcouru Les Anarchistes. Ni Dieu ni maître ! (Le Monde, boutique, 221 p., 5,90 euros) de rendre justice à cette anthologie présentée par Sylvain Boulouque. Les grands anciens sont bien sûr au rendez-vous (Proudhon, Bakounine, Kropotkine, Reclus, Libertad…), ainsi que des écrivains ou poètes (Mirbeau, Camus, Armand Robin, Brassens, Ferré…). Si des littérateurs manquent à l'appel (se référer pour cela aux Briseurs de formules de Caroline Granier), notons qu'il est difficile d'être exhaustif en si peu de pages. On peut aussi regretter l'absence de penseurs plus contemporains (Daniel Guérin, Jacques Ellul, Murray Bookchin…) ou actuels mais, ne faisant pas l'unanimité (fort heureusement !), c'était prendre le risque de s'enliser dans les sables mouvants de la polémique. Quoi qu'il en soit, il faut saluer le travail de celui qui a choisi ces textes reflétant bien la diversité de la pensée libertaire, les a agréablement présentés et commentés, faisant de ce recueil un vade-mecum peu onéreux à offir à toute personne s'interrogeant sur l'anarchisme. Comment la littérature qui s'adresse aux jeunes rend-elle compte de l'existence des immigrés et des difficultés de ceux en situation irrégulière ? Lire les sans-papiers. Littérature jeunesse et engagement (Editions CNT-RP, coll. N'autre école, 190 p., 10 euros), de Claire Hugon, y répond amplement avec un souci de clarté et de précision, fournissant une riche bibliographie avec résumé des ouvrages. Les enfants et les ados, plus que tous autres, peuvent être confrontés à l'arrestation, à l'enfermement ou à l'expulsion d'un(e) camarade. L'auteure décrit d'abord les caractéristiques de son sujet d'étude (spécificités de cette littérature, de la population migrante et de la politique migratoire de la France) avant de s'intéresser aux objectifs des écrivains : informer, dénoncer et proposer, remarquant qu'il est assez rare que le système politique soit remis en cause et une alternative proposée. Elle s'attaque ensuite à la problématique de l'engagement et à son sens pour les différents acteurs (éditeurs, auteurs, lecteurs). Un formidable guide pour les enseignants et les parents, qui pourra aussi passionner tous ceux qui se sentent concernés. Ne sommes-nous pas tous des immigrés de la première, deuxième ou énième génération ? Avec Le Ventre est encore fécond (Libertalia, 155 p., 7 euros), le journaliste Dominique Vidal nous livre une très instructive étude sur « les nouvelles extrême droite européennes », sujet qu'il maîtrise parfaitement. Distinguant les « trois familles » (fascistes nostalgiques, « ovnis politiques », partis antisystème en quête de respectabilité), il constate que l'antisémitisme traditionnel tend à disparaître (sauf à l'Est) au profit de l'islamophobie (le musulman est le nouveau bouc émissaire) et tente d'expliquer le vote populaire et ouvrier en faveur de l'extrême droite par la crise économique, la « mise en flottement » des identités traditionnelles et l'évolution du rapport à la nation (suite à la mondialisation). Après avoir traité des particularités de l'Europe centrale et orientale, Vidal conclut sur les similitudes et les différences entre notre époque et les années 1920-1930. Qu'on partage ou non son analyse (sur l'islamophobie et le vote ouvrier, entre autres), on ne peut nier son aspect documenté et argumenté qui en fait une très bonne base de débat. C'est ce qui manque à l'ouvrage de Justhom, Un brûlot sous l'éteignoir (Les Editions libertaires, 64 p., 5 euros). Le sous-titre, « De la tendance des pouvoirs politiques à mettre en veilleuse le mouvement associatif », nous laissait espérer une démonstration étayée, avec des données chiffrées, alors qu'il s'agit d'un simple libelle, intéressant certes mais un peu décevant. Après un historique du mouvement associatif où il montre bien que ses relations avec le pouvoir (quel qu'il soit) est une valse « entre amours et désamours », l'auteur aborde, à l'orée du XXe siècle, son développement pour remédier aux défaillances de l'Etat qui, progressivement, va le contrôler puis lui déléguer un certain nombre de fonctions (mutualité, économie sociale). Et il y a fort à parier que ce jeu de soumission-répulsion dure encore longtemps, faisant certainement tout l'intérêt de ce secteur. Il est toujours difficile de chroniquer une revue (site) comme Art & Anarchie (Editions K'A, 235 p., 20 euros) et ce troisième numéro n'échappe pas à la règle. La diversité des moyens d'expression, leur entrelacement, la variété des sujets abordés l'expliquent. Une maquette sobre et aérée met parfaitement en valeur les contributions. La première d'entre elles concerne le peintre Nato, « libertaire et libertin », adepte du happening et de l'« obscénité critique » (son site vaut le détour, en particulier pour son « tournis textuel »). Puis s'enchaînent les « poésies visuelles » de Joël Frémiot, les hommages au chanteur Allain Leprest et au dessinateur Helios Gómez, « poète, gitan et anarchiste », les réalisations de Rémy Pénard sur l'usine et le travail, les œuvres de Serse Luigetti, des TRACT'eurs, de Fernando Aguiar… Sans oublier les textes sur le graveur Louis Moreau, sur Léo Campion (« Le trublion anarchiste, qui a réussi sa vie ! »), celui de Pietro Ferrua à propos du compositeur américain John Cage, l'évocation de Léo Ferré et de Jean Vodaine par Louis Arti, André Robèr se souvenant de Jean Dassonval, et bien d'autres choses encore. Les Editions du Sextant poursuivent leur publication des écrits de Voltairine de Cleyre (1866-1912, biographie), après Le Mariage est une mauvaise action et De l'action directe (lire recensions, voici Anarchisme et traditions américaines (introduction de Chris Crass, traduction d'Yves Coleman, 60 p., 7 euros). Dans ce texte, copieusement et judicieusement annoté, elle met en parallèle les idéaux de la révolution américaine et ceux de l'anarchisme, constatant combien les premiers ont décliné, principalement sous l'influence du commerce puis de l'industrie. Et appelle de ses vœux un retour à la terre, la création de communautés à échelle humaine vivant en autosubsistance, solidaires les unes des autres, sans armée. Même si l'on ne goûte pas le côté insurrectionniste, avant-gardiste et militarisme d'Auguste Blanqui (1805-1881), on appréciera son pamphlet Qui fait la soupe doit la manger (suivi d'un extrait d'« Instructions pour une prise d'armes », Editions d'ores et déjà, Paris, 48 p., 4 euros) où l'on peut lire : « La nation s'appauvrit de la perte d'un travailleur ; elle s'enrichit de celle d'un oisif. La mort d'un riche est un bienfait. » Qui oserait écrire cela à notre époque ? Alors que les médias nous enseignent que l'exil d'un riche en Belgique est regrettable et que Mme Bettencourt est tout, sauf une oisive… De tout temps, l'humanité a rêvé d'un monde meilleur, non pas aux cieux mais sur terre… ou sur mer, si on se réfère à la dimension politique de la piraterie (analysée entre autres par Marcus Rediker dans Pirates de tous les pays et dans Les Forçats de la mer, publiés en français par Libertalia). La même maison d'édition présente Libertalia, une utopie pirate (illustrations de Tôma Sickart, postface de Marcus Rediker, 142 p., 8 euros.), de Daniel Defoe, qui relate les aventures au XVIIIe siècle du capitaine Misson et la fondation d'une colonie à Madagascar. Cette république, où la propriété est abolie et les ressources mises en commun, repose sur une organisation sociale certes hiérarchisée mais avec contrôle des mandatés et assemblées générales (hydrarchie), prônant l'égalité (classe, sexe, race, nationalité), le refus de l'esclavage, de l'Eglise (sans remettre en cause Dieu) et la rotation des tâches de responsabilité. C'est aussi l'occasion d'apprendre l'existence de nombreux Noirs (anciens esclaves) sur les navires pirates ; ce qui n'est guère apparent dans les films de genre plus attirés par le romantisme que par la lutte des classes et de libération. Parmi les rééditions, signalons La Fédération jurassienne (Entremonde, coll. La rupture, 144 p., 12 euros), de Marianne Enckell, qui s'intéresse à l'Association internationale des travailleurs (1864-1872) et plus particulèrement aux conflits dans la fédération suisse romande entre partisans de Bakounine et de Marx qui vont préfigurer la scission au sein de l'Internationale, donnant naissance à Saint-Imier (Jura suisse) à un courant antiautoritaire, berceau de l'anarchisme. Les éditions Mille et une nuits ont rassemblé dans Ce que nous voulons et autres textes anarchistes (La petite collection, 80 pages, 3,50 euros) quatre brochures de vulgarisation écrites par Jean Grave (1854-1939, biographie) : analyse de la mutation industrielle (« Le machinisme »), condamnation du pillage colonial (« La colonisation »), importance de l'éducation et de l'évolution individuelle (« La panacée-révolution ») et objectifs des anarchistes (« Ce que nous voulons »). Les adeptes de la lecture numérique retrouveront ces mêmes textes, dans leur version originale, sur Gallica.

