Avril 2008

PUBLICATIONS

C'est en relatant le parcours de Rirette Maîtrejan dans le milieu anarchiste individualiste du Paris des années 1900 qu'Anne Steiner nous amène à la découverte des En-Dehors (L'Echappée, coll. Dans le feu de l'action, 254 p., 17 euros). Refusant les normes bourgeoises et le salariat, ils ont expérimenté de nouveaux rapports entre hommes et femmes, la vie en milieu libre, des modes de consommation et d'échanges différents. Cette exigence de « vivre en anarchistes » tout de suite, certains la paieront de leur liberté ou de leur vie. Le travail de l'auteure est remarquable, brossant bien le contexte de l'époque, étayant constamment ses propos par des références, tout en gardant un style alerte et prenant. Mathieu Houle-Courcelles, lui, est parti Sur les traces de l'anarchisme au Québec (1860-1960) (Lux Editeur, 280 p.). Des réfugiés de la Commune de Paris aux peintres et poètes issus de la mouvance automatiste, en passant par les militants anticléricaux de l'Université ouvrière et les révolutionnaires juifs du Yiddishland montréalais, il redonne vie à différentes figures et expériences de l'anarchisme canadien français. Mémoire toujours avec l'ouvrage de Michel Sahuc, Un regard noir (Editions du Monde libertaire, coll. Notre histoire, 170 p., 10 euros), mais cette fois il s'agit de l'action et du comportement des anarchistes français à la veille et au cours de la Seconde Guerre mondiale. Que faire lorsqu'on est coincé entre fascisme rouge et brun, capitalisme d'Etat et privé ? Beaucoup ont tenté de résister, individuellement surtout, quelques-uns collectivement, et d'autres, plus rares, se sont laissés attirer par les sirènes du consentement. L'anniversaire de Mai 68 approchant, les littérateurs et les phraseurs de tout poil sont de sortie mais, parmi le vomi éditorial, on peut distinguer des voix rebelles qui ne prêchent pas le renoncement (voir également les rendez-vous ci-dessous). Citons Mai 68 à l'usage des moins de vingt ans (Actes Sud, 200 p., 7,50 euros), de Gérard Guégan, recueil de graffitis, tracts et chansons qui ont rythmé un moment rare de libre expression où tout semblait possible : « Mort aux tièdes », « Enragez-vous », « Jouissez sans entraves »… Ou encore 68 (L'Echappée, 128 p., 10 euros), de Paco Ignacio Taïbo II, qui raconte son Mai à lui, à Mexico, où la fête se termina pas un massacre qui plongea nombre d'étudiants révoltés dans la clandestinité. Tout cela au pays de la « révolution institutionnalisée », comme le parti qui régna sans partage sur le Mexique pendant près de soixante ans. Signalons, pour clore le sujet, la publication par l'Infokiosk d'Avignon (Les Chemins non tracés, BP 259, 84011 Avignon Cedex 01) d'une brochure sur L'Internationale situationniste (1957-1972) (40 p., format A4, prix libre + frais de port). C'est le compte rendu de la quatrième et dernière partie d'un cycle de conférence sur l'ultra-gauche avec Roland Simon. Les Editions du temps perdu nous livre, pour leur part, les contributions au colloque organisé par la CNT-AIT de Pau et la Coordination libertaire étudiante à l'occasion de la commémoration du Congrès anarchiste d'Amsterdam (1907-2007, un siècle d'anarcho-syndicalisme, 229 p. + biographie des principaux protagonistes, 18 euros). Originalité, chaque contribution a également été éditée indépendamment pour la rendre plus accessible (Ariane Miéville, « Le syndicalisme en débat », 144 p., 9 euros ; Gaetano Manfredonia, « Le débat Monatte-Malatesta revisité », 22 p., 3 euros ; Hélène Finet, « Anarchie ou syndicalisme à la lumière de la réalité argentine (1901-1915) », 60 p., 6 euros). Par la richesse de ses débats sur l'organisation et le syndicalisme, ce congrès a marqué l'histoire de l'anarcho-syndicalisme et pose au syndicalisme des questions toujours actuelles. Autre démarche d'accessibilité, celle de Claude Guillon qui a mis en ligne son dernier ouvrage, Je chante le corps critique, avant une éventuelle publication sous forme de livre. Il y étudie le corps soumis au travail, exploité par le capitalisme, celui de la femme « dont la mécanique biologique dérègle le procès de production », l'érotisme et l'usage (contrôlé) du corps féminin, qui peut devenir arme de combat… avant d'être englouti par la « biotechnologie ». L'actualité éditorial est particulièrement riche en ce qui concerne Octave Mirbeau, avec tout d'abord un copieux n° 15 des Cahiers (384 p., 23 euros) que l'on peut commander par correspondance (Pierre Michel, Société Octave Mirbeau, 10 bis, rue André-Gautier, 49000 Angers). Il s'attache par des études, des documents, des témoignages et une solide bibliographie à mieux faire connaître l'œuvre de celui qui a si bien su dépeindre l'hypocrisie et les travers de la bourgeoisie. Citons également la publication, sous la direction de Laure Himy et de Gérard Poulouin, des actes du colloque de Cerisy : Octave Mirbeau. Passions et anathèmes (Presses universitaires de Caen, 250 p., 25 euros) et, de Samuel Lair, un Octave Mirbeau l'iconoclaste (L'Harmattan, 336 p., 33 euros). Moins coûteux, l'Octave Mirbeau (Les Acharnistes, coll. La petite encyclopédie à l'usage des indigents, 34 p., 3,50 euros) de Pierre Michel permet au plus grand nombre de faire connaissance avec cet auteur. On nous a, par ailleurs, signalé – hélas sans plus de précision – la sortie aux Editions Isolato (42 bis, rue des Maraîchers, 75020 Paris) d'un Elisée Reclus. Six études en géographie sensible (17 euros), par Joël Cornuault. Bonne lecture.

