Décembre 2010

PUBLICATIONS

Les éditions L'Echappée poursuivent leur « croisade » pour faire connaître le mouvement luddiste et le resituer dans l'histoire du socialisme. Après s'être intéressé au cas anglais avec La Révolte luddite. Briseurs de machines à l'ère de l'industrialisation (lire commentaires), de Kirkpatrick Sale, parue en 2006, elles s'axent sur la France en montrant la persistance d'une lutte contre la mécanisation du travail, synonyme de déplacement vers les villes (et bien souvent d'encasernement), de contrôle social renforcé et de perte du savoir-faire. Les Luddites en France. Résistances à l'industrialisation et à l'informatisation (coll. Frankenstein, 334 p., 22 euros) présentent ainsi un recueil de textes coordonné par Cédric Biagini et Guillaume Carnino sur différents épisodes de refus de l'industrialisation : émeute de 1744, à Lyon, contre les « innovations » de Vaucanson, les bris de machines textiles en 1789, le refus du machinisme au début du XIXe siècle, les résistances à la pénétration du chemin de fer et, plus près de nous, le sabotage des champs transgéniques et les actions contre l'informatisation de la société. Denses et documentés, ces écrits dressent un bilan bien sombre des apports de la technologie à l'humanité. D'après Michel Perraudeau, ce sont des sentiments bien similaires qui ont poussé à la rébellion les paysans et artisans vendéens contre la République en 1793 : refus des impôts et de la conscription – répandu bien avant la Révolution française –, de la mainmise des villes et de la bourgeoisie sur les campagnes, de la centralisation républicaine, défense de la ruralité et de la communauté villageoise… Dans Vendée 1793. Vendée plébéienne (Les Editions libertaires, 101 p., 10 euros), l'auteur montre comment la révolte populaire fut récupérée par la petite noblesse locale et l'Eglise, ainsi que les falsifications des deux bords (monarchistes et catholiques, d'un côté ; républicains et laïcs, de l'autre) pour écrire l'histoire selon leurs besoins. Il fut l'un des premiers à l'affirmer en 1980, avant Michel Ragon et Pierre Péan, et il serait souhaitable que des historiens poursuivent en dehors des chemins tout tracés l'étude de ce funeste épisode riche en massacres. Progrès encore (!) avec le développement de la vidéosurveillance dans les villes pour assurer – prétendument – la sécurité des citoyens et surtout mieux les contrôler. Depuis le début de l'année, la municipalité socialiste a doté Grenoble de caméras-dômes 360°. A cette occasion, Le Monde à l'envers publie Sous l'œil des caméras : contre la vidéosurveillance à Grenoble (collectif, 106 p., 5 euros) pour dénoncer cette nouvelle technologie et les atteintes aux libertés. Il y a plus de quatre cents ans, un jeune homme de 18 ans constatait déjà que l'« amour de la liberté n'est pas si naturel » et que le peuple est complice de sa propre servitude puisqu'il contribue, par son obéissance même, au maintien du tyran. La réédition de l'opuscule d'Etienne de la Boétie, De la servitude volontaire (préf. de Miguel Benasayag, Le Passager clandestin, 96 p., 7 euros), nous offre l'occasion de (re)lire ce classique de la littérature libertaire, ainsi qu'un entretien avec Cornelius Castoriadis intitulé « Un monde à venir », présenté en complément. Car il s'agit de refuser la servitude, comme nous le rappellent Les désobéissants, avec ce Désobéir dans l'entreprise (même édition, coll. Désobéir, 64 p., 5 euros), dernier avatar d'une série – désobéir à la pub, avec les sans-papiers, au nucléaire, par le rire, pour le logement, pour le service public – qu'on espère longue. « Des données pour comprendre, des arguments pour discuter, des conseils pratiques pour s'opposer », comme dit… la pub ! L'obéissance peut aussi prendre le masque du « moindre mal » dans « un monde de résignation et de calculs, un