 

Du côté des BD. Plusieurs albums ont récemment attiré notre attention pour les thèmes traités. Et tout d'abord Thoreau. La vie sublime (Editions du Lombard, 88 p., 20,50 euros), de Maximilien Leroy (scénario) et A. Dan (dessin), sur le philosophe et poète américain (1817-1862), naturaliste et libertaire, père pour certains de la désobéissance civile et de l'objection de croissance. On le retrouve en 1845 bâtissant une cabane dans la forêt, souhaitant vivre en autonomie pour se dissocier d'une société dont il condamne les pratiques esclavagistes et la soif de profit. Sa vie et ses combats sont relatés, l'aspect contemplatif des dessins et du personnage n'excluant pas un engagement qui admet la violence et la résistance armée pour défendre une cause. Le scénariste évite ainsi de donner à son héros un rendu trop lisse et simplificateur. Maximilien Leroy est aussi l'auteur d'une vidéo, Sur la route de Thoreau, et, en tant que dessinateur, a commis en 2010 un album sur Nietzsche (scénario de Michel Onfray, Editions du Lombard, 126 p., 20 euros). Le succès public fut au rendez-vous, ainsi que la critique médiatique acerbe (effet Onfray garanti). Ce qui n'oblitère pas la qualité du travail de Leroy. Si l'on apprécie Nietzsche et le philosophe caennais, le mieux est de s'y risquer. On peut aussi préférer Max Stirner et le dernier opuscule de la saga Ermo (lire recension précédente) qui conte le voyage d'un jeune garçon avec un cirque lors de la guerre d'Espagne. Bruno Loth, son auteur, propose de souscrire au tome 6 (Mort à Madrid, Libre d'images, 56 p., 16 euros port compris, parution courant décembre) sur son site. Le Monde libertaire n° 1688 lui a consacré un article dont est extrait cette planche. On découvrira aussi l'histoire de son père, Jacques, à travers les albums Apprenti (2010) et sa suite, Ouvrier (2012). Ce n'est pas une BD mais les illustrations et le graphisme priment dans l'ouvrage Dieudonné. Des « Assiettes » aux « Durs »… (préf. de Jean-Louis Pelletier, CCIP-Gobelins, 36 p., 8 euros, en vente exclusivement à la librairie du Monde libertaire) que Franck Sénateur et Jacky Giraudo ont réalisé sur l'ouvrier ébéniste condamné à mort, puis aux travaux forcés (les « durs ») à perpétuité, dans le cadre de l'affaire de la « bande à Bonnot ». Son seul crime : être anarchiste et avoir hébergé Jules Bonnot. Les assises (« assiettes ») le conduiront au bagne dont il s'évadera après quinze ans de captivité. Une campagne de presse lancée par le journaliste Albert Londres obtiendra finalement sa grâce et il pourra regagner la France. L'un écrira L'Homme qui s'évada et le second La Vie des forçats (réédité en 2007 par Libertalia). C'est une lettre de Dieudonné au Dr Moinet et une opportunité – faire réaliser l'ouvrage par une classe de BTS – qui ont réuni Sénateur, spécialiste du bagne et professeur aux Gobelins, et Giraudo, bouquiniste du « fait divers ». Ils nous livrent ainsi des documents totalement inédits ou rarement publiés. Le journal L'Union-L'Ardennais nous apprend que la colonie libertaire L'Essai (1903-1909), constituée à l'initiative de Fortuné Henry (biographie), pourrait faire l'objet d'un album (sortie prévue en 2014 chez Dargaud) conçu par l'auteur et illustrateur Nicolas Debon qui effectuait des repérages début novembre. Sur le sujet, on peut lire l'intéressant texte que lui consacre le site de la municipalité d'Aiglemont et se référer aux reproductions de cartes postales la concernant sur Cartoliste.