 

RÉUNIONS-DÉBATS

Saint-Denis, avril. Les cours de la Dionyversité – l'université populaire de Saint-Denis – ont lieu à partir de 19 heures à la Bourse du travail, 9, rue Génin (métro ligne 13, station Porte-de-Paris). Ce mois-ci : « Les prisons », avec Jacques Lesage de la Haye. Le 1er avril, « Histoire et description de la prison depuis 1789 » ; le 8 avril, « Les luttes anticarcérales de 1971 » ; le 15 avril, « La frustration affective et sexuelle du détenu » ; le 22 avril, « 1981 Abolition de la peine de mort », à quand l'abolition de la prison ? Informations complémentaires sur le site Internet.

Merlieux (Aisne), 1er avril. Le groupe Kropotkine de la FA reçoit Aïssa Lacheb-Boukachache autour de Plaidoyer pour les justes (écrit en prison), Le Roman du souterrain, L'Eclatement et Mon cahier d'Henry Crotter. A la Bibliothèque sociale, 8, rue de Fouquerolles. Renseignements : 03 23 80 17 09.

Marseille, 5 avril. Le Centre international de recherche sur l'anarchisme (CIRA) vous invite à assister, à 17 heures, à une conférence-débat animée par le Centre de recherche sur l'alternative sociale (CRAS) à propos de l'ouvrage qu'il a récemment publié : Mouvement ibérique de libération : mémoires de rebelles. Adresse postale du CRAS : BP 51026, 31010 Toulouse Cedex 6. Courriel. Au local du CIRA, 3, rue Saint-Dominique, Marseille 1er (angle place des Capucines). Courriel - Site Internet.

Paris, 5 avril. Forum-débat à propos de « Traverses vives », un projet d'éducation libertaire et transculturelle présenté par Lionel Cayet ; présentation du CD-Rom Vivre l'autre. Pour une pédagogie de l'hospitalité et projection d'un diaporama : Ils étaient étrangers... Cela se passe à la librairie du Monde libertaire, 145, rue Amelot, 75011 Paris (M° Oberkampf ou Filles-du-Calvaire). Site Internet.