monde où on se laisse souvent tenter par le moins pire, plutôt que d'essayer de sortir du cadre imposé pour le détruire définitivement », constate Mutines Séditions dans un choix d'articles de la revue Diavolo in corpo (1999-2000), titré Le Diable au corps (Petite Collection italienne, 99 p., 6 euros). A propos du terrorisme, du nucléaire, de la justice, de la marchandisation, de l'utopie, des camps pour sans-papiers, ce sont de courts écrits passionnants et passionnés qui tentent d'échapper au prêt-à-penser, pour interroger, questionner, susciter la réflexion… Dans un autre style, qui lui est bien particulier, Emile Pouget (lire biographie) souhaitait pour l'année 1898, an 106 du calendrier révolutionnaire, la liberté : « Eh oui, les bons bougres, tout ce que le vieux gniaff vous souhaite se condense en ce mot unique et galbeux : la liberté. Un point et c'est tout. Et ça suffit, foutre ! La liberté c'est la tarte à la crême ; ça englobe tout et ça répond à tout. » C'est ce qu'on peut lire à la première page de l'Almanach du Père Peinard, 1898, réédité en fac-similé (64 p., 8 euros) par Le Coquelicot. Parmi quelques chansons bien senties, des articles sur le « sabottage » et « L'Inquisition moderne en Espagne », vous y découvrirez que « L'autorité tue l'amour » et un dessin légendé « Rien pour tous, tout pour un », résumant bien le hold-up social. Mais les puissants et l'Etat savent se défendre contre ceux qui remettent en question l'ordre établi – les riches volent les pauvres, et pas le contraire. Deux ouvrages de souvenirs l'illustrent. Dans Même à mon pire ennemi… Souvenirs d'une parenthèse : prison de Fresnes, 1980-1985 (L'Insomniaque, 128 p., 13 euros), Louis Beretti raconte comment il est devenu braqueur de banques, son arrestation pour une attaque qu'il n'a pas commise, le chantage de la police, la condamnation et l'enfermement carcéral, avec l'arrachement à ceux qu'il aime (sa compagne, ses filles), l'ennui, la solitude, le bruit des portes qui claquent, les hurlements des codétenus, les fouilles, la bouffe infecte, les vexations, les transferts à répétition, le temps qui ne passe pas… Même à son pire ennemi, jamais il ne souhaitera de connaître cette déchéance ! C'est la même chose pour Charlie Bauer qui relate dans Le Redresseur de clous. Une violence révolutionnaire (Le Cherche Midi, 334 p., 19 euros) sa jeunesse pauvre à Marseille, ses engagements politiques, sa première condamnation à la réclusion criminelle (pour des expropriations en relation avec le FLN pendant la guerre d'Algérie) et ses combats contre l'enfermement et les quartiers de haute sécurité (QHS), pour le droit d'exister et l'accès au savoir. Vingt-cinq ans d'incarcération ne l'ont pas abattu et il garde la rage et l'humanité chevillées au corps. Pour lui, la lutte continue… différemment ! L'animateur du site consacré à Han Ryner (lire biographie) s'est « démultiplié » pour nous présenter deux volumes papier et un livre électronique. Tout d'abord un numéro spécial du Grognard (n° 16, décembre, 92 p., 10 euros), « Comment te bats-tu ? », qui est une anthologie d'articles du philosophe parus entre autres dans Le Journal du Peuple (sommaire complet sur le site de la revue). Puis une réédition de L'Individualisme dans l'Antiquité (suivi des « Diverses sortes d'individualisme », préf. de C. Arnoult, Editions du Sandre, 150 p., 16 euros), dans lequel Han Ryner étudie les différents philosophes grecs (sophistes, cyrénaïques, Epicure, cyniques et stoïciens). Et, pour terminer, la possibilité de télécharger une version numérique (PDF 4 Mo) d'un roman paru en 1900 et jamais réédité à ce jour, Le Soupçon. Appartenant à la première période rynérienne, caractérisée par des études de mœurs réalistes, parfois presque naturalistes, c'est la relation clinique d'un cas de jalousie obsessionnelle. Bonne lecture !