 

RÉUNIONS-DÉBATS

Bordeaux, 1er décembre. Réunion-débat avec Jxto Estebaranz, auteur de Guerre à l'Etat. Luttes autonomes et expériences alternatives au Pays basque (1982-1992), à 17 heures, Athenée libertaire, 7, rue du Muguet.

Limoges, 1er décembre. Conférence-débat avec Hugues Lenoir, auteur de livres sur l'éducation libertaire : « Ni Dieu, ni maître d'école ». A 15 heures, auditorium de la BFM, 2, place Aimé-Césaire. Organisée par le Centre international de recherches sur l'anarchisme (CIRA) limousin, avec le soutien du groupe libertaire Le cri du peuple. Contact : cira.limousin(at)free.fr

Lyon, 1er décembre. Le Cedrats et la librairie La Gryffe ont programmé un « Atelier de réflexion et d'échanges 2012-2013 », série de rencontres concernant le syndicalisme qui se tiendront le samedi de chaque mois, à 15 heures, alternativement dans les locaux des deux structures. Ce mois-ci, « Le renouveau syndical (1960-1970) », coordonné et présenté par Christian Corouge à la librairie La Gryffe, 5, rue Sébastien Gryphe, Lyon 7e. Tél. : 04-78-61-02-25 - site Internet.

Paris, 2 décembre. Soirée de soutien aux éditions Libertalia à partir de 17 heures. Au CICP, 21 ter, rue Voltaire, Paris 11e. Projection, débat et, pour finir, vers 22 heures, musique : Thierry Cockrane and The Schlockmeisters, The Angry Cats, puis Jim Purple Memoriam. PAF : 5 euros. Pas d'animaux, SVP.

Paris, 2 décembre. Rencontre des anarchistes étrangers, à partir de 20 heures, au bar-restaurant Maldoror (10, rue du Grand-Prieuré, Paris 11e [M° Oberkampf]). Lire info sur la première réunion. Contact : soziale_revolution(at)yahoo.de

Saint-Denis, 2 décembre. De 15 heures à 17 heures, « Dimanches au musée » avec la Dionyversité : Laurent Bihl abordera, images à l'appui, « La société française à travers son cinéma (1955-1985) ». Rendez-vous au musée d'art et d'histoire de Saint-Denis, 22 bis, rue Gabriel-Péri (M° Porte-de-Paris ou RER D). Entrée libre. Site Internet.

Saint-Denis, décembre. Les cours de la Dionyversité ont lieu de 19 heures à 21 heures à la Bourse du travail, 9, rue Génin (métro ligne 13, station Porte-de-Paris). Cycle « La bande dessinée à l'assaut du réel » : le 4, « Le reportage BD : l'exemple de “Dosta !” », avec Damien Roudeau ; le 11, « Ils se servent comme des porcs ! On se défend comme on peut », avec Münin ; le 18, « Dans l'ombre de Charonne », avec Désirée et Alain Frappier. Site Internet.

Grenoble, 3 décembre. Conférence sur le Parti socialiste face à la « Françafrique », hier et aujourd'hui, avec Samuel Foutoyet, auteur de Nicolas Sarkozy ou la Françafrique décomplexée (Tribord). A 20 heures, Maison des associations (6, rue Berthe-de-Boissieux, quartier Caserne-de-Bonne).

Paris, 5 décembre. Mathieu Rigouste présentera son dernier ouvrage, La Domination policière. Une violence industrielle (La Fabrique), à 19 h 30, au Lieu-dit, 6, rue Sorbier, Paris 20e (M° Ménilmontant ou Gambetta).

Paris, 6 décembre. « Il y a vingt-six ans, Malik Oussekine », débat sur les crimes racistes et sécuritaires, à partir de 18 h 30, en présence de Mogniss H. Abdallah (Rengainez, on arrive !, Libertalia), Maurice Rajsfus (Je n'aime pas la police de mon pays, Libertalia) et Mathieu Rigouste (La Domination policière, une violence industrielle, La Fabrique). Suivi d'un concert avec le groupe Première Ligne. Au CICP, 21, ter rue Voltaire, Paris 11e (M° Rue-des-Boulets ou Nation).

Paris, 6 décembre. Vernissage, à partir de 19 heures, de l'« exposition sur le fil » d'œuvres de l'atelier de graphisme Formes vives qui se tiendra du 10 novembre au 30 janvier à la librairie Quilombo, 23, rue Voltaire, Paris 11e (ouverte du mardi au samedi, de 13 heures à 20 heures).

Montpellier, 6 décembre. A propos de la réédition du catalogue La Résistance des signes. Peintres aborigènes d'Australie (Indigène éditions), présentation de l'ouvrage par Sylvie Crossman et Jean-Pierre Barou. A 20 h 30, au Centre Ascaso-Durruti, 6, rue Henri-René. Site Internet.