Paris, 12 avril. Forum-débat à la librairie du Monde libertaire sur « Littérature et politique », autour du numéro de la revue Brèves consacré aux « retourneurs d'idée », sur les écrivains anarchistes, avec Jacques Vallet et Caroline Granier. A partir de 16 h 30, au 145, rue Amelot, Paris 11e (M° Oberkampf, République ou Filles-du-Calvaire). Site Internet.

Paris, 16 avril. La librairie Quilombo organise à 19 h 45 un débat avec Anne Steiner, auteure de l'ouvrage Les En-dehors. Anarchistes individualistes et illégalistes à la « Belle époque » (L'Echappée). Cela se passera au CICP, 21 ter, rue Voltaire, Paris 11e. Courriel - Site Internet.

Toulouse, 18 avril. Projection de MIL : histoire d'une famille avec histoire, documentaire (2006, 52 min.) de Martina Loher Rodriguez, à 20 h 30, à la librairie associative Le Chat noir, 18, avenue de la Gloire, 31500 Toulouse. A travers le vécu de la famille Sole Sugranyes, le film retrace l'existence d'une cellule révolutionnaire catalane à la fin de la dictature franquiste. Programme du mois.

Marseille, 19 avril. « Anarthèmes » continue, à 17 heures, avec pour thème : « La question de la révolution sociale ou de la révolution politique » (2e partie). Ce cycle de discussions est animé par plusieurs membres du Centre international de recherche sur l'anarchisme (CIRA), 3, rue Saint-Dominique, 13001 Marseille. Courriel - Site Internet.

Paris, 19 avril. La bibliothèque La Rue, 10, rue Robert-Planquette, Paris 18e (M° Abbesses ou Blanche) reçoit à 15 h 30 Thierry Périssé pour parler de ses livres (La Caravane des oubliés, Noir Horizon) et de la maison d'édition Chant d'orties avec laquelle il souhaite promouvoir l'édition sociale sous toutes ses formes. Tél. : 01 42 23 32 18.

Marseille, 25 et 26 avril. Au Théâtre Toursky, à 21 heures, Richard Martin sera l'interprète unique d'un texte de l'écrivain libertaire marseillais Henri-Frédéric Blanc, La Révolte des fous. Il s'agit de l'histoire d'un directeur d'hôpital psychiatrique en proie à ses patients et à ses démons. Adresse : Théâtre Toursky, 16, promenade Léo-Ferré,13003 Marseille (tél. : 04 91 02 58 35, réservations : 0820 300 033).

Saint-Nazaire, 25 et 26 avril. Front libertaire organise une série de débats sur le travail à la librairie La Voix au chapitre, 67, rue Jean-Jaurès (près des Halles). Vendredi, à partir de 20 h 30, « La représentation ouvrière de nos jours », avec J.-P. Levaray, ouvrier syndicaliste et écrivain. Visionnage du film tiré de son ouvrage, Putain d'usine. Samedi, de 14 h 30 à 16 heures, des chômeurs, des travailleurs et des retraités s'exprimeront sur le chômage et le travail, le statut et la place des chômeurs et des travailleurs, aujourd'hui, dans la société française. A partir de 16 h 30, table ronde à propos du travail à partir d'expériences personnelles et collectives. Tél. : 02 40 01 95 70 - Fax : 02 51 76 39 32 - Courriel.

Saint-Etienne, du 26 au 30 avril. « Le Chat noir fait son cinéma en toute liberté… » au cinéma(s) Le France, 8, rue La Valse. Projection de La Commune ; Les Lundis au soleil ; The Weather Underground ; La Cécilia ; La Raison du plus faible ; BOF, anatomie d'un livreur ; Vive la Sociale. Les quatre derniers films pourront être visionnés dans la nuit du mercredi, de 21 heures jusqu'à 5 h 30 (ouverture des portes à 20 heures). Pass quatre films : 12 euros. Pour un film : tarifs habituels du cinéma (7,50, 5 ou 4 euros). Infos complémentaires. Site Internet des syndicats CNT de la Loire.