 

RÉUNIONS-DÉBATS

Saint-Denis, décembre. Les cours de la Dionyversité ont lieu de 19 heures à 21 heures à la Bourse du travail, 9, rue Génin (métro ligne 13, station Porte-de-Paris). Cycle « Révolution dans la révolution cubaine », avec Daniel Pinos et Karel Negrete : le 2, « Histoire du mouvement libertaire à Cuba » ; le 9, « La révolution cubaine de 1959 à nos jours » ; le 16, « La révolution dans la révolution ». Cycle « La lutte des signes : le graphisme militant embellit nos villes » : le 7, « Publicité, propagande et graphisme militant… quelles différences ? », avec Cédric Rossi, Wally Rosel et Zvonimir Nowak ; le 14, « Espagne 1936-1939, les affiches des combattants de la liberté », avec Wally Rosel et Ramon Pino ; le 21, « La lutte des signes, un siècle d’autocollants politiques français », avec Zvonimir Nowak. Site Internet.

Montpellier, 2 décembre. Projection à 19 h 45 du film Sacco et Vanzetti (réalisé par Giuliano Montaldo, 1 h 53, 1971), suivie d'un débat animé par Ronald Creagh, au Diagonal-Capitole, 5, rue de Verdun. Organisée par le Centre Ascaso-Durruti. Site Internet.

Paris, 3 décembre. Dans le cadre de « Contre-plongée, les séances ciné du groupe Salvador-Segui », celui-ci vous invite à la projection d'Aurora de Esperanza (58 min), un film d'Antonio Sau réalisé en 1936. Une discussion s'ensuivra. A 20 heure, à la Librairie du Monde libertaire, 145, rue Amelot, Paris 11e (M° Oberkampf, République ou Filles-du-Calvaire).

Toulouse, 3 décembre. Le Chat noir reçoit Martha, membre du Front communal de défense de la terre (FPDT), à 20 heures, au 18, avenue de la Gloire, pour parler de la lutte des habitants de San Salvador Atenco contre la construction d'un aéroport sur les terres communales. Projection du film Tierras si, aviones no ! (40 min). En présence d'opposants à l'aéroport de ND des Landes (Nantes).

Lyon, 4 décembre. Débat à 15 h 30 : « Bakounine, Satan et la religion », avec Jean-Christophe Angaut. Librairie La Gryffe, 5, rue Sébastien-Gryphe, Lyon 7e. Ouverture du lundi au samedi inclus, de 14 heures à 19 heures. Téléphone/fax : 04-78-61-02-25.

Millau, 4 décembre. Soirée ciné libertaire organisée par No Pasaran  2, avec la projection de Quand la France s'embrase, de David Dufresne et Christophe Bouquet. A 20 h 30, à la librairie Plume(s), 16, rue Saint-Martin. Site Internet.

Paris, 4 décembre. Jimmy Gladiator présente à partir de 19 heures son dernier recueil de poèmes (1965-2010), Blasphème autobiographique (Raphaël De Surtis) au bar Le Maldoror, 10, rue du Grand-Prieuré, Paris 11e (M° Oberkampf). Lecture par Marie-Odile Gain d'Enquin de sa préface et par le bouffon Jéhan van Langhenhoven d'extraits gladiatoriens.

Paris, 4 décembre. A partir de 16 heures, journée de projections, discussions et repas festif (à 20 heures) autour de la venue de Martha du FPDT qui, après la libération des douze derniers prisonniers d'Atenco, viendra raconter l'histoire de cette lutte. Au 33, rue des Vignoles, Paris 20e (M° Buzenval ou Avron). Participation libre. Organisée par le Comité de solidarité avec les peuples du Chiapas en lutte et le groupe de travail Amériques du secrétariat international de la CNT.

Paris, 4 décembre. Jocelyne Fonlupt, auteure de Nous, les enfants de 1950. De la naissance à l'âge adulte (Editions Wartberg), présentera et dédicacera son livre entre 16 h 30 et 19 heures à la librairie Les Mille et Une Pages, 72, rue Marx-Dormoy, Paris 18e (M° Marx-Dormoy).

Saint-Jean-du-Gard, 4 décembre. A la bibliothèque-infokiosque, 152, Grand'Rue, à 18 heures : « La science-fiction, entre utopie et dystopie », avec Yves Frémion, auteur de Tongre, L'Hétéradelphe de Gane…

Saint-Denis, 5 décembre. De 15 heures à 17 heures, dimanche au musée avec la Dionyversité. Avec Laurent Bihl et à propos de « Croire au Père-Noël ? La société du lendemain au miroir du dessinateur Robida ». Rendez-vous au musée d'art et d'histoire de Saint-Denis, 22 bis, rue Gabriel-Péri (métro ligne 13, station Porte-de-Paris, ou RER D). Entrée libre. Site Internet.