Montbéliard, 7 décembre. Conférence-débat, à 18 heures, avec Maurice Rajsfus, historien-militant et cofondateur du site Que fait la police ? : « Violences policières = armes sophistiquées et impunité ». Salle 3 des Hexagones (quartier de la Petite-Hollande). Entrée libre et gratuite.

Paris, 7 décembre. Soirée vidéo de la librairie du Monde libertaire, à 19 h 30, avec la projection de Grands Soirs et petits matins (90 min, 1978), un film documentaire de William Klein sur Mai 68 au Quartier latin. La projection sera suivie d'une discussion. Au 145, rue Amelot, Paris 11e. Site Internet.

Rouen, 7 décembre. A 20 h 30, « Débat du café libertaire » : le point sur les luttes sociales (Maladrerie, Petroplus…) à la librairie L'Insoumise, 128, rue Saint-Hilaire.

Paris, 8 décembre. Rencontre-débat à 16 h 30 autour du premier livre des éditions Albache : Les Derniers Forçats, d'Henry Marty et Philippe Martinez, carnets de deux bagnards du XXe siècle. Entrée libre. Librairie du Monde libertaire, 145, rue Amelot, Paris 11e (M° République, Oberkampf ou Filles-du-Calvaire).

Bagnolet, 12 décembre. Projection de Traître sur commande (VO, 120 min, 1969) de Martin Ritt. Un film d'histoire, de lutte et de trahison où les exploités refusent leur statut de victime. A 19 h 30, au Rémouleur, 106, rue Victor-Hugo (M° Robespierre ou Gallieni). Pour s'inscrire à la lettre d'info.

Bagnolet, 13 décembre. A 19 h 30, discussion autour du livre La Mémoire et l'oubli (à télécharger, PDF 311 ko) de Roberto Silvi, dans la continuité des discussions sur les luttes en Italie dans les années 1970. Au Rémouleur, 106, rue Victor-Hugo (M° Robespierre ou Gallieni).

Paris, 13 décembre. Dominique Vidal présentera son nouveau livre, Le Ventre est encore fécond. Les nouvelles extrêmes droites européennes (Libertalia), à 19 heures, au Lieu-dit, 6, rue Sorbier, Paris 20e (M° Ménilmontant ou Gambetta).

Paris, 13 décembre. Rencontre-débat à 19 heures avec Bernard Friot : « Remise en cause du système salarial et propositions alternatives », organisée par le groupe Louise-Michel (FA). Au local La Rue, 10, rue Robert-Planquette (M°Blanche ou Abbesses). Entrée libre et gratuite.

Besançon, 14 décembre. Café-polar avec Frédéric Bertin-Denis, auteur de ¡ Viva la Muerte ! (Kyklos), à 20 heures, à la librairie L'Autodidacte, 5, rue Marulaz. Entrée libre. Site Internet.

Paris, 14 décembre. Soirée vidéo à la librairie du Monde libertaire, à 19 h 30, avec l'émission « Blues en liberté » (Radio-Libertaire) et la projection d'un film sur un concert de Muddy Waters au Checkerboard Lounge, à Chicago. Il y a aussi Buddy Guy, Junior Wells et d'autres. Puis discussion. Au 145, rue Amelot, Paris 11e. Site Internet.

Montpellier, 14 décembre. Projection-débat, à 20 h 30, de trois courts-métrages sur les rues de Kaboul, avec Youssef Charifi, monteur, producteur et membre de l'équipe pédagogique de l'Atelier Varan. Au Centre Ascaso-Durruti, 6, rue Henri-René. Site Internet.

Toulouse, 14 décembre. A partir de 18 heures, « L'anarchie, utopie ou nécessité ? », soirée organisée par le groupe Libertad de la Fédération anarchiste. Apéro, repas et discussion autour du thème « Anarchisme et autogestion dans les luttes sociales : actualité, enjeux et perspectives ». A la Chapelle, 36, rue Danielle-Casanova (M° Compans-Caffarelli).

Paris, 15 décembre. Conférence-débat « Actualité du syndicalisme révolutionnaire », à 15 heures, à l'Ageca, 177, rue de Charonne (M° Alexandre-Dumas), Paris 11e. Des militant(e)s animeront ce meeting, présenteront leur expérience et les perspectives de l'action syndicale actuelle. Organisé par les Comités syndicalistes révolutionnaires.

Paris, 15 décembre. Présentation par Federico Ferretti de son livre Elisée Reclus. Lettres de prison et d'exil (A la frontière), à 15 heures, au petit amphi de l'Institut de géographie, 191, rue Saint-Jacques, Paris 5e (M° Luxembourg ou Place-Monge). Site Internet.

Paris, 15 décembre. A la Bibliothèque des littératures policières (Bilipo), 48, rue du Cardinal-Lemoine, Paris 5e, à 15 heures, la guerre d'Algérie dans le roman noir avec Didier Daeninckx, François Muratet, Francis Zamponi, Dominique Manotti… Site Internet.

Bagnolet, 16 décembre. A partir de 18 h 30, apéro-projection du film documentaire Tempête dans un McDo (51 min, 2004) de Rossalinda Scalzone et Nathalie Boisson (2005), à propos de la sortie en français de la BD A bas les restaurants. Une critique d'un travailleur de l'industrie de la restauration (à télécharger sur Infokiosque.net). Au Rémouleur, 106, rue Victor-Hugo (M° Robespierre ou Gallieni).

Paris, 16 décembre. Projection des Nouveaux Chiens de garde (104 min, 2011), de Yannick Kergoat et Gilles Balbastre, et débat avec Alain Geneste, membre d'Acrimed et d'Attac. A 16 heures, au bar-restaurant Le Lieu-dit, 6, rue Sorbier, Paris 20e. Site Internet.

Bagnolet, 18 décembre. Projection du documentaire Les Contis (52 min, 2011) de Jérôme Palteau, suivi d'une discussion. A 19 heures, au Rémouleur, 106, rue Victor-Hugo (M° Robespierre ou Gallieni). Pour s'inscrire à la lettre d'info.