Perpignan, du 26 avril au 13 mai. Le groupe Puig-Antich de la Coordination des groupes anarchistes (CGA) organise, avec la participation de la CNT 66 et du bar associatif La Réal, une quinzaine autour de Mai 68. Projections de films et de documentaires, débats, expositions d'affiches, de tracts et de photographies sont au programme. On peut télécharger un dépliant sur le site de la CNT 66 ou de la CGA. Librairie Infos, 2, rue Théodore-Guiter (près de la place des Poilus) - Courriel CGA. Courriel CNT 66.

 

THÉÂTRE, SALONS DU LIVRE, COLLOQUES…

« Guantanamour ». Jusqu'au 27 avril (du mercredi au samedi, à 21 h 30, et le dimanche à 17 h 30), au Vingtième Théâtre, 7, rue des Plâtrières, Paris 20e, texte et mise en scène de Gérard Gelas, avec Damien Rémy et Guillaume Lanson. Guantanamo, sur l'île de Cuba. Un lieu secret, sans droit, hors droit, une zone interdite. Deux hommes dans une cage. Deux victimes ? Deux coupables ? Non, deux humains instrumentalisés. Un jeune homme présumé d'Al-Qaida et un GI que tout oppose. Petit à petit, couche par couche, l'auteur va leur faire quitter les oripeaux de la guerre, les idées reçues, les haines installées… Places de 12 à 22 euros. Renseignements : 01 43 66 01 13.

« Sacco et Vanzetti ». Les 5, 12, 19 et 26 mai, à 20 h 30, Les Inactualistes ont décidé de remettre au goût du jour l'histoire des deux militants anarchistes italiens exécutés le 23 août 1923 aux Etats-Unis, après un simulacre de procès. Pièce écrite et mise en scène par Loïc Joyez. Au théâtre Dejazet, 41, bd du Temple, Paris 3e (M° République). Location : 01 48 87 52 55, FNAC et points de vente habituels (tarifs : 30, 25 et 20 euros ; étudiants : 15 euros ; abonnés : 12 euros). Site Internet des Inactualistes.

Festival de théâtre anarchiste, 13 et 14 mai. Au D.B. Clarke Theatre, université Concordia, 1455, de Maisonneuve Ouest, Montréal. Mardi, à 19 h 30 : Bread & Puppet Theatre, The Divine Reality Comedy Circus (Etats-Unis) ; Norman Nawrocki, Cazzarola ! Anarchy, Mussolini, Genoa, Roma, Italy today (Québec) ; Nicolas Mourer, Je viens de la solitude, une soirée avec Armand Robin (France). Mercredi, à 19 h 30 : Bread & Puppet Theatre, Photographs of My Corpse: A Puppet Service for Guantanamo (Etats-Unis) ; La Balancelle (Nicolas Mourer, Monique Surel-Tupin, Jacques Surel), Cabaret anarchiste à la Belle Epoque (France) ; Le Comité de la fin du monde, Le Début de la fin : la première odyssée spatio-temporelle anarcho-chaotique (Québec). Courriel - Site Internet.

Salon du livre de Montréal. Le 17 mai, de 10 heures à 18 heures, aura lieu au CEDA, 2515 rue Delisle (à deux pas du métro Lionel-Groulx), le 9e Salon du livre anarchiste de Montréal. Précédé par le mois du Festival de l'anarchie, suivi par une journée entière de débats et d'ateliers sur l'anarchisme (18 mai), c'est le plus important événement anarchiste en Amérique du Nord. Programme d'activités et service de garde gratuit pour les enfants. Nombreux stands, des « ateliers d'introduction » (« Vivre l'anarchie dans l'ici et le maintenant » et « ABC de l'anarchisme »), des expositions artistiques, des projections de films et de documentaires sont prévus. Informations complémentaires. On peut voir des photos du salon du livre de 2006, pour avoir une idée de l'ambiance qui y régnait.