Toulouse, 9 décembre. Le groupe Albert-Camus de la Coordination des groupes anarchistes (CGA) organise à 20 h 30 un débat autour du livre L'Anarchisme. Idées reçues (Le Cavalier bleu), de Philippe Pelletier, en présence de l'auteur… Athénée Albert-Camus, 36, rue de Cugnaux (M° Arènes ou Patte-d'Oie). Courriel : aac(at)anarchie.net

Besançon, 10 décembre. La librairie L'Autodidacte, 5, rue Marulaz, reçoit à 20 h 30 Charlie Bauer pour la présentation de son dernier ouvrage : Le Redresseur de clous. Une violence révolutionnaire (Le Cherche Midi).

Millau, 10 décembre. A l'initiative de Solidaires, écologistes et libertaires (SEL), conférence-débat à 20 h 30 avec Ronald Creagh, auteur d'Utopies américaines. Expériences libertaires du XIXe siècle à nos jours (Agone). Librairie Plume(s), 16, rue Saint-Martin. Entrée libre. Plus d'infos.

Montpellier, 10 décembre. A 20 heures, projection du film La Cécilia (réalisé par Jean-Louis Comolli, 1 h 45, 1975) sur la vie d'une communauté anarchiste au Brésil, au début du XXe siècle, suivie d'un débat animé par Isabelle Felici. Au Centre Ascaso-Durruti, 6, rue Henri-René. Site Internet.

Paris, 10 décembre. A 19 heures, réunion publique organisée par le groupe Louise-Michel (Fédération anarchiste) : « S'exercer à ne pas prendre des vessies pour des lanternes », avec Normand Baillargeon, auteur d'un Petit Cours d'autodéfense intellectuelle (Lux) et de L'Ordre moins le pouvoir (Agone). Au local La Rue, 10, rue Robert-Planquette, Paris 18e (M° Blanche ou Abbesses). Entrée libre.

Perpignan, 10 décembre. Conférence-débat à 19 heures autour de l'ouvrage L'Anarchisme. Idées reçues, de Philippe Pelletier, en présence de l'auteur… Librairie Infos, 2, rue Théodore Guiter.

Troyes, 10 décembre. Conférence de l'UP3 : « Les affiches des combattant-e-s de la liberté : la propagande par l'affiche dans la guerre d'Espagne (1936-1939) ». Avec Ramón Pino et Wally Rosell. A 19 heures, à la Ligue de l'enseignement de l'Aube, 8, rue de la Mission (entrée libre). Courriel : up.troyes(at)orange.fr

Lyon, 11 décembre. A 15 heures, « Les Lumières s'assombrissent-elles ? Extrême droite, droite et gauche “laïque” unies face aux religions ? », débat avec Yves Coleman. La Gryffe, 5, rue Sébastien-Gryphe, Lyon 7e. Courriel : librairie@lagryffe.net - site Internet.

Montpellier, 11 décembre. Le groupe Un autre futur (CGA) organise, à 16 heures, un débat à propos du livre de Philippe Pelletier, L'Anarchisme. Idées reçues (Le Cavalier bleu), en présence de l'auteur, à la librairie La Mauvaise Réputation, 20, rue Terral (quartier Sainte-Anne).

Saint-Jean-du-Gard, 13 décembre. Discussion, à 18 heures, avec François Cerutti autour de son livre D'Alger à Mai 68, mes années de révolution (Spartacus), à la bibliothèque-infokiosque, 152, Grand'Rue.

Marseille, 18 décembre. A propos de la réédition de Walden (Le Mot et le reste), de Henry D. Thoreau, causerie animée par Michel Granger et Yves Jolivet. A 17 heures, au local du Centre international de recherche sur l'anarchisme (CIRA), 3, rue Saint-Dominique, Marseille 1er (angle place des Capucines). Courriel : cira.marseille(at)free.fr - Site Internet.

Paris, 18 décembre. Rencontre (reportée du 11 déc. à ce jour) avec Xavier Renou, à propos d'action directe non violente, du collectif des désobéissants et de la collection Désobéir aux éditions Le Passager clandestin. A 16 h 30, à la Librairie du Monde libertaire, 145, rue Amelot, Paris 11e (M° Oberkampf, République ou Filles-du-Calvaire). Courriel : librairie-publico(at)wanadoo.fr - Site Internet.