Paris, 19 décembre. Projection des Nouveaux Chiens de garde (104 min, 2011), puis débat avec un membre d'Acrimed sur l'état des lieux d'une presse volontiers oublieuse des valeurs de pluralisme, d'indépendance et d'objectivité qu'elle prétend incarner… Suivi d'un buffet partagé, garni par les participants. A 20 heures, café associatif La Commune, 3, rue d'Aligre, Paris 12e. Site Internet.

Poitiers, 19 décembre. A 20 h 30, « Contre la domination capitaliste et étatique », avec conférence introductive et débat sur « Quel anticapitalisme aujourd'hui ? ». Infos complémentaires. Soirée proposée par le groupe Pavillon noir (Fédération anarchiste 86). Au bar Le Plan B, 30/32, boulevard du Grand-Cerf.

Bagnolet, 20 décembre. Permanence « Résister à la psychiatrie », avec la projection de Family Life (108 min, 1971) de Ken Loach, suivie d'une discussion libre. A 19 heures, au Rémouleur, 106, rue Victor-Hugo (M° Robespierre ou Gallieni).

Paris, 20 décembre. Projection, à partir de 18 heures, de La Cécilia (113 min, 1975), de Jean-Louis Comolli, qui relate l'histoire d'une communauté anarchiste au Brésil dans les années 1890. Puis débat sur le thème des milieux libres et des communautés anarchistes, suivi d'une « auberge espagnole ». Local de SUD Education (code porte : A3078), 30 bis, rue des Boulets, Paris 11e (M° Rue-des-Boulets).

Paris, 21 décembre. Dans le cadre des soirées lecture de la librairie du Monde libertaire, Alice, institutrice, viendra discuter avec vous du livre Apprendre avec les pédagogies coopératives (ESF éditeur), de Sylvain Connac. A partir de 19 h 30, au 145, rue Amelot, Paris 11e. Site Internet.

Lille, 26 décembre. Projection à 20 heures du documentaire Vivir la utopia (95 min, 1997), de Juan Gamero, retraçant le parcours d'anarchistes et de membres de la CNT avant et pendant la guerre d'Espagne. Suivie d'un débat. A L'Insoumise (bouquinerie occupée), 10, rue d'Arras (M° Porte-de-Douai).

 

FOIRE AUX LIVRES, COLLOQUE,
EXPOSITION, THÉÂTRE…

Autrement, autres mots. La 4e édition du festival du livre Autrement, autres mots aura lieu les 1er et 2 décembre au Hangar, rue de la Forêt, à Chalette-sur-Loing (Loiret), de 10 heures à 20 heures le samedi et de 10 heures à 18 heures le dimanche (entrée libre et gratuite). Il est organisé par un réseau d'associations du Montargois et du Gâtinais engagées au plan social, culturel, médiatique et solidaire. Au programme : stands de livres, espaces libraires, éditeurs et enfants, plusieurs expositions (sur la guerre d'Algérie, la répression des communards, Amnesty International, un voyage photographique en Palestine…), concours de nouvelles sur l'Algérie, restauration bio et équitable, en présence de nombreux auteurs qui viendront présenter leur derniers ouvrages. Plus d'infos sur le site du festival.

Pour un autre futur. La CNT Moselle (tél. : 03-54-44-59-78) organise du 5 au 8 décembre, pour la cinquième année consécutive, un festival dans divers lieux de la ville, avec projection de film (Land and Freedom, de Ken Loach), débats (« De la révolution d'hier à aujourd'hui », « Racisme, sexisme, homophobie… », « Syndicalisme et pédagogie », « Prud'hommes, représentativité anarcho-syndicaliste »), concerts (Zep, Heyoka, Bobby Six Killer, Mos Cat's, Zamalska, Major N4gwoka Crew…) et meeting (« L'alternative de la CNT… quel avenir pour le mouvement syndical ? »). Programme complet et informations pratiques.

Marché de Noël du livre. Sous la halle de la place du Marché à Montreuil-sous-Bois (93), le samedi 8 décembre, de 12 heures à 20 heures, près d'une quarantaine d'éditeurs indépendants de livres et de revues de la ville ou des communes avoisinantes, des dizaines de graphistes, des dessinateurs, des illustrateurs, des auteurs de BD et de littérature, trois librairies et plusieurs associations vous donnent rendez-vous. Liste des exposants et des auteurs invités. Des concerts seront proposés par des musiciens montreuillois, et la boulangerie bio La conquête du pain (lire info) régalera de ses pains d'épices, gâteaux, chocolat et vin chauds.

Livres à la Halle Saint-Pierre. La librairie éphémère s'installe, avec plus de six cents titres de cinquante éditeurs, à la Halle Saint-Pierre, 2, rue Ronsard, Paris 18e, du 11 décembre au 6 janvier (de 10 à 18 heures en semaine, entrée libre). Trois expositions sont prévues autour de trois ouvrages. Vous y retrouverez Ab Irato, Les Fondeurs de briques, Le Passager clandestin, Rue des cascades et bien d'autres. Vernissage le 13 décembre, de 18 à 21 heures, avec séance de dédicaces, concert-slam, lecture musicale… Informations complémentaires.

Fête du livre. Des centaines d'ouvrages d'occasion seront disponibles, à partir de 13 heures, le 22 décembre,
à la librairie L'Emancipation,
8, impasse Crozatier, Paris 12e (M° Faidherbe-Chaligny ou Gare-de-Lyon).

 

 

Expo Bonnot. Jusqu'au 30 décembre, le Musée de Nogent-sur-Marne présente une exposition intitulée « Bonnot et compagnie, la bande tragique ». C'est dans cette ville que s'est achevée l'épopée des derniers membres du groupe, Octave Garnier et René Valet, il y a cent ans, dans la nuit du 14 au 15 mai 1912. Journaux d'époque, photographies, estampes, cartes postales et reconstitution d'une scène d'interrogatoire sont au rendez-vous. Adresse : 36, bd Gallieni, 94130 Nogent-sur-Marne (tél. : 01-48-75-51-25). Site Internet.