« Autour de Mai 68 ». L'Organisation communiste libertaire (OCL) et Offensive libertaire et sociale (OLS), en collaboration avec la librairie Quilombo, vous invite à assister à deux journées sur Mai 68 au CICP, 21 ter, rue Voltaire, Paris 11e, les 17 et 18 mai. Programme du samedi : 11 à 14 heures, « Avant mai, les prémices » (lycéens et étudiants, luttes paysannes et ouvrières) ; 15 h 30 à 19 heures, « Mai-juin 68 » (Saclay et la question de l'autogestion, le mouvement du 22 mars, les comités de base…) ; 20 h 30 à 22 h 30, projection-débat. Programme du dimanche : 10 heures à 13 h 15, « Les traces dans l'après-mai » (mouvement étudiant 68-86, l'insubordination ouvrière…) ; 14 h 30 à 18 heures, « 68 réinterprété, récupéré ». Table de presse, buvette, coin repas… A cette occasion, les revues Courant alternatif et Offensive publieront un numéro commun sur Mai 68 (parution le 22 avril). Courriels OCL - OLS.

Salon du livre libertaire. Les 31 mai et 1er juin, la librairie du Monde libertaire et Radio-Libertaire organisent à l'Espace d'animation des Blancs-Manteaux, 48, rue Vieille-du-Temple, Paris 4e (M° Hôtel-de-Ville), un salon du livre libertaire (entrée à prix libre). Participation d'une centaine d'éditeurs et de nombreux auteurs. Expositions, débats, espace de libres lectures à voix haute, bar et restauration légère sont prévus pendant ces deux jours (samedi, de 10 à 20 heures ; dimanche, de 10 à 16 heures). Contact : SLL, 145, rue Amelot, 75011 Paris. Courriel - Site Internet.

 

DIVERS

Le Codhos et Mai 68. Le Collectif des centres de documentation en histoire ouvrière et sociale (Codhos) a décidé de recenser systématiquement les publications et manifestations de toutes sortes qui marqueront l'anniversaire de cet événement. Le site Internet est divisé en plusieurs rubriques qui, tout au long de l'année, seront régulièrement mises à jour. Un agenda recense et présente les conférences, débats, colloques, séminaires, rendez-vous culturels… Un annuaire offre des liens vers les publications en ligne. Notons également une rubrique médias, qui signale les articles de presse et les émissions de télévision ou de radio, et une bibliographie (ouvrages et articles scientifiques consacrés aux années 68). Enfin, une chronologie rappelle le déroulé des mois de mai et juin 68, et servira de base à une première exposition virtuelle de photographies et de documents d'époque. On peut aussi s'inscrire à la lettre d'information et signaler les manifestations organisées à ce sujet.

Catalogue du CLL. Le Club du livre libertaire regroupe vingt-six éditeurs libertaires et veut s'opposer « au rouleau compresseur de l'Edition-de-Part-de-Marché pour imposer des ouvrages génétiquement modifiés à coups de matraquage publicitaire et médiatique ». La « résistance par la bibliodiversité » s'organise avec la publication d'un nouveau catalogue regroupant quelque 360 livres neufs. L'adhésion au club (15 euros par an) permet de recevoir, en plus du catalogue, des mises à jour régulières par courrier électronique et de bénéficier d'une réduction de 30 % (+ 10% de participation aux frais de port). Sans obligation d'achat, ni envoi d'office. Il compte aussi ouvrir prochainement un site Internet qui présentera les ouvrages (couvertures, tables des matières, extraits…).