 

FOIRE AUX LIVRES, RENCONTRE,
EXPOSITION, THÉÂTRE…

« Inflammable ». La compagnie Jolie Môme a monté une pièce écrite par Thierry Gatinet, un auteur de polars. Un huis clos, dans une usine occupée. Une petite ville… Une petite usine… Une désormais banale annonce de fermeture, de délocalisation… L'activité n'est plus rentable ou, plutôt, les actionnaires ne font plus assez de profit avec ce placement… Licenciements, reclassements, se profilent… puis le chômage, l'oubli… Dans cette actualité tristement récurrente, une fermeture d'usine passe presque inaperçue. Alors, les ouvriers d'Olfatrix décident de faire parler d'eux, de tenter le tout pour le tout, d'aller jusqu'au bout… Du 19 novembre au 19 décembre, les jeudis, vendredis, samedis à 20 h 30 ; les dimanche à 16 heures. Tarifs : 18 et 10 euros. Restauration légère sur place. A La Belle Etoile (Saint-Denis, 93), 14, rue Saint-Just, quartier de La Plaine-Saint-Denis (M° Porte-de-la-Chapelle). Réservations conseillées au 01-49-98-39-20. Site Internet.

Colloque Proudhon. La Société P.-J. Proudhon organise son colloque international annuel le samedi 11 décembre, à Paris, sur le thème « Proudhon, juriste ou moraliste ? ». De 9 h 30 à 12 h 30 et de 14 heures à 17 heures, interventions de Georges Navet, Michel Herland, Anne-Sophie Chambost, Jorge Cagiao, Edouard Jourdain, Alexis Dabin, Samuel Hayat, Fawzia Tobgui. Entrée libre et gratuite. Possibilité de repas sur place. Foyer international d'accueil de Paris (FIAP) Jean-Monnet, 30, rue Cabanis, Paris 14e (M° Glacière). Programme détaillé sur le site RA-Forum.

Rencontres sur la liberté d'expression. Radio-Libertaire organise le 11 décembre une journée sur ce thème, de 13 heures à 23 heures, au CIP, 14/16, quai de la Charente, 75019 Paris (M° Corentin-Cariou). En permanence, tables de presse au 1er étage. Emissions-débats en direct (2e étage) : à 13 h 30, « La liberté d'expression » ; à 15 h 30, « La critique des médias » ; à 17 h 30, « Les alternatives en actes ». A 15 heures, Théâtre de l'opprimé (rez-de-chaussée) ou expo-discussion avec des dessinateurs du Monde libertaire (1er étage). A 19 heures, repas. A 20 heures, projections (2e étage) ou concert avec Denis Van, Les voyageurs, Guarapita (rez-de-chaussée). Programme complet.

« Que faire ? Art, film, politique ». Le Peuple qui manque, en partenariat avec le département film du Centre Pompidou, propose des rencontres sur cette thématique, offrant un état des lieux des nouvelles stratégies critiques qui se font actuellement jour au sein de la création internationale et, en premier lieu, au sein de la production contemporaine des images en mouvement. La manifestation se tiendra les week-ends des 11-12 et 18-19 décembre au Centre Pompidou, et sera également constituée d'actions-satellites entre ces deux dates (Laboratoires d'Aubervilliers, Beaux-Arts de Paris, Palais de Tokyo, Espace Khiasma). Elle se prolongera de janvier à mai 2011 par plusieurs rendez-vous à la Maison Pop et au cinéma Le Méliès de Montreuil. Plus d'informations et programme complet (pdf, 3,8 Mo).

Festival de théâtre anarchiste. La 6e édition aura lieu en mai 2011 à Montréal et les organisateurs recherchent actuellement des pièces, textes ou monologues, d'une durée de 5 à 30 minutes, en français ou en anglais, portant sur le thème de l'anarchisme ou sur tout sujet se rapportant à celui-ci, c'est-à-dire contre toute forme de pouvoir – y compris l'Etat, le capitalisme, la guerre, l'aliénation, le travail salarié, etc. Ils prendront aussi en considération les écrits traitant de justice écologique, sociale et économique, de race, de classe et de genre dans une perspective anarchiste. Demande de participation à télécharger, par courriel (anarchistefestival(at)yahoo.ca) ou par la poste : Montreal International Anarchist Theatre Festival, C.P. 266, succ. C, Montréal, QC H2T 4K1, Canada. Date limite d'inscription : 20 janvier 2011.