Théâtre. Le Festival international de théâtre anarchiste de Montréal (Fitam) recherche, pour sa huitième édition qui se déroulera les 21 et 22 mai 2013, des pièces de théâtre écrites en français ou en anglais portant sur le thème de l'anarchisme ou sur tout sujet s'y rapportant, c'est-à-dire contre toute forme de pouvoir, le capitalisme, la guerre, l'aliénation, le travail salarié… Il prendra aussi en considération les textes traitant, à partir d'une perspective anarchiste, de justice écologique, sociale et économique, de race, de classe et de genre. Date limite d'inscription : 20 janvier 2013. Les troupes et personnes souhaitant y présenter leurs œuvres doivent remplir le formulaire de participation disponible en ligne. Plus d'informations sur le site du festival. Courriel : anarchistefestival(at)yahoo.ca - adresse postale : Montreal International Anarchist Theatre Festival, CP 266, succ. C, Montreal, QC H2L 4K1, Canada.

Appel à contributions. La revue Dissidences (lire ci-dessous) envisage de consacrer un prochain numéro à un « bilan des recherches sur l'anarchisme dans ses différentes dimensions : circulation internationale de ce courant, renouveau idéologique dans la dernière période, pratiques culturelles développées dans les mouvements sociaux (aussi bien traditionnels que dans les luttes identitaires ou culturelles), mais aussi dans les représentations artistiques (cinéma, littérature, peinture, chanson, etc.). » Pour cela, elle lance un appel à contributions. Textes en français, anglais ou espagnol ; envoi d'un résumé (2 000 à 3 000 signes au maximum) avant le 31 janvier 2013 ; sélection des propositions courant février 2013 ; texte final, entre 25 000 et 30 000 signes, pour juin 2013. Informations complémentaires. Contacts : Georges Ubbiali (g.ubbiali[at]free.fr) ; David Berry (D.G.Berry[at]lboro.ac.uk) ; David Hamelin (david.hamelin[at]aliceadsl.fr).

Affiches politiques aux Invalides. La Bibliothèque de documentation internationale contemporaine (BDIC) organise jusqu'au 24 février 2013 une exposition, « Colère, parole : affiche-action. Quand la politique s'écrit dans la rue », au Musée d'histoire contemporaine, Hôtel national des Invalide, cour d'honneur, Paris 7e (M° La Tour-Maubourg ou Varenne). Ouvert tous les jours (sauf fériés et 1er lundi de chaque mois), de 10 heures à 17 heures (prix d'entrée : 5 euros, tarifs réduit : 3 euros). « Avec plus de 150 documents, l'exposition dresse une généalogie de l'écrit urbain par le prisme des affiches texte, au cœur des révolutions qui ont façonné notre société » : de la Révolution française à aujourd'hui, en passant par la Commune de Paris, la Résistance, la Libération et Mai 68. Site de l'expo. N'oubliez pas que les affiches sont vivantes dans la rue et mortes au musée. Et si vous voulez voir des exemplaires plus spécifiquement libertaires, allez faire un tour sur le site Placard Ficedl. C'est permanent… et gratuit !

 