DVD sur Mai 68. Les ateliers de l'Université populaire et autogérée de Béthune (UPAB) - CNT ont compilé sur un DVD divers documents (textes, affiches, sites, musiques, vidéos et films)… pour un total de 4,3 gigaoctets de bonheur et de luttes ! C'est une vision de Mai 68 étendue aux yippies (Woodstock, diggers et compagnie) et au situationnisme, en passant par l'anarchisme et le marxisme. Il est disponible à prix libre (pour information, coût de revient approximatif de 2,5 euros) auprès des unions locales CNT de Béthune (les vendredis, de 13 h 30 à 19 heures, à la Maison des syndicats de Béthune, 558, rue de Lille) et de Lille (les mardis, de 18 à 19 heures, à la Maison des syndicats CNT de Lille, 1, rue Broca). On peut aussi le commander par courriel auprès de l'UPAB-CNT. Site Internet des syndicats CNT du Nord-Pas-de-Calais.

 

REVUES

« Offensive ». Dans ce n° 17 (mars), un dossier très intéressant pose la question de l'existence d'« Un commerce sans capitalisme ». Et, tout d'abord, « Un commerce équitable est-il possible ? » car… « Le café équitable est bien soluble dans le capitalisme ». Puis analyse documentée de la grande distribution et de sa façon de gérer l'exploitation des employés… et des fournisseurs. L'expérience de Floréal, une petite coopérative bio, illustre « Les chemins sinueux de l'alternative ». Un texte revient sur l'expérience des cartoneros argentins, qui sont passés de la récupération individuelle à la mise en place de leur propre réseau de production. D'autres analysent la pratique des diggers avec les « magasins gratuits » et le concept de don, ou relatent des tentatives de commercer différemment au XIXe siècle. Diponible par correspondance (3,5 euros l'exemplaire, à l'ordre de Spipasso), à OLS, c/o Mille Bâbords, 61, rue Consolat, 13001 Marseille. Courriel - Site Internet.

« A contretemps ». Le trentième numéro de ce « bulletin de critique bibliographique » est consacré à Armand Robin (1912-1961) [lire biographie], poète, traducteur, libertaire, à l'écoute du monde par radios interposés. A la suite d'un voyage en URSS, durant l'été 1933, il perdit ses illusions sur la « patrie du communisme » et sa dénonciation du mensonge dominant à l'Est comme à l'Ouest lui attirera quelques inimitiés… Celle d'Aragon, en premier, qui le « couchera » sur la « liste noire » des écrivains en octobre 1944. Il en tirera gloire et demandera à figurer sur toutes les listes de ce genre. Le bulletin revient également sur son œuvre qu'il négligea bien souvent pour faire connaître des poètes russes et hongrois dont il traduisait les textes. Une biographie, des repères bibliographiques et quelques lettres et articles savoureux (certains pour Le Libertaire) clôturent cette étude. Correspondance : Fernand Gomez, 55, rue des Prairies, 75020 Paris. Courriel - Site Internet (les n° 1 à 26 sont disponibles).

« Ni patrie ni frontières ». Il est d'usage, dans les milieux marxistes ou anarchistes, de critiquer globalement « la » démocratie (« bourgeoise » ou « parlementaire ») et de l'opposer en bloc à « la » justice (« sociale » ou « prolétarienne »). Ce numéro explore quelques facettes de « la » démocratie et des idéaux de « justice sociale » qu'on lui oppose. Il tente de débroussailler ces questions en s'appuyant sur des analyses écrites par des militants de différentes tendances et qui portent sur des pays spécifiques : Argentine, Corée du Sud, Népal, Birmanie, Venezuela, Etats-Unis, Cuba, Iran et Irak. Ces textes ne se contentent pas de décrire ou d'évoquer des réalités contrastées, ils défendent aussi des positions politiques précises et nous livrent des réflexions plus générales et théoriques, parfois divergentes. N° 23-24, « Justice sociale ou démocratie occidentale », 300 pages : 10 euros. Pour tout contact ou abonnement, écrire à : Yves Coleman, 10, rue Jean-Dolent, 75014 Paris. Courriel.

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