« Théories libertaires, pratiques quotidiennes et ontologie ». Des universitaires de la région lyonnaise et le Centre de ressources sur les alternatives sociales (Cedrats) envisagent d'organiser un colloque sur ce thème. Communiqué : « Depuis plusieurs années, se sont multipliées, en France et à l'étranger, des recherches sur la pensée et les pratiques libertaires. Ce colloque vise à réunir les personnes impliquées dans ces recherches pour faire le point sur des travaux récents ou en cours de réalisation. A travers l'ouverture d'un espace de confrontation, notamment entre philosophie et sociologie, nous souhaiterions interroger plus particulièrement la manière dont les recherches empiriques et les réflexions théoriques actuelles mettent en œuvre les concepts d'émancipation et d'ontologie. Le choix du thème général de la “philosophie de l'anarchie” devrait permettre d'examiner la manière dont des modes de vie et de pensée que l'on peut qualifier de libertaires peuvent être porteurs de raisons et de volontés d'agir émancipatrices et révolutionnaires, orientées vers la contestation de la domination, ce qui justifie la référence au concept central d'anarchie et permet de relancer le questionnement autour de la “nouvelle ontologie” que Proudhon appelait de ses vœux au début des années 1850… Vous pouvez envoyer vos propositions de contribution avant le 15 janvier 2011 à :
Jean-Christophe Angaut
[Jean-Christophe.Angaut(at)ens-lyon.fr],
Daniel Colson [Daniel.Colson(at)univ-st-etienne.fr],
Mimmo Pucciarelli [Mimmo.Pucciarelli(at)laposte.net] »

 

DIVERS

Peter Watkins. A partir du 1er décembre, on pourra voir au Reflet Médicis, 3, rue Champollion, Paris 5e (M° Luxembourg, Cluny-La Sorbonne, Saint-Michel), une rétrospective de son œuvre. De Journal d'un soldat inconnu (1959) à L'Horloge universelle, la résistance de Peter Watkins (documentaire de Geoff Bowie, 2000), en passant par Punishment Park (1971), Le Libre Penseur (1994) ou La Commune (2000), ce sont douze films qui seront projetés pour rendre hommage à ce réalisateur qui n'a eu de cesse de critiquer la guerre et ses formes de violence, le totalitarisme, les violences policières et les injustices, tout en remettant en cause la forme même de la narration. « Peter Watkins est un phénomène. Un champignon rare dans une époque vénéneuse. Une comète récurrente dans le ciel pâle du cinéma contemporain. Un génie sans doute… A coup sûr un honnête homme. Et c'est le grand mérite de cet homme-là que d'avoir survécu à presque tout. Physiquement, intellectuellement et artistiquement. Des bombardements de la Luftwaffe aux assauts conjugués de la bêtise, du conformisme et de la censure (…) en quarante ans de carrière insolemment libre, il nous livre une poignée de films cultes, et une furieuse indépendance. » (Jean-Pierre Le Nestour). Le dossier de presse contient, entre autres, un texte du réalisateur sur « La crise des médias », une biographie, une filmographie et la présentation de chaque film. A télécharger (PDF, 1,3 Mo).