DIVERS

En vrac sur le Web (décembre). Une brochure de 40 pages, La Querelle des modernes et des modernes, vient d'être conçue comme « réponse aux critiques et développement de l'argumentaire de l'Appel des 451 sur les métiers du livre » (lire info). A télécharger pour lecture page par page ou pour impression sur le site. Et, ainsi que le précisent les initiateurs du texte : « Il s'agit d'un document de travail intermédiaire, en préparation des rencontres nationales des 12 et 13 janvier 2013 à la Parole errante, à Montreuil, sur les métiers du livre. Un programme détaillé de ces rencontres sera disponible dans les semaines à venir. » Déniché sur le Web des « archives sur la gauche radicale » [nouvelle adresse] où l'on peut trouver des exemplaires complets (et parfois des collections entières) de journaux anarchistes des années 1880-1890 : Le Droit anarchique, L'Hydre anarchiste, Le Défi, L'Emeute, Le Drapeau noir, La Lutte, L'Etendard, L'Alarme… Pour chacun, on en saura plus en consultant Bianco : 100 ans de presse anarchiste : présentation, responsables, collaborateurs, lieux de conservation, etc. Egalement des documents et ouvrages plus contemporains sur l'autonomie politique (Os Cangaceiros, par exemple), en différentes langues. Nous avions évoqué en septembre dernier le tournage du documentaire-fiction consacré à Alexandre Marius Jacob (1879-1954, lire biographie) et aux « travailleurs de la nuit » qui cambriolaient au début du XXe siècle les riches demeures car « le droit de vivre ne se mendie pas, il se prend ». Hors les lois et la servitude (51 min), réalisé par Michel Mathurin, rapporte les motivations, les exploits, le séjour au bagne et le suicide du cambrioleur anarchiste. Un site à l'esthétique plutôt réussi présente les coulisses du tournage et les comédiens, ainsi qu'une bande-annonce. Autre film, mais cette fois à propos du géographe anarchiste de Sainte-Foy-la-Grande. Réalisé par Nicolas Eprendre, Elisée Reclus, la passion du monde (53 min) raconte sa vie et ses idées. Il est composé d'interviews d'Hélène Sarrazin (biographe), Kenneth White (écrivain), Philippe Pelletier et Federico Ferretti (géographes), illustré de photographies de Nadar, de reproductions d'ouvrages et de paysages parcourus en son temps par le savant adepte de la marche. Des textes mêlant poésie et humour, pensée scientifique et politique sont lus par Carlo Brandt. Ce qui fait de ce film un agréable et instructif divertissement. Présentation, possibilité de commande (15 euros) et bande-annonce. L'actualité cinématographique est particulièrement riche en ce mois car un autre film capte l'attention. Article 23 (81 min), de Jean-Pierre Delépine (sortie prévue le 12 décembre), rappelle que « la déclaration universelle des droits de l'homme stipule que chaque être humain a droit à un travail dans des conditions équitables et satisfaisantes… ». Or on se suicide de plus en plus au travail : la compétition exacerbée tue, plus de solidarité entre individu mais la guerre, le stress… Le réalisateur dédie d'ailleurs son long-métrage à la mémoire des disparus de France Télécom, Renault, La Poste, Thales, Areva, EDF, GDF Suez, PSA, ONF, Pôle emploi, Klarius, Veolia, CA, LCL, SG, BNP, Natixis, BPCE… Bande-annonce - site du film. Les éditions Le Passager clandestin annoncent la création d'une nouvelle collection – Dyschroniques – dédiée à des nouvelles de science-fiction ou d'anticipation (de 48 à 144 p., de 4 à 8 euros) : « A travers ces textes essentiels, se révèle le regard d'auteurs d'horizons et d'époques différents, interrogeant la marche du monde, l'état des sociétés et l'avenir de l'homme. Lorsque les futurs d'hier rencontrent notre présent… » Parution, en janvier : Le Testament d'un enfant mort, de Philippe Curval ; La Tour des damnés, de Brian Aldis ; et, en février, Le Mercenaire, de Mack Reynolds, puis Un logique nommé Joe, de Murray Leinster. Si vous voulez suivre le développement et les activités du courant libertaire à Cuba, il faut vous référer à Polémica cubana qui essaie de relater le quotidien et la réalité de l'île en dehors de toutes œillères anti ou procastristes. L'actualité, la culture, l'histoire, la politique, les faits de société sont ainsi passés en revue. A signaler également, les archives du site depuis février 2010 et les nombreux liens, en particulier concernant les Amériques centrale et du Sud. Le dernier numéro (octobre 2012) des Cahiers de civilisation espagnole contemporaine comportait un important dossier sur l'anarchisme espagnol à l'occasion, avec un peu de retard, du centenaire de la création de la Confédération nationale du travail (1910). Plusieurs articles ont été rédigés en français (texte intégral en libre accès) : présentation du dossier ; « L'anarchiste et la philosophe », à propos de la correspondance de Simone Weil avec Antonio Atarés (1941-1951) ; « Les anarchistes espagnols dans les conspirations contre la dictature et la monarchie (1923-1930) » et un autre sur « les similitudes entre la démarche [d'] artistes contemporains et l'aspiration à un changement social voulu par le “modèle éducationiste-réalisateur” libertaire ». Les autres textes semblent tout aussi passionnant ; encore faut-il maîtriser la langue de Cervantès… Un article de Guillaume Davranche, historien et membre de l'équipe éditoriale d'Alternative libertaire, est consultable sur le site des Cahiers d'histoire : « Pelloutier, Pouget, Hamon, Lazare et le retour de l'anarchisme au socialisme (1893-1900) ». Il est intéressant à plus d'un titre et d'abord parce qu'il va quelque peu à l'encontre d'un schéma maintenant classique : « (…) à la période insurrectionnaliste (1878-1886) aurait succédé une période grève-généraliste (1886-1892), puis la parenthèse terroriste (1892-1894) aurait entraîné le basculement définitif dans la période syndicaliste (après 1894). » D'après lui, ce « basculement » n'a pas été aussi abrupt et aurait été préparé par les contacts d'une fraction du mouvement anarchiste avec une aile gauche antiparlementaire du courant socialiste en vue d'un rapprochement. Si la tentative échoua, elle constitua cependant un prélude au développement du syndicalisme révolutionnaire. Une vidéo pour finir, montrant la participation de la CNT à la manifestation contre le chômage et la précarité du 1er décembre à Paris. Les syndicats de la région parisienne avaient appelé à une prolongation de celle-ci en direction d'Altedia, acteur majeur du placement privé (sous-traitance de Pôle emploi), puis vers le cinéma Gaumont-Pathé à Opéra où des salariés luttent contre la dévalorisation de leurs métiers. Sur Caméra au poing, blog du secteur vidéo, on trouve nombre d'autres enregistrements (entre autres d'émissions de radio) sur divers sujets (ainsi que des conseils techniques pour les vidéastes militants).

 

Solidarité internationale. Le groupe éditeur du mensuel Sicilia libertaria souhaite acquérir un local (90 m2, deux étages) à Ragusa (Sicile, Italie) et lance un appel à la solidarité internationale pour réunir les 20 000 euros qui lui manquent. Celui-ci sera le siège du journal, du groupe et d'un centre d'archives du mouvement. Tout don (si minime soit-il) sera le bienvenu. Envoi par mandat international à : Giuseppe Gurrieri, c/o Sicilia libertaria, Via G. B. Odierna 212, 97100 Ragusa, Italie. Tél. : 00-39-932-651-612 (Pippo et Letizia) - courriel : info(at)sicilialibertaria

 

PÉRIODIQUES

Partant du constat que si la Russie appartenait au passé (révolution de 1917, retour à l'autocratie…), elle peut tout autant constituer l'avenir (pour les luttes actuelles qui y sont menées et comme laboratoire de nouvelles formes de domination), Offensive (n° 36, décembre, 52 p., 4 euros, site) entame un voyage « du rouge » (des espoirs communistes) « au noir » (de l'affliction mais aussi de la révolte). Hier : « révolution confisquée », totalitarisme, capitalisme d'Etat, impérialisme, révolutionnaires contre le « fascisme rouge »… De hier à aujourd'hui : racisme et fascisme, la Tchétchénie et le « prêt à tout » pour conserver le pouvoir, le retour du KGB, luttes environnementales, des féministes, des libertaires, le mouvement « anti-Poutine ». « Ce sont ces gens, et par-delà eux toutes les populations de Russie, qui ont besoin de notre soutien. Or soutenir, c'est d'abord comprendre : ce qui est arrivé à la Russie, ce qui s'y passe maintenant, et comment tout cela fait écho à notre propre expérience. » Autre voyage, mais en sexualité(s), entamé par Réfractions (n° 29, « Voies sexuelles. Voix désirantes », automne 2012, 192 p., 15 euros, site). « Tous les textes présentés dans ce numéro participent, malgré leurs divergences théoriques, d'un même geste : ouvrir des possibles. En aucun cas les débats où ces différentes perspectives se rencontrent ne sauraient aboutir à quelque point final que viendrait poser on ne sait quelle théorie “anarchiste” de la sexualité. » Après cette mise en garde, la revue évoque les réflexions et pratiques libertaires en ce domaine au début du XXe siècle, puis leur renouveau dans les années 1970. Alain Thévenet et Jacques Lesage de La Haye s'attaquent ensuite aux conceptions psychanalytiques de la sexualité. La « partie pratique » (« terrains de luttes et d'expérimentations ») n'est pas la moins intéressante : lesbianisme politique, travailleuses du sexe, postporno, discussion libre avec des membres de la mouvance queer montréalaise… Et, une sorte de conclusion sous forme de questions : « Et si, pour finir, les sexualités étaient un prisme à travers lequel les rapports entre spontanéité pratique et réflexion théorique, tels qu'ils pourraient être conçus par les anarchistes, se donnaient à voir ? Et s'il était aussi absurde de parler d'une conception anarchiste de la sexualité que d'une conception anarchiste de la société ou de la communauté, parce, qu'il n'y aurait, malgré un horizon révolutionnaire commun à construire, que des pratiques d'émancipation diverses à exprimer ? » N'autre école (n° 33, automne, 62 p., 4 euros, site) tente d'y répondre en consacrant l'essentiel de ses pages à un dossier « Chantiers de pédagogie sociale » qui présente un large panorama d'expériences et de témoignages se retrouvant « dans la volonté de joindre le pédagogique à la recherche de la fabrication d'une autre société ». Sans oublier les grands noms des prédécesseurs : Korczak, Freinet, Freire, Radlinska… Il s'agit ainsi de faire « le pari, avec d'autres, de solidariser les acteurs de l'éducation – qu'ils soient parents, enfants, professionnels, bénévoles engagés – autour de l'idée qu'ils peuvent devenir dès aujourd'hui, et rester demain, des protagonistes de l'émancipation collective par le partage réel et éclairé des pouvoirs de décision ». Dissidences (n° 12, novembre, 160 p., 20 euros, site) a pour thème de réflexion « Les syndicalismes dans l'horizon révolutionnaire » au XIXe-XXe siècles. « L'approche choisie entend embrasser le syndicalisme dans sa diversité et ne pas se limiter à la seule perspective nationale, privilégiant le comparatisme et la dimension internationale. » On pourra ainsi lire, dans la partie France-Belgique, des articles sur le syndicalisme révolutionnaire dans l'enseignement (entre 1920 et 1944) par rapport au Front populaire, sur « le syndicat des travailleurs du bois, bâtiment et ameublement de Bruxelles », « Roger et Yvonne Haguenauer dans la tourmente de la seconde guerre mondiale » et, pour la « focale italienne », un textes sur « les anarchistes au sein de la CGIL (1944-1956) ». Les Amériques sont également traitées avec « du syndicalisme et du communisme aux Etats-Unis (1919-1929) », la Centrale des travailleurs de Cuba et le péronisme syndical (1955-1973). Subversions (n° 1, septembre, 52 pages, 2,50 euros, subversions[at]riseup.net ou c/o Bibliothèque Libertad, 19, rue Burnouf, 75019 Paris), qui se veut « revue anarchiste de critique sociale » propose un mélange de théorie, d'agitation, d'analyse et de propositions. Au sommaire de ce premier numéro : la lutte des migrants clandestins à Paris, la répression et son petit monde, un dossier sur la démocratie, l'insurrection et ses contours, Blanqui ou l'insurrection d'Etat… Et, comme le précisent ses éditeurs, c'est « une petite contribution pour approfondir, en quelque sorte, les mauvaises passions d'une liberté démesurée pour toutes et tous ». Dans Anarchosyndicalisme ! (n° 132, décembre-janvier, 20 p., 2 euros, site, à télécharger [1,3 Mo]), un article sur Mitt Romney (candidat malheureux à la dernière élection présidentielle américaine) et les mormons : qui sont-ils, les bases de leurs croyances, l'histoire du « prophète » Joseph Smith, etc. Un autre sur les anarchosyndicalistes (sic) et le mariage gay qui rend compte du débat dans le mouvement libertaire : pour l'égalité, contre (en théorie) le mariage (lire « Le mariage est une mauvaise action » de Voltairine de Cleyre), équilibré et intéressant. Par ailleurs, la CNT-AIT réaffirme sa position abstentionniste à propos des récentes élections syndicales dans les très petites entreprises (TPE), alors que la CNT-F (dite des Vignoles) y a participé. L'occasion de développer quelques arguments un peu simplistes… Le trimestriel de la Coordination des groupes anarchistes, Infos et analyses libertaires (n° 93, novembre-janvier, 20 p., 1 euro, site, à télécharger [3,44 Mo]), pose en « une » la question « A qui profitent les prisons ? » (suite logique d'un précédent article paru dans le n° 91 : « à quoi sert la prison aujourd'hui ? »)… Le partenariat public-privé permet ainsi à des sociétés du BTP, de la restauration, à des fournisseurs de produits divers et de travail en concession d'améliorer leur chiffre d'affaires avec une « clientèle » particulièrement captive et des salariés que l'on peut librement surexploiter. Egalement, un « bilan des premiers mois de gouvernance socialiste », complété par deux textes plus spécifiquement axés sur les thèmes de l'austérité dans le domaine de la santé et de la « chasse » aux Roms.

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