En vrac sur le Web (décembre). Faisant preuve de réactivité, Alternative libertaire et Classes en lutte (organe de la CNT-FTE) ont fourni à partir de mi-octobre des synthèses journalières sur l'état des mobilisations contre la casse des retraites. On peut les retrouver sur le site de l'organisation libertaire, ainsi qu'un dossier fourni (argumentaire, vidéos, affiches, tracts, autocollants, etc.). La Fédération des travailleuses/eurs de l'éducation CNT, quant à elle, livre un « Dossier spécial grèves 2010 », contenant la version quotidienne du bulletin de grève fédéral, le point sur les secteurs en reconduction et les appels par secteur, du matériel militant, des liens et ressources en ligne… Remue-ménage dans la sous-traitance, un film réalisé par Ivora Cusack et produit par le collectif 360° et même plus, relate la lutte de femmes de chambre employées par la société Arcade pour travailler dans les hôtels Accor. En mars 2002, elles se mettent en grève afin d'obtenir la baisse des cadences de travail et le paiement de toutes les heures travaillées. Après un an de conflit, elles sont victorieuses… Mais, en mai 2004, la déléguée syndicale qui avait joué un rôle prépondérant dans la grève est licenciée. La lutte reprend… Le DVD devrait sortir à la fin de l'année. A cette occasion, une « tournée » du film est envisagée à partir de janvier et ses initiateurs font appel à toutes les bonnes volontés pour organiser des projections-rencontres... Pour plus d'infos et voir des extraits en ligne. Dans le cadre de l'Année France-Russie, est organisée au Louvre une exposition « Sainte Russie » qui a très peu à voir avec la réalité actuelle de ce pays. Quelques iconoclastes ont manifesté le 14 novembre leur solidarité à Alexeï Gaskarov et Maxim Solopov, deux militants antifascistes emprisonnés pour leur seul engagement politique, en y ajoutant symboliquement une œuvre. Ce tableau, intitulé La Bataille de Khimki, représente une foule d'opposants massée devant la mairie du lieu, ceinte d'une autoroute qu'emprunte un bulldozer marqué du logo de Vinci et conduit par Vladimir Poutine. Un groupe de néonazis est posté à droite, pour rappeler les services rendus à l'entreprise chargée de l'abattage des arbres de la forêt et la complaisance du gouvernement russe à l'égard de l'extrême droite. Des journalistes, portant les marques des agressions que plusieurs d'entre eux ont subies, sont également présents… Cet art revendicatif n'a guère enthousiasmé la direction du musée et ses vigiles. La vidéo de l'action est visible sur le site Solidarité avec les antifascistes russes qui contient également nombre d'informations rarement traitées par les médias français. Dans la soirée du 24 novembre, quelques individus ont violemment agressé des panneaux publicitaires vidéo dans le métro et le RER parisiens. « A l'aide de marqueurs, de bombes de peinture aérosol et d'autocollants, ils ont méthodiquement apposé leurs messages sur les dispositifs incriminés pour alerter les usagers des dangers et nuisances que représentent ces écrans » – car ils osent même se dire en état de légitime défense ! Au total, 118 panneaux ont été touchés dans 16 stations. Tout cela parce que ces pauvres écrans publicitaires, munis de caméra intégrée, peuvent déterminer en temps réel le sexe ou l'âge du passant pour mieux cibler les publicités diffusées. Un dossier de presse complet, regroupant motivations et explications, est disponible sur le site Internet Ecran pub espion ACL. Souriez, vous êtes filmé… et ce n'est qu'un début ! L'Atelier de création libertaire, jusqu'au 31 décembre, fait des prix sur les titres de son catalogue (à l'exception des ouvrages parus en 2010) : 50 % de réduction et franco de port à partir de 20 euros d'achat (soit 40 euros avant la remise). Ou bien vingt titres au choix, là aussi franco de port (exclus toujours ceux publiés cette année), en échange d'un chèque de 100 euros. Ils appellent ça « Un pétard rouge et noir ! », en espérant qu'il ne soit pas mouillé !… La librairie Quilombo a, elle, sorti son catalogue 2011 (toujours aussi réussi, avec pour couverture un magnifique dessin en noir et blanc) : 80 pages (format 200 x 280), plus de mille références de pensée critique et de littérature engagée. On peut le télécharger (PDF, 3,9 Mo) ou commander la version papier en laissant ses coordonnées.

Athéisme en terre d'Islam. Le site Penser libre relate l'arrestation dans la ville cisjordanienne de Qalqilya d'un jeune blogueur de 26 ans qui se déclarait ouvertement athée sur Facebook (sa page en arabe). Son crime : la promotion de l'athéisme. Lire l'article complet. Quelques citations de Waleed Al-Husseini : « Avant de commencer, j'aimerais souligner qu'en vous présentant cet article, je ne voulais pas insinuer que le christianisme ou le judaïsme sont meilleurs que l'islam, il ne faut pas penser que je rejette uniquement l'islam parmi toutes les religions, car elles sont toutes pour moi des légendes qui se surpassent les unes les autres en termes de naïveté. (…) L'islam est une religion autoritaire qui ne reconnaît pas la liberté de choix des individus, chose qui se manifeste en toute clarté à travers les sentences barbares comme le fait de lapider quiconque commet l'adultère, pousser les homosexuels du haut d'une falaise et tuer les apostats rien que parce qu'ils affichent un point de vue différent. (…) Aussi les textes sacrés incitent-ils de manière flagrante à la guerre et aux conquêtes de nouveaux territoires pour répandre la religion de Mahomet, au lieu d'utiliser des moyens pacifiques pour faire parvenir le message grâce à la persuasion et à un schéma d'argumentation rationnel, chose dont l'islam, comme toute autre religion d'ailleurs, est quasiment dépourvu. Il s'agit là d'un outrage affreux aux valeurs humaines et d'une démence sans précédent.» Une page de soutien a été ouverte sur Facebook par de jeunes Arabes favorables à la liberté d'expression. Selon l'agence Ma'an News, le porte-parole de la sécurité palestinienne Adnan Damiri aurait déclaré au sujet d'Al-Husseini : « Il n'a pas été inculpé mais il reste en détention. » Qu'est-ce que cela aurait été si ça s'était passé à Gaza sous contrôle du Hamas et non en Cisjordanie avec l'Autorité palestinienne, issue de l'OLP, un mouvement qui se disait autrefois laïc ?…

 

PÉRIODIQUES

Avec « L'école en 2020 », N'autre école (n° 27, automne 2010, 48 p., 4 euros, site) livre la première partie d'un exercice de prospective qui est avant tout un constat des contre-réformes et de l'évolution de l'éducation, finalement assez proche de celle de la société : précarisation des statuts, culture managérial, hiérarchisation des rapports humains, dérive sécuritaire, tentatives de privatisation, élitisme… Des auteurs de fiction ont, par ailleurs, été invités à écrire sur le thème de « l'école dans dix ans ». Et on peut même feuilleter la revue. Le dernier Courant alternatif (n° 204, novembre, 32 p., 3 euros, site) n'était pas vendu en kiosques. Cet arrêt de la diffusion par les NMPP (devenues Presstalis) est dû à un constat qui risque de devenir d'ici peu celui de toute la presse militante. L'augmentation nécessaire du tirage, une distribution souvent erratique, l'évolution commerciale du diffuseur conduisent à ce que le coût soit supérieur aux ventes et le solde des comptes se retrouve débiteur. Le bilan est en revanche positif en ce qui concerne l'augmentation de la pagination et la progression des abonnements. Le mensuel anarchiste-communiste annonce également une nouvelle formule pour janvier 2011. Reste donc à vous abonner : 30 euros pour 10 numéros et 2 hors-séries annuels (tarif réduit : 18 euros, chèque à l'ordre de La Galère). Une seule adresse : OCL/Egregore, BP 1213, 51058 Reims Cedex. Alternative libertaire (n° 200, novembre, 20 p., 2 euros, site) n'arrête pas de souffler les bougies, fêtant ainsi avec une double page témoignage son 200e numéro (titrée de façon un peu présomptueuse « 200 claques au capital »), se souvenant des cent ans de la CNT espagnole (évocation du premier congrès par Miguel Chueca), s'apprêtant en 2011 à célébrer ses vingt ans d'existence et annonçant pour décembre un numéro spécial sur le centenaire de la révolution mexicaine (« 1910. L'anarchisme et la révolution mexicaine », seize pages supplémentaires, 3 euros). Ni patrie ni frontières (n° 31-33, 464 p., 12 euros [frais de port compris], site, yvescoleman(at)wanadoo.fr) a concocté un imposant recueil de textes sur le thème « Travailleurs contre bureaucrates (1876-1968) ». Conformément à son orientation, la revue présente des écrits produits par des militants de différentes tendances : anarchistes (Errico Malatesta, Pierre Besnard, Sébastien Faure, Georges Yvetot, Georges Bastien et E. Armand), trotskystes, ex-trotskystes « mais – hélas ! – léninistes », syndicalistes révolutionnaires (Pierre Monatte), héritiers des « gauches communistes » ou inclassables comme Socialisme ou barbarie… D'autres anthologies suivront qui tenteront de retracer, à travers la reproduction de brochures ou d'articles, les conflits qui ont marqué les travailleurs dans leur lutte contre l'Etat, le Capital… et les bureaucraties « ouvrières ».

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